Notice nécrologique, par M. S. S. Trébutien. Caen
dessus des rochers de Souli les brumes dorées de Faurore, que Byron s'enfonce voluptueusement dans cette nouvelle vie et dit enfin aux derniers souvenirs de la vieille Europe et des langues chrétiennes un méprisant adieu. Sa lettre du 13 octobre 1809 à sa mère* respire ces enivrements dont la vie féodale en Orient doit remplir une âme de poète ou d'artiste. De Prevesa sur la côte, il s'est dirigé sur Tebelen, palais de plaisance de ce tyran épique, Sa Hautesse Ali, pacha de Janina, . qui fait trembler sous son cimeterre toute l'Albanie (l'ancienne lUyrie), FÉpire et une partie de la Macédoine. Son fils, Vely-Pacha, pour lequel il donna à Byron les plus gracieux firmans, gouvernait la Morée et étendait jusqu'en Egypte sa souveraineté. Ali-Pacha était absent, occupé en ce moment à assiéger Ibrahim-pacha dans le château de Bérat, en Illyrie. Mais informé de la visite d'un grand seigneur anglais, il avait, de son camp, donné ordre à son représentant à Janina de prodiguer à l'illustre voyageur les faveurs de cette hospitalité 'orientale, la plus complète de toutes. Byron, royalepient défrayé partout et obtenant à peine de faire des présents aux esclaves qui le servaient, arriva, par cette sublime route des montagnes, à Zitza, village et monastère grec, la halte la plus pittoresque de ses voyages, après Cintra. En neuf heures il arriva à Tebelen, après avoir disputé le chemin à tous les accidents d'une route à pic, à chaque moment envahie par les torrents. Et après neuf jours de fatigues, il fit, au coucher du soleil, dans le manoir du bourreau de la Grèce, une entrée triomphale. Là il oublia