CHAPITRE LXXUt
Crédulité..
JL/ans toutes les sectes , dans tous les état», eik Angleterre, on est également crédute; on y ajoute foi aux contes des sorciers, des reyenans^, des loups^garous. Les préjugés les plus absurdes: régnent surtout parmi les personnes «pi n'ont pas; reçu une éducation suffisante pour lea déraciner.. Il semble qu^elles vivent encore dans ces tempSi d'ignorance et de barbarie , que les lumières dola philosophie n'avaient pas encore éclairés*
Ce n'est pas d'aujourd'hui que Tesprit de crédulité semble avoir fondé son empire dans les lies britanniques. L'an i582, un astrologue fit crier dans la ville de Londres^ que la veille de l'Ascension personne ne sortit de sa maison , sans avoir dit cinq fois le Pater noster , et sans avoir déjeuné, à cause d'un brouillard pestilentiel qui arriverait ce jour-là , parce que ceux qui ne le feraient pas mourraient infailliblement. Plusieurs ajoutèrent foi à cet avertissement , et firent ce qu'il avait prescrit ; mais comme on reconnut qu'il avait trompé le peuple , on le mit sur un çb^eval, k reculons ^^ t^naAt la queue en guise de
d'Jnglèterfey ^Ecosse et d'Irlande!. 37K
l)ride> avec deux marmites au cou ^ et on le pro«« raeoa ainsi par toute la ville.
Séval y profond mathématicien anglais , fit uu gros livre pour prouver Tinsuffisance de la magie, et démontrer la puérilité des sortilèges ^ ainsi que le mépris que le public devait avoir pour les sorciers. Jacques I, aussi peu sorcier que grand roi , écrivit contre Séval un traité de la Monologie , où il prétendait prouver la puissance de la magie noire, et le pouvoir surnaturel des sorciers.
Sous le règne de ce monarque théologien, le nommé Lily fut accusé d'user de sortilège , devant un juge peu éclairé qui le condamna aU feu. Lily n'était rien moins que sorcier; son crime consistait à abuser de l'ignorance et de la super^ tition de ses concitoyens. Il osa s'adresser au souverain , et lui faire présenter un placet écrit en :grec. L'étude des sciences et des langues était alors fort négligée , en Angleterre , comme dans toute l'Europe. Un semblai)le placet parut uu phénomène au monarque. « Non, dit-il, cet i) homme ne sera point exécuté, je le jure, fùt- M il encore plus sorcier qu'on ne l'accuse de » l'être. Ce que je vois , c'est qu'il est plus sorcier » que tous les prélats de mon royaume ».
Le long parlement de Cromwel voyait des sorciers dans tous ses adversaires. U forma une
376 Londres , la cour et les proyinces
commission qui parcourut les provinces pour Jes
Surger de ces favoris du diable. Les procureurs e cette commission, et les épreuves qui' en faisaient partie y réunissaient tout ce que les moines iuquisîteurs avaient pu imaginer de plus ridicule et de plus cruel pour la découverte et l'extirpatiop'des prétendus sorciers.
Un de ces commissaires les plus acliamés, lAOmmé Hopkins, fut puni comme il le méritait. Dans une province où il ne se trouvait pas en force , il fut arrêté ; accusé lui-même de sortilège , on lui fît subir Tépreuve de l'eau , en le plongeant dans un lac^ pieds et poings liés : il surnagea. Convaincu d'être sorcier par cette épreuve qu'il employait souvent^ on le condamna à être pendu ^ et il fut exécuté.
Un comité dû parlement de Crom^vel y tenait ses assemblées à Woodstroock, Tun des châteaux du roi. Une de ces assemblées fut troublée par l'apparition du diable : le bruit s'en répandit^ et personne n'en douta.
Withers , écrivain parlementaire de ce tempslà y consigna dans, un mauvais poème un fait de la même importance. Un soldat royaliste, dît-il, buvant à la santé du diable , fut sur-le-champ emporté à travers un carreau de vitre , par Fes^ prit immonde qu'il invoquait.
JPji^letene r d*Èéossf et ^Irlande. 377
Thomas Browu., qui a réfuté taut d^erreurs vulgaires (i), a pjris beaucoup dç peine pour détruire Topimon qu'un sorcier peut faire le voyage des Indes orieutales dans une coque d'œufs ^ pu un voyage de deux à trois cents milles^ à cheval sur un manche à balai «
Au centre de Londres même la superstition eut long-temps un monument qu'elle ne perdit point de vue ^ et qui intéressait tous les ordres de / l'Etat. C'étaient trois perches^ à la sommité desquelles furent fichées les têtes de trois des principaux seigneurs qui, en \ 746, ayant suivi le parti du prétendant, furent pris les armes à la main, et exécutés comme criminels de haute trahison. Ces trois perches , de quinze à vingt pieds de haut, étaient plantées, à distances égales , sur ' Temple har^ porte qui sépare la cité du reste de la ville. La plupart des Anglais étaient persuadés . que la chute de chacune de ces trois têtes , devait être le présage de quelque révolution dans l'Etat. Ce préjugé populaire reprit une nouvelle force, lorsqu'à la' mort du dernier roi , en 1760 , la tête du milieu se détacha de la perche qui la soute* liait.
