XX PREFACE
faitemeiit indépendantes du temps, des lieux, et même jusqu'à un certain point du degré de culture ou d'éducation ^ Si Bacon avait possédé une seule étincelle de ce feu sacré , sa royauté intellectuelle serait encore intacte; en sorte que, quand
1 . Telles furent les idées formulées au douzième siècle par Abélard sur la réorganisation de la papauté, idées qui contenaient les germes de l'immense révolution dont on peut suivre le développement pas à pas depuis cette époque reculée jusqu'à la nôtre, où elle ne tardera point à atteindre sa phase définitive. En effet, Arnaud de Brescia, disciple d' Abélard^ rapporta dans son pays natal les nouvelles doctrines recueillies de la bouche même de son maître, et il les propagea par ses sermons avec tant de succès que, non-seulement en Italie, mais encore en France et en Allemagne, les populations commencèrent à se familiariser avec l'idée (jusqu'alors inouïe, et réputée sacrilège et absurde) d'un pontife, non souverain, rendu à son ancienne et véritable destination. En vain le pape Innocent II lança (en \ 144) une excommunication contre Ar~ naud et ses adhérents désignés sous le nom à' Arnauldiens t la fermentation devint telle que les habitants de Rome se livrèrent à des mouvements séditieux qui faillirent renverser à jamais le pouvoir temporel, et qu'en il 55, le pape Adrien lY se décida à excommunier la ville de Rome en masse. Cette mesure, alors aussi formidable qu'elle serait