‹ Lord Byron, histoire d'un hommeChapitre 41 sur 104 · Moore, t. H, p. 191. - 2. Ibid, t. II, p · texte numérisé non relu

Moore, t. H, p. 191. - 2. Ibid, t. II, p

eût voulu s'en donner la peine, quel fou elle eût pu faire de moi! Et j'y aurais perdu l'amie la plus agréable et la plus précieuse *.

Entre le visage doucement vague de cette lady Melbourne et la tête énergique, aux yeux de velours, au sourire épanoui, de Mme de Staël que Byron raille et admire tour à tour, avec une égale sincérité, trouvant que Y Allemagne est d'un grand homme, et regrettant que ce grand homme, la plume à la m!ain, fasse parfois dans un salon une femme théâtrale et ennuyeuse ; entre ces deux figures passe une femme sans nom dont le masque impénétrable est un affront à la plus légitime curiosité. Il ne s'agit plus ici de l'objet d'un caprice fugitif, fût-il, à son heure, passionné, d'amour ou d'amitié. Il ne s'agit plus de cette femme inconnue, la première aimée de Byron, celle qui eut les ardentes prémisses de son adolescence émancipée, celle qui sut si bien captiver ses vingt ans, qu'il ne s'aperçut qu'après une longue illusion que sa maîtresse avait quarante ans, qu'elle eût pu être sa inère, qu'il s'était trompé de saison, ayant pris l'automne pour le printemps, et qu'il pressait sur son cœur la vieillesse de Manon Lescaut. Nous voudrions pouvoir reproduire ce récit encore incandescent, à travers tous les refroidissements du style de Medwin, sur lesquels a soufflé encore une traduction*.

11 ne s'agit plus de celle (peut-être Caroline) qui connaissait à fond le texte de Lucrèce, le comprenait dans sa langue, l'appliquait dans sa vie, et gourmandait

Page 1