(i) Dans son livre intitulé : Mssai sur les erreurs popu-^^ la ires , ou Examen de plusieurs opinions reçues comme çràies, qui sont fausses ou douteuses. Ce savant mourut en iSSo* L'abbé Souchai a traduit en français, Y Essai sur les erreurs populaires, '% vol. iu-12 , 17 /^a*
37S Londres'f la cour et les provinces
' Il est des personnes hors du commun , qu?
n oseraient s'élever au-dessus des préjugés vulgaires. M, L *** , homme de bonne société, et doué de beaucoup d'esprit ^ étant couché^ et parfaitement éveillé y s'imagina voir au pied de soa lit^ une jeune femme ^ enveloppée d'un linceuil'^ qui liii annonça qu'il mourrait dans trois jours. 11 raconta cette vision à ses amis y et n en fit quef rire : cependant il mourut subitement au bout de trois jours y en sortant de table y sans doute parce que son imagination avait été trop vive-^ ment affectée du rêve qui lui parut une réalité^
Le parlement a aboli la loi contre les sorciers. Le nommé Anderson et sa femme parvinrent à faire croire à toute l'Angleterre qu'ils étaient devins y et qu'ils savaient composer des talismans. Ils furent arrêtes j on instruisit leur procès ; on les punit comme fourbes , mais non comme sorciers , les lois anglaises n'en admettant plus aujourd'hui l'existence.
n y a quelques années qu'on distribuait en profusion, dans les rues de Londres, un imprimé ainsi conçu. « Mistriss Williams , connue à Bath D et a Bristol , et généralement de toutes les da- » mes qui fréquentent les lieux où l'on prend » des bains, a l'honneur d'informer les pcrson- » nés de son sexe, qu'elle continue de donner, D comme a rprâînaire, des consultations astroTo-
ff-Ânglet&rr^^ d^ Ecosse et ^Irlanâe. 379
« gicjues. Leur infaillibilité a été reconnue pen-» j» dant une longue sui^e d'années y et a prouvé y> que Mistriss Williams est supérieure à toutes » l'es personnes qui prétendent être versées dans n l'art de deviner^ Ses succès^ dans ce genre ^ lui ]i) ont tnéirité uâiv^^sellement tous les sufi&*ages« j» Elle donne ses audiences ( aux dames seules > ment ) depuis dix heures du matin jusqu'à huit X) de l'après midi^ dans sa maison ^ au magasin jï de fleurs artificielles j^ Store^Street y Bedford- » Square.
A Londres > les ouvriers^ sont persuadés que ceux d'^ntr'eux qui mangent leur part d'i^ue oie le jour de la Saint«-Mîchel y s'assurent pour toute l'année le salaire de leur travail..
Trois femmes de^ la campagne,, soupçonnées^^ d*avoîr commerce avec les enfers , furent citées devant le magistrat , et accusées , l'une de re-* tenir chez elle nombre d'esprits aériens; la chambre où elle faisait ses éonjuralions , était iouvent remplie de fumée qui répandait une odeur infecte : avec certaines herbes enchantées^ elle attirait chez elle beaucoup de gens, qui, en sortant , semHables à des pourceaux , se pion-* geaient dans: la fange , et répandaient aux envi-^ rons une puanteur itisupportable. L'autre dissé^ quail des cadavres encore sanglans pour servir ^
ses mdiéfîces. Ia troisième faissôt de petites, fit*
98o Londres 9 ta cour et Içs provinces
gares de pâle; et ceux qui avaient le malhear d'en manger ^ ne tardaient pas d'en ressentir d^ funestes effets. Le pasteur du lieu ^ cpû connais-* sait ces trois femmes y prit leur défense ; mais il fut accusé lui-même d'impiété auprès de sou évéque. Enfin ^ quand on eut examiné les accur sations y et instruit le procès y on découvrit des choses bien simples et nullement criminelles* La première de ces femmes y en qualité de mar*-*chaude de bière y de tabac et d'eau de vie y rassemblait chez elle beaucoup d*ivrognes. La se« coude étant la femme d'un boucher y aidait son mari \ découper la viande. La troisième faisait du pain d'épice y sur lequel elle formait de peti* tes figures. C'est ainsi que l'ignorance et la méchanceté dénaturent tout ^ et parviennent à présenter comme des crimes^ les actions les plus innocentes. '
Les habitans d'un village amenèrent devant le lord Mansfield y une femme qu'ils accusaient de magie ; ce magistrat leur demanda pourquoi ils la croyaient sorcière : c'est ^ lui répondirent'-ils > parce qu'elle marche sur la tète. Mylord ouvrit devant eux^ le code des statuts d'Angleterre , et^ après en avoir parcouru la table : « Messieurs y leur dit-il , celte femme a comme vous , l'honneur d'être anglaise ; et je ne vois aucune clause dans les lois de la Grande-Bretagne y qui dé-
JPJfêgkterre , d'Ecosse et d'/rlanSe. 38 i
Fende de marcher sur la tête; elle est libre de faire tout ce qui n'est point prohibé par les sta-^ tuts de son pays y et vous avez tous le droit de rimiter »• Cette réponse satisfit les mécontens^ qui y loin d'en vouloir encore à cette femme y lui servirent d'escorte pour la reconduire che:^ elle.
