‹ Lord Byron, histoire d'un hommeChapitre 57 sur 104 · Moore, t. IV. 2. Moore, t. II, p · texte numérisé non relu

Moore, t. IV. 2. Moore, t. II, p

de la vie! On unit son indifférence marmoréenne à la rubiconde satisfaction d'un banquier qui fait bien ses affaires.

Le 10 décembre, naquit Augusta-irfa, vieui nom de chronique et de tradition dans la famille deByron. G est pourtant la venue de cette charmante enfant, toujours adorée de son père, qui va donner le signal de la séparation. Tandis que le mari remercie Dieu de cette consolation si opportune, de ce vivant encouragement, réponse, àous la double instigation de lady Noël et de mistress Charlement^ embrasse, avec la jôiê sans entrailles de Torgueil et de l'ambition, Tenfant, Instrument naïf de ses projets d*émancipatiôn, Tenfant complice innocent de la désertion qu'elle médite, l'enfant honneurde son hypocrite retraite. O'e^tau nom de cette enfant, sortie d'un sein si digne d'être stérile, qu'elle quittera un époux accusé de violence et d'Infidélité, coupable seulement de se trouver au mauvais moment ruiné et diffamé. C'est au nom de -cette enfant qu'elle essayera, pour sauver l'ingratitude de sa fuite, l'indignité n'étant pas suffisamment apparente, et couverte d'ailleurs par la gloire, de faire passer son mari pour Ibu, incapable à jamais de tutelle, d'administration, d'autô-* rite, d'hérédité» le calonmiant à la fois dans son cœur et dans son génie«

Oui, pendant que Byron écrivait, triste et seul, le Siège de Corinthe^ il devait subir deux fois à son insu, l'affront d'un interrogatoire déguisé qui eût pu le conduire à Bedlam. Il reçut cette visite, si humiliante en pareil cas, du médecin et du légiste auxquels lady Byron avait délégué les droits de sa sollicitude, les devoirs de son dévouement. N'y avait-il pas là de quoi tomber vrai-

ment fou, incurablement fou? Elle y comptait peut-être, celle qui partait tranquillement pour se rendre cher son père, et, au mari dont la joue était encore tiède du dernier et hypocrite adieu , écrivait deux lettres, l'une rassurante, commençant par ces mots : Mon cher poulet^ l'autre foudroyante, annonçant qu'elle ne reviendrait jamais*!

Nous traitons ces délicates questions d'appréciation et de responsabilité, avec une franchise et une rudesse que ne justifient pas toujours les révélations d'un homme jusqu'au bout trop généreux pour croire à tant de perfidie, trop orgueilleux pour en convenir, et qui affecta toujours vis-à-vis de lâdy Byron, des regrets affectueux et des égards courtois, aimant mieux ne pas se défendre que d'accuser, préférant se réduire au silence qu'à la haine, et dissinlulant sous des apparences de repentir l'héroïsme de son pardon. Mais nous ne devions pas nous prendre, dans l'intérêt de la vérité, supérieur à toute fierté et à toute convenance, à ce noble piège. Nous avons donc instruit l'affaire de cette séparation avec une impartialité sans niénagements d'aucune sorte. Et nous avons conclu aux tortë, au crime moral de lady Byron.

Noh pas que Byron soit sans quelques reproches à se faire. Nous ne donnons pas son innocence comme immaculée; mais il avait pour lui tout ce qui eût jus* tifié et mérité la patience, le dévouement et la fidélité d'une femme moins honnête que lady Byron, dans le sens mondain et profane du mot. Jamais, malgré les sollicitations de l'opinion, hésitante dans sa complicité, et les remords de sa conscience, lady Byron n'est

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