Dallas
soleil de Byzance Joignait à la beauté, à Tintelligence et à la sensibilité que comporte cette double origine, une intrépidité héroïque, se signala, aussitôt devenue Anglaise par le mariage, par Texaltation de son patriotisme. Lorsque Sydney-Smith quitta Constantinople en 1799, cl bord du vaisseau de guerre le Tigre qu*il . commandait, c'est elle qui lui remit, devant l'équipage assemblé, un drapeau brodé de ses mains, qui flotta, quelques semaines après, sur les murs fumants de Saint-Jean-d'Acre.
Au mois de février 1804, John Spencer-Smith fut remplacé, comme ambassadeur à Constantinople, par lord Elgin, et envoyé à Stuttgard, qu'il quitta précipitamment, le 4 avril, après avoir brûlé tous ses papiers, par suite de l'arrivée de l'armée française. Il était sous le coup d'une sorte de vendetta du gouvernement consulaire, qui l'accusait d'avoir participé aux menées ultra-diplomatiques par lesquelles un autre ministre, Drake, avait compromis son caractère et déshonoré son inviolabilité. Tandis que le diplomate, dégoûté ou discrédité, recevait de la ville de Douvres un mandat parlementaire qui le retenait à Londres, son aventureuse moitié échappait avec peine et au prix de mille dangers, aux représailles de l'armée française, maîtresse victorieuse de Venise où elle s'était réfugiée (1806). Cette vagabonde et poétique amazone, qui ne semble pas avoir été à cette époque au mieux avec son plus que débonnaire mari, ne tarda pas à quitter l'Angleterre, et un naufrage bienvenu la jeta sur les côtes d'Espagne, et l'éloigna pour longtemps de la maison paternelle où elle rentrait à Trieste.
Prisonnière à Cadix, en vertu de l'état de guerre où
HISTOmB D'UN HOMME. lll
se trouvaient alors l'Espagne et TAngletenre, elle fut délivrée par l'intervention du consul d'Autriche et rejoignit son beau-frère qui commandait la station de la Méditerranée, non loin de Gibraltrar. C'est durant ce voyage accidenté, et le repos passager d'une escale à Malte, qu'elle connut lord Byron et exerça sur lui une influence que les circonstances seules empêchèrent de devenir décisive. Mme Constance Spencer Smithy qui avait fini, dans les vicissitudes de son Odyssée, par rencontrer son mari, vécut avec lui à Caen où il s'était retiré en 1817, et où il mourut le 5 juin 1845, laissant la réputation d'un savant de mérite. Sa femme l'avait précédé dans la tombe. Elle termina à Vienne, le 21 octobre 1829, une carrière dont la première moitié fut orageuse et romanesque, et dont la seconde se perd dans les tranquilles obscurités de la vie domestique et littéraire. Car elle faisait des vers, mais qui ne valaient pas ses actions, et surtout ceux qu'elle inspira à Byron et qui lui ont fait une épitaphe immortelle*.
Lord Byron quitta Itfalte le 6 septembre sur le brick de guerre le Spider, chargé de convoyer une flottille de navires marchands jusqu'à fatras et Prevesa. C'est en Albanie qile s'arrêta le poète voyageur, avide de couleurs locales vierges et de sentiers inexplorés. C'est dans le premier ravissement de ces beautés sauvages de la « terre de rochers, nourrice de braves sans pitié, » après le premier et enthousiaste salut à Missolonghi, vue aux derniers rayons du soleil, descendant dans l'ombre de ses bois de cyprès, ou au Pinde perçant au-