‹ Lord BaconChapitre 36 sur 53 · LIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

LIV PRÉFACE

C'est sans doute pour avoir complètement ignoré Técrit de M. deLiebig, que dans un remarquable travail publié dans la Revue des Deux- Mondes (numéro du >I5 avril >I866, p. 908-956), M. PaulJanet est venu soutenir à son tour la légitimité des titres de Bacon au rôle de régénérateur ou réformateur des sciences. Evidemment, si M. Janet avait eu connaissance des arguments développés par M. de Liebig, il en serait résulté de deux choses l'une : ou qu'il aurait cherché à les réfuter, ou qu'il n'aurait pas formulé des opinions diamétralement opposées à celles du célèbre professeur de Munich. Dans le premier cas, nous devons d'autant plus regretter les circonstances qui nous ont privés de cette intéressante et instructive polémique, que personne n'est appelé plus que M, Janet à traiter ce sujet en connaissance de cause ; car non-seu-

Du TRADUCTEUR. LV

lement il compte pour une autorité éminente dans les sciences philosophiques, mais encore il possède Favantage d'être versé dans les sciences physiques et naturelles ; et c'est précisément la réunion de cette double compétence qui a le plus souvent manqué à ceux qui ont voulu prononcer en dernier ressort sur la véritable valeur de Bacon.

Comme philosophe , le célèbre lord chancelier a déjà été suffisamment étudié, notamment par M. Charles de Rémusat ; il ne restait plus qu'à établir une enquête parallèle au nom des sciences d'observation. C'est, je le répète, ce qu'a fait le premier M. de Liebig, dont les consciencieuses et longues recherches ont eu pour conséquence de démontrer que le Bacon des philosophes et le Bacon des physiciens et des naturalistes étaient deux hommes absolument distincts.

ï.Vt PRÉFACE

Une autre célébrité scientifique , M. Claude Bernard, vient de corroborer l'opinion de M. de Liebig, même sans l'avoir connue, selon toute apparence; mais, comme dans le remarquable travail de M. Claude Bernard {Introduction à la médecine expérimentale, Paris, 4866), Bacon ne figure, pour ainsi dire, qu'incidemment, tandis que dans Técrit de M. de Liebig il est l'objet d'une étude toute particulière, c'est cet écrit qui constitue, non - seulement par la date de sa publication , mais encore par sa nature spéciale, la pièce la plus importante du procès intenté à Bacon au nom des sciences physiques et naturelles. Il ne sera donc plus permis d'ignorer ce document capital chaque fois qu'on s'occupera de cette question. C'est pourquoi je crois rendre service aux savants français en leur fournissant

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