‹ Longues et brèvesChapitre 4 sur 13 · I48 LA MAISON ABANDONNÉE · texte numérisé non relu

I48 LA MAISON ABANDONNÉE

abandonne à la décevante rêverie, qui fait croire à l'homme, presque toujours malheureux, que là où il n'est pas le bonheur habite.

Carie pavillon était habité. Le jardin, orné de fleurs et entretenu avec le soin le plus coquet, en donnait une preuve. Les cheminées, en hiver, répandaient leur fumée sur le ciel gris, et, le soir, de sourdes lueurs de lampe se devinaient derrière les épais rideaux des fenêtres toujours fermées. Plusieurs fois j'avais vu entrer ou sortir, par la petite porte de la grille, un vieux serviteur en livrée sombre, de mine circonspecte et même soupçonneuse. Évidemment, je n'aurais rien gagné à l'interroger. D'ailleurs, de quel droit me serais-je permis de troubler par une vaine curiosité l'hôte ou les hôtes inconnus de la maison close? Je respectai donc leur secret; et l'énigmatique demeure n'en exerça sur moi que davantage son attrait singulier.

Une nuit de juillet, une nuit étouffante, au ciel noir et pesant, je rentrais chez moi, vers onze heures; et, comme j'en avais pris machinalement l'habitude, je me détournai de mon chemin pour passer devant le mystérieux pavillon. La petite

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