CHAPITRE LXXI
jinabaptistes. IJHéthodistes.
VJE qui caractérise la secte anabaptiste^ c'est le baptême par immersion de tout le corps ^ et conféré seulemenit aux adultes* A Londres • ils ont un baptistère convenable y dans leur princi* 'pale maison d'assemblée ; mais dans l^çs provinces y ils bapti&eùt dans les rivières ^ et la cérémonie se fait de bonne heure ^ pour éviter le con-^ cours des curieux des autres seictes. Le ministre^ ^près avoir adressé un discoiu*s à ceux <|u'il doit baptiser^ entre avec eux dans la rivière^ jusqu'à ce que Teau arrive à leur poitrine ; il les prend alors par le collet de l'habit, derrière le cou, et leur plonge la tête dans l'eau , en prononçant les paroles suivantes : « Je te baptise, frère ou (sœur): » N, . . . . , au nom de Dieu le Père, le Fils et » le Saint-Esprit ».
Les anabaptistes sont en très-petit nombre à Londres , et il en existe à peine dans le reste de l'Angleterre.
Les méthodistes , dont les églises ou chapelles se nomment Tabernacles ^ soni presque tous ar-
"^ê^ Angleterre ^ d^ Ecosse t
-tisâns\>u gens du peuple ; let y ers le miliea du di-trhuiûème i a pour principe de se livrer ï |
.prière , de méditer , de lire les i de visiter et instruire les pris( i
Jades , cette stricte observauce glise> leur fit donner le nom Leurs principaux apôtres sonl George Withfîeld, qui, sans j chaîent avec leur éloquence s:
tionnée à toutes les classes d'at i
*rent répandre leur doctrine i monde. De retour en Angle teri i
. ves contre le clergé , leur firent
. des églises , genre de punition serait pas borné en plusieurs a TEurope. Ils prirent le parti de champs, dans les places public
rues. Us firent un grand nombr<
C'est sous Withfîeld que &'est mi les méthodistes, la stichomai la coutume de consulter la Bib vai;i hasard, et en fixant les yem verset qui se présente à la vue, d'avance le succès d'une entre] aimait beaucoup à consulter ] dans des disputes sur des poin ihéologîques, fl avait recours a
364 Londres^ la cour et les pros^înces
comme à un moyen d'arbitrage , tfuand les par-*tîs ne pouvaient s'accorder , et il ne permettait pas qu'on appelât d'une pareille décision»
Wesley avait beaucoup dé savoir et de fafens;^ mais on voit dans ses nombreux ouvrages qu'il "croyait aux songes , aux visions , aux révélations , aux cures miraculeuses , à la sorcellerie. Dans une des vies quW a publiées de ce personnage , on trouve une lettre de déclaration d'amour ^ adressée à une jolie femme de vingPtrois ans. Après lui avoir dit les choses les plus flatteuses^ le galant patriarche termine sa lettre par ces mots : (c C'est aujourd'hui mon jour de M naissance ; il amène naturellement des ré- » flexions sur la brièveté de la vie. J'ai quatre" » vingts un ans, et, grâce à Dieu, je jouis de » la même vigueur que j'avais à viogl-un ans» » Je n'ai aucune infirmité physique ni morale. » Je ne crois point impossible que j'aille à ceat j» ans. Le reste de ma vie sera consacré à aimer » Elisa ».
Les méthodistes sont des observateurs trèsrîgour*>ux du dimanche. Plusieurs prédicateurs conseillent de manger le dîner froid ce jour-lk , afin de ne pas empêcher les domestiques d'aller au sermon , ce qui compromettrait leur salut. Un méthodiste, qui vendait des tripes, avait écrit en grosses lettres , devant sa boutique :
d'Jngleterre , d'Ecosse et d'Irlande. 365
« Tripes à vendre tous les jouift de la semaine; 7è maïs le dimanche y à Dieu ne plaise >». Un autre avait une enseigne sur laquelle, ou lisait: VV.Ici Ton vend des têtes de mouton bouillies, » on en trouvera tous les soirs, s'il plait à Dieu )è •
Rien de plus édirïant que le maintien des mé- ^pdistes ^ clans leurs temples ou tabernacles , y ainsi que leur attention au prêche* Cette attention est soutenue et réchauffée par de fréquens soupirs qui partent à chaque instant de toutes les parties du tabernacle , et qui semblent se répondre Comme par écho. , .
Le docteur Withfield eut l'adresse de recevoir, des aumônes si abondaiites de ses sectateurs, qu'il laissa après sa mort 5o,ooo liv. sterL en argent comptant. .....
