Moore, t. II, p
permis, d'embrassements bénis et féconds, de babys aux frais visages, de maison souriante aux enfantins gazouillements, d'images vivantes de la jeunesse et de l'union qui leur ont donné le jour, — quand il retombe dans la froide réalité de son égoïste isolement*.
Je suis allé au spectacle avec Hobbhouse. Mistress Jordan ne peut ôtre surpassée dans Boyden et Jones est passable dans Foppington, Quelles pièces! Que de sel et d'esprit! Hélas! Gongrève et Yanbrugh, voilà toute notre comédie. La société actuelle est trop insipide pour fournir de pareils modèles. J'ai refusé d'aller chez lady Keith. Hobbhouse trouve cela étrange ; moi, je suis étonné qu'il aime les assemblées. Si un homme est amoureux, et, en dépit de certain commandement, convoite le bien du prochain, et le rencontre là, à la bonne heure, ce sont choses parfaites; mais aller faire nombre dans le troupeau, sans motif, sans plaisir, sans but déterminé, par la mort! on ne m'y prendra pas. Il m'a parlé d'un singulier bruit; c'est ce que je suis, moi, le véritable Conrad, le vrai corsaire de mon poème;...
Demain, je recevrai des lettres importantes. Laquelle? X.... Y.... ou Z?... Oh! *** réside dans mon cœur, *** dans ma tôte, *** dans mes yeux; et celle qui n'est pas mariée, le ciel sait où! Toutes écrivent et veulept qu'on leur réponde*....
Mardi 15 mars, — J'ai écrit à ***, le bruit qui court à propos du Corsaire* Elle prétend que cela ne l'étonné pas, t Conrad est si ressemblant! »
Cette correspondante si perspicace et si hardie ne doit être autre que celle dont il écrivait, quelques lignes plus bas.
Une lettre de Bella. J'y ai répondu. Si je n'y prends garde, je redeviendrai amoureux d'elle *.
1 Moore, t. n, p. 290, 291. — 2. Moore, t II, p. 293-294. •3. Moore, t. II, p. 296.
su LÛRB BYRON.
Le sa mars, après une semaine passée àaller dans le monde malgré lui et à se fatiguer d'exerâces violents pour agiter la bile de ses indécisions et de ses colères contre le métier littéraire qui expose aux Ànti-Byron,— quand, mouche harmonieuse et satirique « on s'est perché sur le rayon d'une roue qui fait force poussière, » et que ce tourbillon importune les gens qui n'aiment pas le bfuit pt la poussière et qui s'pn prennent pon à la roue, mais à la mouche — il se replonge, dégoûté d'être auteur et jurant que si jamais il a un fils, ce métier ne sera point le $ién, dans ce gouffre de la vie 4e ç^oq, il prend un })ain d'ennui dians cp fleuve peu ralratçhipsapt qiii n'a paç les vertus du Léthé. Il va, c pour se punir de vivre sans but» » chez lady Hardwicke, chez lady Lansdowne, chez lady Heatcote. C'est ç,\\pj, cette dernière qu'i| fait une rencontre qui eût pu fjopijer, p'U l'eût youlu, i sa yiece but tant désiré. Mai? la volonté des rêveurs est un arc relâché qui ne pQiufs<$ plus la flèche. La vie des rêveurs appartient au hasard, archer fantasque et av<eugle.
Voyons I qu'ai-je vu? La seule personne qui m'ait frappé, c'est la fille alnéç de Lady Strafford. On dit qu'elle n'est pas jolie. Je ne isais : tout ce qui pjalt est joli. Il y a en elle quelque chose qui ressemble à une âme. fille change de couleur, rougit et pâlit; puis dans tous ses mouvements il y a cette réserve, cette timidité suppliante de la gazelle ! Aussi elle attira mon attention plus que toutes les autres femmes présentes; et mes yeux restèrent attachés sur elle jusqu'à ce qu'il me vint à l'idée qu'elle pouvait le remarquer et en éprouver de l'embarras. Après tout, il pourrait bien y avoir dans tout ceci quelque association d'idées. C'est une amie d'Augusta, et tout ce que cette dernière aime, je ne puis me défendre de l'aimer. Sa mère, la marquise, a causé avec moi pendant qfuelques instants. J'ai été vingt fois sur le point de
fflSTOirai B'O» HOMME. il 6
lat ptiQt àé me t^fiâentef à sa fille. Maië jd me sttld arrôté tout edurt. Gela Tient de cette tracasserie avec les.Garlisle \
h'avtH à septemtirè I6l4 à^ècdula une période moins liiiiitdtitô et înoitlà fiévreuse qlié celle qui aVait suivi la publicatioii du Corsaire ei dëà Verà à la ÎJrincesse Charlotte, Témeutë d'àdmiràtloii et de colère et le déchatiïement deâ jourtïâux ministériels. — Lôrd Byron avait fait hardiinent tété au± chiens, et sa nature, qui sentait si fortement réniVrément de la Itittë, fut f^lu- .tôt vivifiée que fatiguée par ce bain â contrë-cdurànt dans Topinion publique iri-itée et agitée. ïdut se talme, inertie la colère d'un peuple. En aVrll, fiyt^on retombe dans cette mélancolique langueur qui succède aut grandes agitations. Il est dans cet état dé Susceptibilité nerveuse qu'offense tin pli de rose. Il soufiré de cet eniiui rongeur, qile le contraste du printemps souriantj des cliaiits de ses oiseaux, du parfUm de ses fleurs, du baiser de ses brises, rend encore pluS poignant. Cet état moral est d'ailleilrs, en dehors de Tinactîon dil cœur et de l^esprit, justifié et aggravé par les préoccupations d'une fortune einbarrassée. L'acqtiéreur de Newstead, que soc malire abandonne avec tant de regret, ti'ést fias en mesure dé rëînplir ses engagements, et; pendant plusieurs mois ByrOn est dans Tincertitude la plus pénible pour un homme dont la fierté ne se plie point à ces obstacles des âfi'aii'es et à ces rébellions des choses. D'un autre côté, plus il est pauvre en réalité et plus il faut qu'il paraisse riche et cache sous la pourpre le renard qui Itii ronge le foîé. Des malins qui-savent le défaut de cette cuirasse