On entendit , il y a quelques aimées ^ un ar-« -^re qui gémissait dans une forêt d'Angleterre. Ile propriétaire du terrain où se trouvait cet ar-^ bre enchanté^ tira beaucoup d'argent des bons habitans de la campagne , qui accouraient pour voir et entendre une chose aussi merveilleuse. . A la fin, quelqu'un proposa de couper l'arbre; mais le propriétaire s'y opposa ^ nôil par aucune vue d'intérêt , disait-il , lïiais dans la 'craiûte que celui qui oserait y mettre la coignée , n'en mou:r&t subitement. U se présenta cependant un bomme qiu n'avait pas peur de la mort subite , et qui abattit l'arbre extraordinaire à coups de hache. Alors on découvrit uii tuyau souterrain , formant une communication à plusieurs toises , et par le moyen duquel on produisait les gémissemeûs qu'on avait eiiténdûs. >
L'aventure que nous allons racoiiter a longtemps passé pour véritable dans toute l'Angleterre.. C'est le héros , jeune homiûe habitant Im
38d ILondresy là cour et tef pro^ntes %
province y qui en rend compte à un de ses amis de Londres.
•r Je me rendis au château de sir *** , écrit- ^ il^ pour prendre part à la joie que lui causait
le mariage de sa fille aînée. Comme j'arrivai un des derniers invités ^ je trouvai tous les apporte^ mens occupés. Sir *** m'en témoigna le regret le plus vif 9 en m'assurant qu'il se déplacerait lui-même pour me céder son lit. Après un moment^de réflexion y il me dit tout à coup : Jfe • pense à une cbose ; vous qui êtes un enfant de .Mars y vous n'avez sans doute pas peur des re-* venans; je vous avoue qu'ils m'épouvantent beau-* coup. J^avais d'abord son^jé à vous céder ma chambre ^ et k coucher dans une qui reste vide parce qu'elle est exposée aux visites des esprits • Si vous voulez en courir les risques ^ je serai plus tt^nquille sur votre compte que sur le mien. Je fis un grand éclat de rire^ et je répondis que je ne demandais pas mieux que de voir des reve^ nans. £n conséquence^ après le souper^ deux dcH mestiques^ tremblans de tous leurs membres^ m'établissent dans qetle chambre^ et je me mets tranquillement au lit. J'étais déjà assoupi, lor»*qu'un peu de bruit attira mes regards du côté de la porte ; je vis entrer une grande figure toute blanche , qui s'approcha lentement du feu. Après Vêtre chauffé quelques instans ^ le fantôme s'ar
'd'Angleterre^ d'Ecosse et d'Irlande. 383
vança vers mon lit, et s'y coucha à côté de moi. Je lui laissai le plus de place possible , un peu Iroublé d'une pareille visite. Une main trèsfroide s'avança pour me toucher ; je sentis à Tua ^e ses doigts un annes^u y je ne pus résister à la tentation de m'en emparer ; il était lâche et sortit sans le moindre eflfort. Vers les quatre heures du matin, le revenant jugea à propos de me quil^ter , fit deux tours dans la chambre , et se retira tout-à-fait. Quant à moi , je restai dans un état difficile à exprimer; mille idées m'agitèrent, et il me fut impossible de m'endormîr. A l'heure du déjeuner, toute la compagnie étant rassem-blée, on me demanda si j'avais eu quelque apparition. Je répondis qu'en effet , je n'avais point passé une nuit tranquille; mais qu'avant de m'explîquer davantage , je priais les dames présentes de vouloir bien me dire si aucune d'elles n'avait perdu un anneau? Miss, ***, sœur cadette de la nouvelle mariée , s'écria vivement : J'ai perdu mon anneau, et je ne sais comment cela s'est fait. Alors me levant et lui prenant la main : Voila , lui dis-je , le joli petit esprit qui m'a visité cette nuit. Je racontai la chose en détail. Tout le monde éclata de rire , excepté la charmante somnambule , dont l'embarras nous faisait pitié. Sir *** demanda un moment de si*
leoce, et se plaçant entre sa jeune fille et moi ,
^84 Londres, -la côùret les provilnces
il prit nos mains dans les siennes, et me paria de la sorte : Mon ami , puisque ma Lucie a eu.^ la nuit dernière , rindiscrë^ion de troubler votns sommeil y je vous permets dlnterrompre lé sieti la nuit prochaine. Les noces furent célébrées le même jour y et je suis le plus heureux dte hommes n.
