‹ Lord Byron, histoire d'un hommeChapitre 63 sur 104 · Moore, l. III, p · texte numérisé non relu

Moore, l. III, p

temps était bien choisi. Je ne soupçonne rien du contenu, et n'en sais que ce que m^ont appris quelques vagues otit-dire....

Le 29 juillet, nous avons un croquis de Coppet^ de Bonstetten : < Le correspondant de Gray, ce même Bonstetten, à qui j'ai prêté pour quelques jours la traduction des épîtres de son correspondant, » et dont les souvenirs sur Gray se bornent à dire qu'il était « le plus mélancolique et le plus homme comme il faut de tous les poètes possibles ; » du sympathique Rocca, pâle de la mort prochaine; du vigoureux Schlegel et de Madame^ aussi brillante que jamais. Il a lu Glenarvouy et ne parle que d'Adolphe de Benjamin Constant:

C'est un ouvrage qui laisse une impression pénible, mais très en harmonie avec l'état où l'on est quand on n'aime plus, état peut-être le plus désagréable qu'il y est au monde, excepté celui d'être amoureux. Je doute cependant que tous liens de la sorte (comme il les appelle), finissent aussi misérablement que la liaison de son héros et de son héroïne *.

Plus tard il donne enfin son opinion sur Glenarvon, qui attirera à Son auteur un vers foudroyant de ChUde- Harold.

A propos, je suppose que vous connaissez Glenarvon. Mme de Staël me le prêta à Goppet l'automne dernier. Il me semble que si Madame l'auteur avait écrit la vérité^ et rien que la vérité, mais toute la vérité, le roman aurait été nonseulement plus romanesque y mais beaucoup plus amusant. Quant à la ressemblance, le portrait ne peut être bon. Je n'ai pas posé assez longtemps *.

Cette excellente Mme de Staël, qui prêtait si complaisamment Glenarvon à Byron, et le condamnait ainsi

1. Moore, t. III, p. 36. — 2. Moore, p. 113. 5 décembre 1816.

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à la pénitence de ses fautes envers Fauteur, n'était pas moins ardente à le réconcilier avec sa femme, échappant, par le tact instinctif de sa généreuse et naïve bonté, aux dangers d'une semblable négociation, dont Byron ne lui garda que de la reconnaissance. Cœur moins rempli de haine que d'amour aigri, et dont le temps n'avait point retiré la flèche et cicatrisé la blessure, Byron rendait justice à ce zèle doulouseux et à ces intentions parfois brutales qu'excusait une indulgente pitié. Il se prêta donc docilement à des démarches conciliatrices qui coûtaient à son orgueil, d'autant plus que l'admiration et la délicatesse qui faisaient l'atmosphère de cette maison hospitalière, étaient parfois troublées, fort àl'insu de la cl)âtelaine, par les ridicules orages d'indignation et de terreur, et les sentimentales algarades de quelques visiteuses étrangères, suisses ou genevoises, qui pâlissaient à la vue du satanique Byron, du monstre, de la rage de la pudibonderie, et étalaient sur un sopha, aux pieds de celui qui, à Genève et à Londres, passait pour l'ennemi du sexe auquel il devait sa femme, le reproche d'un outrageux évanouissement. Plusieurs fois il arriva qu'au nom de Byron le salon fut déserté par ces prudes implacables. Un basbleu dont il s'était moqué, Mrs Hervey, trouva bon de se venger de l'inexorable railleur du pot au feu puritain, en laissant tomber en syncope sa sensibilité sexagénaire, scandale ridicule que la grave et douce duchesse de Broglie(un moment, dît-on, destinée à Byron lui-même) ne put s'empêcher de punir avec tout l'esprit d'une vertu qui savait rire*.

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