‹ L’Orchi-Epididymite typhoïdeChapitre 8 sur 37 · PAGE · texte numérisé non relu

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riologique a été pratiqué, il a toujours mis en évidence la présence du bacille d'Eberth; que cet examen ait été fait avant la suppuration, c’est-à-dire dans la sérosité retirée par ponction du testicule, ou après la suppuration. |

Enfin, nous signalerons que dans un cas, celui de Bergounious.les recherches montrèrent à la fois le bacille typhoïdique et le bacille de Koch.

L'’orchite {yphoïdique est donc bien due à l’action directe du bacille d'Eberth. Nous devons maintenant rechercher comment ce bacille vient se localiser sur le testicule.

Deux voies sont théoriquement possibles : une voie ascendante, la voie canaliculaire, et une voie descendante, la voie sanguine.

La voie canaliculaire a été admise, au moins pour certains cas, par presque tous les auteurs qui se sont occupés de cette question. Cette infection ascendante serait sous la dépendance de la bactériurie éberthienne. |

Les recherches bactériologiques ont montré qu'il se fait, par les urines, une abondante élimination de bacilles d'Eberth; cette élimination débute, au commencement du second septénaire, au moment de l’apparition des taches rosées, d’après certains auteurs ; plus rapidement d’après certains autres, et se prolonge fort longtemps après la défervescence.

Sous l'influence de causes plus ou moins bien déterminées, ces bacilles peuvent donner naissance à des lésions diverses des organes uro-génitaux, et ces lésions seraient le point de départ de la localisation testiculaire.

Dans aucune des observations d’orchite typhoïdique que nous avons étudiées, nous n'avons trouvé de preuves à peu près certaines de cette origine ascendante. On à bien signalé parfois quelques symptômes

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vésicaux ou urétraux, mais ces observations ne sont pas nettes et manquent de contrôle bactériologique.

Il faut reconnaître cependant que le bacille d'Eberth peut déterminer des complications vésicales, urétrales, prostatiques, etc. On a publié, en effet, des cas assez nombreux de cystites éberthiennes (Labat, Vincent, Lemierre); on a cité un certain nombre de cas d’urétrites au cours de la fièvre typhoôïde, urérites causées, le plus souvent, par des microbes banaux d'infection secondaire, mais dues parfois au bacille typhoïdique lui-même (thèse de Caldier) ; on a enfin signalé des prostatites et des spermatocystites dans le pus desquelles on a mis en évidence le bacille d'Eberth (Marchildon, Picke).

On est done en droit de conelure qu'il peut très bien exister des cas dans lesquels l'orchite ou surtout l'épididymite reconnaissent une origine ascendante.

Toutefois, il nous semble bien plus rationnel d’admettre que le bacille vient se fixer directement sur le testicule par la voie sanguine.

Il est une notion sur laquelle nous devons insister, car elle domine cette question: c'est celle de Ia septicémie éberthienne.

La fièvre typhoïde n’est pas, en effet, une maladie leocale, comme on l'a cru fort longtemps. L'hémoculture montre au contraire que c’est une véritable septicémie. « En ce qui concerne le bacille d'Eberth, dit Abrami, on sait aujourd’hui ce qu'il faut penser de sa nature intestinale. Depuis le travail initial de Schottmüller, paru en 1900, un grand nombre de recherches effectuées tant en France qu'en Allemague et en Amérique, ont définitivement démontré que, loin d’être une maladie intestinale, la fièvre lvphoïde est, au contraire, et dès le début, une septicémie.Le bacille d'Eberth existe dans le sang des typhiques, non seulement pendant loute la période de la maladie,

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mais encore, suivant certains observateurs, pendant la période d’incubation, alors qu'aucun symptôme ne la traduit encore ».

Cette notion de septicémie devait retentir sur la pathogénie de toutes les infections d'organes et, en particulier, de celles des parenchymes glandulaires ; car, dans ces conditions, il est logique de mettre ces lésions sous la dépendance d’une infection sanguine directe.

Cette origine sanguine est d’ailleurs admise pour la plupart des complications : méningées, pulmonaires, articulaires, etc.; certaines localisations, comme les thyroïdites, ne sauraient en reconnaître d'autre. Bien plus, certaines complications, les cholécystites par exemple, chez lesquelles une origine canaliculaire paraissait cependant à peu près certaine, ont été mieux étudiées, et beaucoup d'auteurs ont aujourd'hui tendance à considérer ces cholécystites non plus comme le résultat d'une infection ascendante du cholédoque et des voies biliaires, mais bien plutôt comme le résultat de la septicémie éberthienne.

Quant aux causes pour lesquelles le bacille d'Eberth détermine l'inflammation du testicule, nous devons bien reconnaître qu'elles sont difficiles à préciser et qu’elles nous échappent dans la plupart des cas.

En règle générale, la localisation infectieuse est commandée par un état de réceptivité locale, un état de moindre résistance, souvent créé par une atteinte pathologique antérieure.

Widal et Ravaut ont montré que le bacille d'Eberth se fixe volontiers sur des organes précédemment at- teints, sur une adénite tuberculeuse du cou par exemple, sur un ovaire kystique. Philibert et Bezançon rapportent d’autres cas analogues dans leur étude sur les localisations extra-intestinales de la fièvre

typhoïde. C’est ainsi qu'une malade de Barjon et Lesieur fait des complications articulaires au cours d'une fièvre typhoïde, après avoir fait auparavant du rhumatisme articulaire aigu; qu’un malade de Longuet fait une cholécystite typhique dans une vésicule calculeuse. C’est encore ainsi qu'on observe les localisations sur le système veineux génital après” l'accouchement. C’est encore ainsi enfin qu'on a remarqué que le corps thyroïde est bien plus souvent atteint par le bacille d’Eberth chez les goîtreux.

En est-il de même pour tes complications testiculaires ? On pourrait s'attendre à ce qu'une atteinte antérieure des glandes génitales se retrouve fréquemment dans les antécédents de nos malades. Op, il ne semble pas qu'il en soit ainsi.

Dans certains cas, nous retrouvons bien ces antécédents.

Le malade de Blumenfeld par exemple (Obs. XII) fait une localisation sur un testicule déjà frappé à deux reprises différentes d'orchite blennorragique.

Dans le cas de Bergounious (Obs. V ), les examens bactériologiques ont montré que le pus contenait du bacille d'Eberth et du bacille de Koch : lorchite typhoïdique s’est déclarée chez un malade atteint de tuberculose Tatente, et les deux processus, éberthien et tuberculeux, ont évolué simultanément.

Mais ces cas sont rares, et le plus souvent les malades étaient vierges de tout antécédent génital.

Enfin, dans un petit nombre de cas, le traumatisme, dont Colzi a bien montré l'importance à pu être incriminé,

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