Pym vivait satisfait et sans ambitioà, près de Londres, et dépensait chaque année ^oo livres sterling de revenu ^ que son père lui avait laissées en mourant* 11 s'endortnit un jour dans son jardin , et son bonheur cessa pour jamais. 11 rêva qu'un homme d'un extérieur vénérable s'ap* procha de lui ^ et lui parla en ces termes : « Pym, votre intégrité, votre hospitalité et vos autres vertus, vous donnent d^roit de prétendre à une récompense du ciel. De ce jour en un an , à la même heure , vous recevrez de mes mains 3o,ooo Kv. sterl. ». Ce songe iSt une profonde impres^ sipn sur Pym. En se réveillant il marque sur ses tablettes la date exacte , et jusqu'à la minute à laquelle ce bonheur vient de lui être annoncé. 1 II ne doute point qu'un* ange ïie soît descendu
du ciel pour lui faire cette promesse ; il roule déjà dans sa tête un nouveau plan de conduite , et mille idées de grandeur et de magnificence. Sa maison lui parait trop petite pour sa fortune future. U mande des Ouvriers ; on la jette à bas ,
d\ Angleterre y d* Ecosse et d\Irlande. 385
pour la rebâtir dans un nouveau goût, Lç potager est conTèrti en une grande cour, les petits appartemens deviennent de vastes salles ; les vieux meubles , solides et commodes , sont changés contre les ëlégans colifichets du jour. Au lieu de tapisseries, la boiserie. For, la peinture et la sculpture, ornent les nombreux appartemens de ce palais. Les jardins sont métamorphoses en parterres , et la basse -cour en une grotte rustique.
On connaissait le bien de Pym , et \q\x s'étonna comment il était devenu tout à coup assez^ riche pour élever un d somptueux bâtiment, qui devait au moins lui avoir coûté 10,000 liv. sterl. Chacun raisonnait diversement à ce sujet : Tua assurait qu'il avait trouvé un trésor; un autre qu'il avait épousé secrètement une dame fort ri* che ; et plusieurs, qu'il avait fait un pacte avec le iiable. Personne ne pouvait deviner la vérité. Tout ce qu'on savait sûrement, c'est quePyns avait engagé l'héritage de se$ pères , pour ache»^ ter du marbre, des pierres, et payer en partie ses ouvriers ; mais on ignorait que , pour les sol^ der, il avait fixé le jour où, suivant son songe> il devait être riche. '
Enfin ce jour désiré arrive/ Une magnifique . collation était préparée pour les amis' et les pare ns de Pym ^ qu'il aif^it ^;i^près rassemblés ^ a. a5
386 Londres y la cour et les provinees '
afin de se donner le plaisir de payer devant euic tous ses ouvriers , qu'il avait fait avertir. L'heure venue ^ il prie la compagnie de lui permetti^ de sVbsenter un instant. Il se retire dans son ohbinet, et compte n'en sortir que charge de ri^-* chesses. L'heure sonne ^ il tressaille; elle s'écoule^ il frémit 9 et ne voit paraître ni ange, ni aucun messager céleste. Cependant notre rêveur ne se déconcerte point ; il s'imagine que , puisque la promesse lui a été faite pendant son sommeil^ c'est aussi pendant son sommeil qu'elle doit être effectuée. D'ailleurs ^ quelle apparence que des intelligences divines , qui chérissent la paix et la tranquillité , se rendent dans une mtaison rem-^ plie de tumulte y et qui retentit des cris joyeui^ de cinquante convives de bonne humeur? Pré^ Irenu de ces idées , il va rejiHndre la compagnie avec la contenance la plus assurée ; il remet ses créanciers au lendemain y bien persuadé que dans Je cours de la nuit il recevra la somme dont son imprudence l'a privé pendant le jo^r.