Un joiir qu'il avait rassemblé dans la campa^
gne un grand nombre de paysans , et que , monté
sur im tertre, il débitait son sermdn:, un tam-t
bour qui faisait des recrues, trouvant une oè-^
casion si £avoi*able pour ^en faire une abondante i
se mit à battre la eaiisse d'une façon si bruyante
que personne ne pouvait entendre l'apôtre, qui,
^'adressant alors au tambour , ini. dit : « Ami ,
TOUS et moi servons àenx grands maîtres ; vous
appelez des serviteurs pour le- roi: George , et
moi pour Jésus -Cbumst. De grâce., ne nous
nuisons pas l'im à l'autre : le inonde est assez
36S Londres , ia cour et les prâ^inces
grand pour nou^eux , et vous pourrez faire ailleurs d'assez belles recrues saus nuire ici aux miennesT » •
Voici un nouveau Irait de Téloquence de Withfield, La comtesse d'Huntingdon,. devenue zélée prosélyte de la nouvelle secte ^ faillit se ruiner pour lui bâtir des chapelles. 11 était juste que Withfîeld , qui se trouvait si bien de sa générosité ^ lui donnât de temps en temps quelques louanges pour prix de ses guinées. Un jour qu*ellé avait été fort libérale, elle vint assister à un sermon dans lequel le saint docteur trouva moyen de placer un singulier compliment pour cette dame. cçlVous sommes#tous dkmnés, s'écria le prédicateur.... Tous, ai-je dit? je m'abuse; il est une personne dans cet auditoire qui ne saurait l'être^ quelque chose qu'elle fasses Ecoutes , mes confrères en péchés, vous ne saves; peut-être p9S à q^oi s'occcupe maintenant Saint Luc? Voii6>ne le «devineriez jamais, il faut doue vous le dire : il fait ac(ueUei|néift le, portrait de l'excellente lady. Huntingsâon pour être placé duns le plus bel apparteuK^t du bon Dieu n.
Un autre prédicateur de cèttfe^ secte , homme fort laid et- fort petit , débitait un dé ses sermons en pleiii champ : dans la chaleur du discours , il eut la. modestie d'annoncer à son auditoire , que lui garçon charpentier et prédîca--
^Jngttterrej (T^cosse et d'Irlande. 367
leur y était la lumière de l'Evangile. « Goddam ! Véeria ua matelot qui se trouvait là par hasard, dépêchoos-DOus de placer ce petit bout de lur. mière sur }e binet, saus quoi nous serons bientôt dans les ténèbres ». *
Plusieurs, personnes s'étaient assemblées ua soir dans une maison^ près de Kilmore y en Irlande y pou/* entendre un prédicateur méthodiste* Un soldat et un trompette qui passaiept par-*là , se rendant à Belfast ^ très-fatigués de leur route» aperçurent de la lumière, et s'avancèrent vers, .cette maison dans Tintention d'y demander Tho^"pitalité. Mais comme Tauditoire était occupé à chanter des pseaumes, les deux voyageurs ne purent pas y être admis , et furent obligés de s'étendre sur de la paille, dans une grange contiguê à la maison , et qui n'en était séparée que ' par un mur très-bas , en sorte qu'ils entendaient tout ce qui se disait à côté d'eux* Le prédicateur prit son texte du huitième chapitite de l'Apocalypse, au sixième verset, où il est parlé de sept anges qui sonnent de la frompette , et de la grêle mêlée de sang qui s^ensuivit. Lorsque le prédicant parvint au milieu de son discours , que d'une voix tonnante il parla de la mort, de l'enfer , du son terrible de la dernière trompette ; ^u moment que l'imagination de ses auditeurs ^tait le plus frappée ^ tout k coup le trompette
sonna une charge. A ce son éclatant et inattendu, chacun se crut au jour du jugement der« BÎer ; le prédicateur lui-mêine , saisi d'une terreur panique, tomba de la chaire, le visage conw tre terre ; hommes , femmes et enfans se préci>«' pltèrent les uns sur les autres , tant la peur les avait saisis , et se hâtèrent de prendre la filile , sans S'embarrasser de la perte de leurs dhapeaux,^ de leurs perruques^ etc. Le trompette et le soldat, profitant du trouble et de la confusion, se retirèrent sans être aperçus, laissant ces bonnes gens dans la persuasion qu'ils touchaient à leurs derniers momens.
•Mta^Bvaa»
'i yr.
d Angleterre , ê.' Ecosse et d'Irlande. 36q