Moore, t. n, p
de maison, la voiture de milord, celle de milady, leur service particulier où trônent indiscrètement d*un côté Fletcher, et de l'autre mistress Charlement, la gaver^ ness anarchique et fatale, qui divise pour régner, le Jago femelle que n'a pas même sou pçonné lady Blessington dans son roman, qui glisse peu à peu, d'usurpation en usurpation, de l'antichambre au boudoir, du boudoir au salon» sa tête vipérine : tout cela boute cher. Les créanciers, si doucereux, si satisfaits^ si bénissants, qui ont fait une haie si béate au cortège triomphal, s'aigrissent, murmurent, s'irritent et fondent sur la maison avec leur cupidité brutale d'oiseaux de proie. Le sanctuaire est profané. On saisit jusques aux lits. Que faire? Newstead ne rapporte que' 1500 livres de revenu net, et la propriété du Lancashire ne rapporte que des procès, qui coûteront déjà, en 1821, 14000 livres sterling. Nous n'écrirons pas l'histoire lamentable de cette décadence qui devait conduire lord Byron un jour, après avoir vendu ses livres, à ne 'pas posséder, il en faisait dix ans plus tard l'aveu à Murray , qxmtre livres sterling^!
Et cependant à ce moment même, toujours fier, il refusait 2000 livres que lui offrait noblement le libraire devenu son ami. Quant à l'abattement moral, au doute, au dégoût, à la colère, ils n'avaient pas attendu cette dernière épreuve. On en lit les premiei^s symptômes dans la correspondance de Byron dès le 1 février. Elle est pleine de soupirs et de colères, de plaintes et de défis, et va, toute en deuil, au-devant de l'adversité. Titan enchaîné dans une vie étroite, que n'élargit et n'ennoblit plus