ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Les lésions qui se produisent au niveau du testicule et de l’épididyme au cours de la fièvre typhoïde sont mal connues, en raison du très petit nombre d'examens qui ont pu être pratiqués, les complicalions dont nous nous occupons, n'entraînant pas une issue mortelle, comme nous le verrons plus loin.
Les seuls examens microscopiques sont ceux de Girode, qui a pu faire l’autopsie d’un malade atteint d’épididymite, qui succomba à des accidents pulmonaires, et de Hanot, qui eût l’occasion d'étudier une portion de testicule éliminée au cours d’une orchite suppurée. Enfin, Dô nous rapporte dans sa thèse, un examen d'ailleurs très ancien et fort incomplet.
Le bacille d'Eberih peut se localiser sur le testicule ou sur l’épididyme seul. Le plus souvent testicule et épididyme sont pris en même temps, et le tableau clinique est alors celui d’une orchi-épididymite aïiguë, avec prédominance de l’inflammation sur l'un ou l’autre de ces deux organes.
La lésion est toujours unilatérale et paraît atteindre un peu plus souvent le côté droit que le côté gauche.
Le testicule est, en général, le siège d’une tuméfaction très marquée. Son volume est souvent doublé, sa consistance est dure et uniforme; la vascu- . larisalion est intense, les vaisseaux sont gorgés de sang et dilatés.
L'examen microscopique môntre que les lésions siègent à la fois au niveau des tubes testiculaires et du tissu conjonctif intertubulaire.
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“ Nous allons du reste rapporter les résultats de l'examen de Hanot. Il s'agissait, nous l'avons vu, d’une portion de testicule éliminée au cours d'une orchite suppurée.:« Elle se présente sous la forme d’une masse d'un gris rougeâtre mesurant 33 millimètres dans son plus grand diamètre sur 30 mm.; elle est creusée d’une sorte de fistule de 15 millimèetres sur 4, qui va du centre à la périphérie, dans le sens du plus grand diamètre. Elle est hérissée de petits filaments. Il est facile de s'assurer qu'on à affaire au tissu testiculaire, Si on examine les filaments au microscope, on y reconnaît des tubes testiculaires remplis, pour la plupart, d'éléments embryonnaires.
L'examen microscopique est pratiqué après durcissement par l'acide picrique et coloration par la teinture de carmin. Sur une coupe transversale, on voit sur presque toute l’étéendue, et sauf au centre, les tubes remplis d'éléments embryonnaires, sans aucun vestige d’épithélium. En ces points, la paroi des tubes est presque partout intacte et se dessine sous forme d’une petite ligne droite et transparente. Ces tubes sont séparés par des éléments embryonnaires, parfois sur une étendue qui égale le diamètre des tubes eux-mêmes, parfois sur une étendue moindre.
Au centre, tout autour de la cavité, les tubes contiennent encore des éléments embryonnaires, mais principalement des leucocytes et de fines granulations, les unes obscures, la plupart transparentes.
Par places, la paroi des tubes n’est plus visible et alors, les leucocytes qu'ils contiennent semblent se continuer directement avec les mêmes éléments épanchés entre les tubes. Les parois des vaisseaux sont recouverts d'éléments embryonnaires; la coupe transversale de quelques-uns de ces vaisseaux est oblitérée par un caillot ».
L'épididyme est le plus souvent pris en masse; il foime alors une tumeur volumineuse, dure, un peu irrégulière, coiffant le testicule en cimier de casque. Dans d'autres cas, la tuméfaction n'est pas totale et forme simplement un ou plusieurs noyaux Indurés, pouvant siéger au niveau de la tête ou de la queue de l’épididyme. *
L'examen de l’épididyme a été fait par Girode (Ohbservation IX). Les foyers suppuratifs occupent les espaces intertubulaires de l'épididyme; les voies séminifères ne présentent aucune trace d'inflammation, leur épithélium est intact; elles n’affectent, avec les foyers de suppuration, que.des rapports de contiguité.
Le cordon spermatique est indemne dans la plupart des cas. On à cependant noté qu’il est parfois douloureux et un peu tuméfié. Ce léger degré de funiculite peut être plus accusé, et le gonflement est alors plus marqué (Obs. VIII et X).
La vaginale peut aussi participer à l’inflammation. Dans la grande majorité des cas, cette inflammation ne s'accompagne que d’une exsudation minime.
Dans un cas, celui de Baroni et Dessy (Obs. VIT), il y eut un épanchement abondant, rendant fort difficile la palpation du testicule et de l’épididyme. On retira par ponction, 40 centimètres cubes d’un liquide citrin séro-fibrineux; ce liquide agglutinait fortement le bacille d'Eberth et ne contenait aucun bacille. Enfin, dans aucune observation, n’ont été signalées de lésions des vésicules séminales ou de la prostate.