La journée se passa dans la joie et la bonne chère , et, les convives retirés , Pym fut se mettire au lit y et s'endormit profondément ; mais aucune image agréable ne vint caresser son imaginatiou durant lé sommeil. Vingt fdis il se ré- Veille, et regarde dans sa chambre; vingt foi^ ii «e désespère de ne nen apercevoir. Enfin /
ctJnglei&te , d'£c(we et d'Irlande. 38;;
k jour parait , et les tableaux y les peiotctres ;^ les glaces y les meubles de prix< qvà s'offrent à ees-yeax^ et qui ne soni point payés ^ lui rappellent sa crédulité y et comblent son infortuné. Les créanciers reviennent > et sont encore renvoyés. Us s'impatientent^ font des poursuites ^ et Tinfortuné Pym est jeté dans une prison ^ où bientôt il perdit Tesprit. Ce fut pendant xm de ses intervalles de raison , qu'il découvrit sa tristie aventure. »
Si tous ceux qui y dans Londres y tiennent la même conduite que Fym^ dit Tauteur anglais qui nous fournit ce nouveau trait de la crédulité et dé la folie humaine, tombaient ainsi en démen.ce , rb6piial de Moorfîelds et celui de Bedlam n'en contiendraient pa^ la millième partie^
V«rs Neos ^ dan» la partie orientale du comfé ue Cornouailles , on voit au milieu de la e^mpagn^e un cercle de pierres énormes plantées, en terre et très-»anciennement arrangées de mains d'homme^. Tout le peuple de ce canton croît pieusement que ces pierres sont autant d'homxaes ainsi métamorphosés sm miUea d'une partie de paume' ^ qu'ils s'étaient p^mis^ un joiir de dimanche» '
I2e vieux prëfugé con^ la mia^e e% ks soircîers suboste toujours. à$x^s plnsieùis. cantons d'Angleterre, iki. ij^o^ le pçilplâ iu çMaté JL©
Herfort brûla solennellemeat ^ et à petit feu ^ une vieille femme qu'il croyait sorcière.
En 17519 une autre infortunée de ce même comte 9 et son mari^ tous les deux septuagénaires, furent les yictimes de ce même préjugé. On eut sur eux de violens soupçons , et , pour s'assurer s'ils étaient bien fondés , on leur lia les pieds et les mains , les pouces en croix, et où les plongea dans la rivière,^, en se débattant, ils parurent se soutenir sur l'eau. C'en fut assez pour qu'on les crût sorciers. On demanda à grands cris qu'on leur fit subir la peine qu'ils méritaient. On n'en eut pas le temps, car ^la femme mourut en sortant de l'eau , et le mari ne bu survécut que quelques heures. La justice punit tous ceux qui avaient coopéré à cette immersion cruelle : l'un d'eux fut même pendu.
Quelques années auparavant, on avait encore *YU à Glen, dans le comté de Leicester, deux vieilles femmes se quereller , et se traiter mutuellement de sorcières. Accusées de l'être en ^ffet, pour prouver leur innocence, il leur fallut passer par l'épreuve de l'eau. Celle qi^ surnagea, et que l'on regarda comme sorcière , fut saisie et interrogée sur ses complices. Dans son trou-* ble,^Ue parla du village de Burton; l'on ne taianqua pas d'y courir , de se saisir d'une vieille que f on soupçonnait aussi, de. la lier et de la jeter
' â Angleterre^ d'Ecosse et d'Irlande. 389'
dans un grand fossé rempli d'eau y où elle faUlit perdre la vie.
Lé peuple anglais qui habite les provinces da Nord, est beaucoup plus crédule que les autres» A Rippon , vilje du duché d' Yorck ^ on fait remarquer dans l'église principale j comme une chose merveilleuse , un trou qu'on appelle VAi-^ gidlle de " Saint - Wilfrid. On prétend que ce ^ trou avait autrefois la vertu singulière de dé-, couvrir aux maris les infidélités de leurs fenimes ; celles qui étaient innocentes des soupçon»^ formés contre elles , passaient aisément par ce. trou y disait-on ; celles y au contraire ^ qui avaient violé la foi conjugale, se trouvaient prises au passage , sans qu'on put découvrir comment \ : une puissance invisible les retenait au milieu du trou jusqu'à ce qu'on vint les* en retirer.
IDans Le Devonshire on connaît le pouvoir d'une fée blanche qui demeure à Exeter : elle a des agens femelles à qui elle a communiqué une partie de sa piuissance , et qui tiennent d'elle ki faculté de découvrir les voleurs, et d'arrêter le sang lorsqu'on s'est fait quelque blessure.
