‹ Lord Byron, histoire d'un hommeChapitre 13 sur 104 · Moore, t. 1, p. 205. — 2. Medwin, t. I, p · texte numérisé non relu

Moore, t. 1, p. 205. — 2. Medwin, t. I, p

digues, n'ont eu que des fils ingrats dans leurs plus illustres fils.

C'est en février 1808 (le 26) queByron, malade de ce mal de Stagyre que saint Chrysostome a si implacablement analysé et si éloquemment peint, se sentit réveillé par les premiers claquements du fouet de la Revus d'Edimbourg, levé sur ses Poésies par un Aristarque sans ménagement. Â partir de ce moment, il entre dans les transports sauveurs d'une fièvre plus noble que celle des dissipations de Cambridge et de Londres. La douleur de cette première blessure le rend à cette vie intellectuelle et morale qu'il laissait s'éteindre dans le plaisir et dans l'ennui. Le voilà enfin en proie à un feu de colère et de vengeance qui ne s'arrêtera plus et le consumera, lentement et glorieusement, de ces flammes dont la lumière a reculé en les éclairant les profondeurs du cœur humain. A la nouvelle qui lui est donnée que l'article va paraître , Byron se prépare à faire avorter cette foudre dans le ridicule, n ne s'inquiète pas de lui ; il songe seulement, et c'est là le but de sa lettre à M. Bêcher, à matelasser contre ce coup de massue, qu'il défie d'avance, l'amour-propre de sa mère, moins solide que son orgueil. Bientôt après cette lettre du 26 février 1808, parut le réquisitoire magistral d'Edimbourg que Moore apprécie en ces termes:

Peu saillant et peu spirituel en lui-même, il eut du moins le mérite incontestable d'exciter Fesprit chez les autres. Il e^t rarement arrivé à la plus juste critique d'atteindre à la célébrité que l'injustice a valu à celle-ci. Aussi longtemps qu'on se souviendra de la course rapide et glorieuse qu'a fournie le génie de Byron, le censeur qui causa bien involontairement son premier élan ne saurait être oublié.

C'est à Londres, à la fin de mars 1808, que lord Byron reçut sur les joues de sa Muse ce soufflet retentissant qli'il devait venger par un immortel holocauste de médiocrités, par une hécatombe implacable de réputations usurpées. Il dînait ce jour-là avec son ami Scrope Davies. Un autre ami qui le vit à ce moment lui demanda, étonné de la pâleur de son visage et de la menaçante fixité de ses yeux, s'il venait de recevoir une nouvelle de mort ou un cartel. C'était un cartel en effet, de ceux que la plume, arme plus terrible que répée, peut seule vider. Mais ce n'était pas une nouvelle funèbre qu'il venait de recevoir. C'était, sous une forme un peu rude, l'occasion de déployer sa force et d'affirmer son talent. Par un de ces affronts révélateurs, commencent toutes les grandes carrières. Il faut être attaqué pour connaître sa valeur. Il faut avoir été blessé pour apprendre la mesure de son élan et la portée de sa griffe. Byron, dans sa rage silencieuse, buvait coup sur coup de grands verres de vin de Bordeaux, n ne s'arrêta qu'à la fin de la troisième. bouteille, sans avoir pu noyer l'inspiration vengeresse, impatiente de s'élancer. Et il ne fut soulagé que lorsqu'il eut donné à sa verve une satisfaction partielle et épanché en vers brûlants les premiers flots de cette lave intérieure ^ .

La Revue^ cette puissance littéraire anglaise, cette citadelle critique dont l'intolérant pavillon faisait pâlir les plus forts de ce temps, les Southey, les Moore, les Lauderdale, les Strangford, lesPayne-Knigth, et dont les premières bordées devaient tuer l'orgueil délicat

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