‹ Lord Byron, histoire d'un hommeChapitre 15 sur 104 · Moore, t. I, 225. — Medwin, t. I, p · texte numérisé non relu

Moore, t. I, 225. — Medwin, t. I, p

vestir en de si monstrueux attentats, que la vérité a encore de la peine à se dégager de cette boue, traditionnellement accumulée par ces coteries de pédants, qui ne lui pardonnaient pas la farce de Tours apprenti au doctorat, et par ces coteries de douairières, à la pudibonderie desquelles il avait jeté, comme une ironie, le double sexe de son page.

Tout cela ne différait en rien de la vie habituelle et des tours quotidiens de Taristocratique jeunesse de Cambridge et d'Oxford. Certes, avec un capitaine de dragons, comme Medwin, Byron n'avait point à se gêner, ni à s'excuser de folies pour lesquelles un dragon est des plus indulgents. Il Yi'ajoute cependant presque rien à ce que nous a dit Moore, ce qui prouve que l'histoire de ses débordements n'est pas aussi féconde ni aussi originale que l'ont prétendu des ennemis et des amis également maladroits. L'ours, le page féminin, un ou deux duels, des griseries avec Scroope Davis et Hobhouse, à la suite desquelles on va jouer aux dés, dans un enfer de la rue Saint-James, à Londres, le reste de dix-neuf livres mises en commun, font le fonds réel de ce canevas très-ordinaire, cette histoire intime sur laquelle les aiguilles du cant ont brodé des variations yraiment fantastiques. Lisez les stances 74 et 75 du chant XI de Don Juan et vous aurez la vérité sur cette vie dont le souvenir donne des nausées à Byron devenu homme, quoiqu'il ait en sa faveur, de plus que beaucoup d'autres, ces deux circonstances atténuantes « qu'il ne trouvait aucun plaisir à ces excès, et qu'il pouvait se rendre la justice de n'avoir jamais séduit aucune femme. » Byron cite même à Medwin, à cette occasion, un trait de délicatesse généreuse dont plus

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d'un de ceux qui le critiquaient n*eùt pas été capable, et qui nous le montre sous son vrai jour de débauché . honnête et de roué innocent*.

Mais, diront les cockneys enragés, qui ont fait à lord Byron une popularité assez semblable à celle que les Prud'hommes de Paris ont faite au pauvre Musset (ce frère cadet et prodigue de Byron), allez-vous oublier répitaphe de Boatswain et le crâne monté en coupe, circulant à la ronde aux orgies de débauche et d'impiété de Newstead-Abbaye? Non certes, bonnes gens, je n'aurai garde de négliger ces derniers traits de misanthropie exagérée et de cynisme affecté qui fortifient ma thèse. Non que Byron en tout cela ne fût pas sincère ; il Tétait dans l'exagération et l'affectation ellemême. A ses douleurs d'isolement pénible, de désabusement précoce, son imagination précoce prêtait des proportions qui ne se pliaient à aucune traduction vulgaire. Il avait sur les yeux, comme tous les poètes, ce verre grossissant qui grandit les accidents les plus ordinaires. Il avait aussi son tempérament, cette bile inépuisable dont les soulèvements et les fumées offusquent le cerveau. De là ces manifestations sincères d'une tristesse ou d'une ironie vraiment titanesques qui ont fait de l'abbaye de Newstead un lieu légendaire, un sanctuaire de vampirisme.

La vérité sur ce point, comme sur tous les autres, est que, en 1808, les affaires de Byron n'étaient pas de nature à le mettre de bonne humeur, et que leur état de délabrement et les préoccupations humiliantes qu'il entraînait pour le lord-poëte ne pouvaient qu'ajouter

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