Dans un canton dé cette province , peu éloigné de I^illington , l'on voit une ancienne église qui était autrefois celle d'un monastère ; elle est sans portes, sans fenêtres et sans clocher. On y distingue encore sur les murs de vîeiïles pemlures
Sgo Londres , la cour et ^âS jptQnnc»
a dëtni effacées par le temps et par-rhiunîdité:^ qui ne laissent pas ^e s'attirer une espèce de culte de tous les babitans du canton. Sa situation a fait nallre une autre superstition des plus singulières. Elle est sur un tertre assez élevé pour faire regarder comme uùe chose surprenante ^ quon j puisse ouYinr la terre à la profondeur d'un pied sans y trouver de Teau ; tandis que toute la plaine dont il est environné est sans rivière^ sans étang et sans ruisseaux* Des paysans superstitieux se persuadent aisément que c^est là un miracle perpétuel. Suivant une ancienne tradition y ils se rendent tous les ans dans le cours du mois de mai y à la porte de cette vieille église ^ où ils n'entrent qu'après avoir observé certaines cérémonies. Hs y font dévotement leurs prières, et sortant ensuite à reculons y âs vont faire trois ou quatre fois le tour de là ^inte masure; après quoi ils ouvrent la terre , et puisant de l'eau, ehacmn dans un trou particulier , qu'ils ont soin de reboucher fort proprement , ils retournent chez eux avec ce gage de la protection du ciel, dont ils croient la vertu infaillible pendant toute l'année , contre le tonnerre , les malé£kres ^ etc.
Les Ecossais ont couservé long-temps le gobelet de Saint-Magnus , premier évêque d'Edimbourg. Ce gobelet^ d^uue énorme grandeur, étajt
d-ji^$gkterre ^E^mettd* Irlande. 3g^
présenté à chaque évéque , lors de son mstal^* latioo i s^il le vidait tout d'un trait , c'était un présage certain de fertilité^ auquel tous les habiy tans du pays avaient la plus grande confiance*
Un oT)]et de superstition, plus propre que tout autre à faire connaître à quel point les Ecossais portent la crédulité , c'est la fameuse pierre /ataley qui servait lors du couronnement des rois d'Ecosse, et qui leur était venue d'Irlande. Elle fut apportée par d'anciens peuples nommés Danains , qui prétendaient que cet antique palladium avait servi de chevet au patriarche Jacob pendant sa vision. Les Danains passaient pour très -habiles dans l'art magique, et Ton ajoute que la pierre dont l'Ecosse leur fut redevable , faisait entendre un grand bruît pendant le coil^ ro^nnement des rois; mais que ravéneiuènt du l^Eessîe lui fit perdre cette faculté extraordinaire. Edouard I crut devoir s'emparer de cette pierre m îraculeuse* et la transporte^ en Angleterre. Selon les uns , elle est actuellement placée dans \e fauteuil qui sert au sacre des monarques britanniques; et selon d'autres on la conserve en sdn état naturel dans l'abbaye de Westminster. '
On connaît la fameuse muraille qui séparait autrefois l'Angleterre de l'Ecosse , et dont il sub- ;$îsle encore diverses parties , qjie le temps n'a pa^ xaêjxie altérées* La foj?ce dvit. dment et la dn-
reté des pierres ont persuadé aux babitans dei lieux voisins y qu'elle n'a pas été construite sans le secours de la magie 3 et les plus superstitieux ont grand soin d'en recueillir jusqu'aux moindres débris^ qu'ils mêlent dans les fondemens de leurs maisons pour leur communiquer la même Tertu. Un jardinier écossais, ouvrant la terre, dans un jardin qui a toujours été bien cultivé de^ puis plus de deux siècles , trouva une pierre d'une grosseur considérable sur laquelle on lisait en caractères anciens du pays , qu'elle était là pour la sûreté des murs du château et du jardin , et 'qu'elle y avait été apportée de la grande muraille dont elle avait fait autrefois partie; mais qu'il serait aussi dangereux de la remuer , qu'il y aurait d'avantage a la conserver toujours dans le même lieu. Le seigneur de la maison , moins crédule que ses ancêtres, résolut surJe-champ de la faire transporter dans un autre endroit , où son dessein était de la" tenir exposée à la vue comme un ancien monument. On entreprit de la faire sortir de terre à force de maqhines , et l'on en vînt à bout comme on aurait fait d'une pierre ordinaire. Elle demeura sur le bord du trou, pendant que la curiosité y fît descendre le jaiv dinîer , plusieurs domestiques , et les deux fils du gentilhomme , qui s'amusèrent, quelques mô* mens , à creuser encore le fond. Mais tout à coup la funeste pierre , qu'on avait négligé appareme
à^Angletern\ 'd^ Ecosse et d* Irlande. 893
tnent de placer dans un juste équilibre^ à' ébranle ^ retombe au fond du trou y et écrase tous ceux qui s'y trouvaient. ^
L'épouse de Taîné des deux frères , jeune et nouyellement mariée , apprit le malheur qui venait d'arriver. Elle courut au jardin avec le transport de la douleur d'une amante qui n'a plus rien à ménager, et elle y entra dans le temps que les ouvriers s'empressaient de lever la pierre , avec quelque espérance de trouver un reste de • vie aux malheureux qu'elle couvrait. Us l'avaîent levée à demi , et l'on s'aperçut en effet , à quelque mouvement, qu'ils respiraient encore; lorsque la jeune épouse , perdant tout soin d'ellem^me à cette vue, se jeta si rapidement sur le co rps de son mari , que les ouvriers effrayés de soxi action, lâchèrent les machines qui soutena^ient la pierre , et l'ensevelirent avec les autres. Tous les Qouveaux efforts qu'on fit pour les secourir furent inutiles.
Cet accident, qui est vrai jusque dans les moindres circonstances^ a confirmé plus que jamais la superstition des Ecossais, qui n'ont pas manqué de l'attribuer a la vengeance de quelque pouvoir établi pour la conservation du mur d'Ecosse, et de toutes les pierres qui en sont détachées. ♦
Les Iriaud^î^ ^^^^ ^^^^ w.ss\ crédules que les
^94 Londres j la cour et lespïïop&nces
peuples de l'Ecosse. Dans plusieurs cantons de lirlande, les femmes ne manquent pas^ lors* qu'on baptise leurs enfans^ d'empêcher le prê^ tre de leur mouiller le i>ras droU y de crainte que l'eau ne leur ôte le pouvoir de frapper d'assez grands coups sur les ennemis*
Dans une ile, située au milieu d'un petit lac^ était anciennement le fameux purgatoire de Saint- Patrice y pieux personnage qui vivait en 43i • Les moines y avaient bâti une cellule auprès d'une profonde caverne , et avaient fait accroire au peu* pie que celui qui avait le courage d'y entrer , se trouvait aussitôt en purgatoire ^ où il voyait et entendait des choses extraordinaires. Ils disaient que Saint-Patrice ^ préchant à des Irlandais obstinés et incrédules , obtint de Dieu par ses prières que la terre s'ouvrit en cet endroit jusqu'au purgatoire, aûn que ses auditeurs fussent convaincus par leurs propres yeux , de la vérité de sa prédication au sujet de l'immortalité de l'arae et des peines des mécbans après cette vie. L'imposture ne fut découverte que dans le XVII^ siècle , vers la fin du règne de Jacques I. Richard Boîle , comte de Cork , et Adam Lostus , chancelier d'Irlande , envoyèrent faire d'exactes perquisitions sur les lieux par des personnes de probité. Oh trouva que cette caverne, qu'on représentait comme le chemin du purgatoire, n'était
d*jéngletefre , d*£eès$e « é^Irtanàe^ SgS
lantre chos^ qu une petite Cellule , auprès d^ua souterrain , creusée dans le xot , où il n'entrait de jour que par la porte; <îétte grotte e'tait si basse ^ qu'à peine un homme de grande taillb^ s'y tenait debout ^ et si étroite qu elle ne con~ tenait que six on sept honmi!^ à la fois. Quand il venait quelqu'un dans l'Ile pour faire le voyage du purgatoire ^ un petit nombre de moines qui demeuraient proche de la caverne, le faisaient jeûner et veiller pendant plusieurs Jourset plusieurs nuits^ et ne l'entretenaient que des visions merveilleuses qu'il allait avoir. Toutes ces idées affreuses de diables , de flammes, de feux, de damnés , s'imprimaient fortement dans un cerveau affaibli par Tabstinence et Hnsomnie. Après )'a.voir préparé de la sorte , on Tenfermait dans ce tte caverne ténébreuse : peut-être même les moines lui avaient-ils fait prendre quelque breuvage qui troublait sa raison , et lui faisait paraître plus effrayans les bruits , les feux et autres prestiges dont ils l'environhaient. On terminait, au bout de plusieurs heures, celte espèce d'initiation, et on, le mettait en liberté , plus mort que vif. Quand on eut découvert ces dangereuses impostures , les moines qui s'en rendaient coupables furent honteusement chasses , leurs habitations furent détruites , le trou de Saint - P^ti'ice bouche ^ et une carde de U car
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yerne mise au grand jour , afin qu'il ne s'y com-* mit plus désormais de nouvelles fourberies.
Il est bien vrai qu'il n'y a point en Irlande d'animaux malfaisans -, ni taupes y ni vautours , excepté des loups f on n'y recontre point non plus d'insectes venimeux , tels que des serpens y ete. On en rapporte une cause fort plaisante.
Saint-Patrice étant venu prêcher la religion chrétienne en Irlande y fut enchanté de l'accueil hospitalier qu'il y reçut ; pénétré de reconnaissance , il attira avec adresse y sur le sommet d'une montagne^ tous les diables, dont le pays était tourmenté; et fixant leur attention par une histoire très-origîiTale qu'il se mit à leur raconter, il les précipita dans un abyme profond, et avec eux les tigres , les lions , les serpens , les rats , les souris , les grenouilles , et tous les animaux venimeux et malfaisans. Mais, ajoute-ton , depuis le dix-septième siècle , Guillaume III étant venu , en Irlande , disputer la couronne à son beau-père Jacques II, l'usurpateur amena à sa suite les rats, les souris et les grenouilles.
Le peuple d'Irlande croit, aussi à la féerie. Dans le siècle dernier, toutes les grandes familles avaient encore chacune leur fée , comme les anciens leur génie tutélaire.; celle-ci, sous la
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forme d'une yieille femme , venait marmoter un chant mélancolique autour de là maison y pour annoncer la mort de quelque chef de famille.
Les habitans de la campagne sont persuades qu'il y a des lieux escarpés et des collines conéacrés à une petite race d'esprits, et par aucune considéTation y on ne saurait les engager a ^y enfoncer la bêche. On y voit aussi des pierres qui sont fées f elf-stonesj y* ce sont de petits cailloux triangulaires, avec lesquels le paysan croit qu'une méchante fée vient tuer leurs vaches. Lorsqu'il en meurt une inopinénient , ils disent que c'est un coup de la fée.
Un historien de l'Irlande raconte très-sérieusement que les anciens juges de ce pays mettaient eiutbur de leur cou une chaîne d'or, regardée comme miraculeuse , à laquelle ils donnaient le Aom de Jodha Morain. S'ils prononçaient une sentence injuste, elle les serrait jusqu^à leur faire perdre la respiration ; au lieu qu'elle s'élargissait sur leurs épaules lorsqu'ils avaient bien jugé.
Le rôi Donahuc , régna anciennement sur les lacs et les lies de l'Irlande; et la tradition y parmi les paysans, ne cesse de leur rappeler le bonheur dont U fît jouir leurs ancêtres. A la pale lueur de ]^ lune, ils voient encore le vieux roi, montant un cheval blanc de lait, et suivi par ses courtisans.
Ce$ visions sont toujours le présage de quelque
SgS JLondres y ht cour et hspravineer
chose d'beurenx^ et celui qui les racoiite â'em doute nullement.
11 y a en Irlande plusieurs fontaines miraculea^ ses> consacrées à divers Saints du culte catholique. Le jour de la fête du patron les Maladery accour rent en foule ^ et ne manquent pas de faire le tour de ces fontaines^ sur les genoux découverts : les écorcbures qu'ils se font en ces occasions servent, disent-ils^ à expfer leurs pécbéa.
Un Italien y du nom de Calagory^ avait établi^ sur un petit théâtre de Londres, appelé théâtre de Haj'-Market y un jeu de gibecière et d adresse; sa dextérité lui attirait un grand nombre de spec-tateurs. 11 annonça et afficha, qu*ùu tel jour il ferait entrer un homme dans une pinte à bière. A rheure indiquée, la salle étant remplie de tout ce que Londres avait de plus distingué par la naissance et par le rang , Calâgoiy paruf sur Tayant-scène , remercia le public de son empressement , et offiril de faire entrer son homme dans une demi-pinte ou chopihe, si on voulait doubler le prix des places^ et payer sur-le-diafnp. Les spectateurs furent assess crédules pour accepter la proposition; on paya, et le Joueur de gobelets demanda le temps njécessaire pour préparer son nouveau tour. Une heure s'écoula , sans impatience de la part du public ; ensuite ime demî- )ieure : akrs les brouhahas commencèrent ; oa
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appela Galagory , qui ne se montra point. Les cris ayant inutilement redoublé ^ on enfonça une petite chambre qui était derrière le théâtre, et Ton n'y trouva qu'une taWe sur laquelle étaient une pinte et une demi-pinte. Le dépit de se voir |6uer se tourna en fureur ; les plus mécontens se mirent à travailler à la démolition de ta salle. Au milieu de ce fracas , au milieu des cris de ktfoule , pressée par ceux qui étaient restés dehors, et qu'attirait le bruit du dedans , toutes les lumières fdrent éteinte»; la crainte d'être étouffé excita un combat général à coups de poings et de bâtons ; la porte fut démolie , et les plus pressés échappèrent par la brèche , moulus de coups et couverts de Blessures. Les autres ne «e retirèrent qu'après a:voir renversé le ibéatre , et la maison ddnt il faisait partie. Parmi les personnes Iss pli» dis« tmg^ées qui se trouvèrent enveloppées dans cette b^gsarre , était le duc de Ctimberland. Ce prince avait une épée de la plus grande richesse, qui lui avait été donnée par la reine de Hongrie (Marier Thérèse, depuis impératrice ); cette épée, arrachée de son c6té , fut retrouvée en pièces parmi les débris du théâtre, et il donna quarante. guinées h céui qui la lui rapportèrent. Çalagory, aussitôt après avoir touché I-argent des dupes , était mon-^ té sut des chevaux qui l'attendaient à*une/porte de derrière, et avait *eu tout le temps-qu'il lui fallait pour s eloiguer et se mettre eu sûreté.
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