‹ Lord Byron, histoire d'un hommeChapitre 64 sur 104 · Moore, t. III, p · texte numérisé non relu

Moore, t. III, p

Quant à la négociation matrimoniale entreprise sous les auspices de Mme de Staël , avec le noble et généreux courage qui seul peut inspirer le sacrifice de telles avances, elles n'aboutirent pas. Toujours, alors et depuis, la bonne volonté de l'époux et du père offensé se brisa devant ce roc d'une vertu pétrifiée par l'orgueil et l'égoïsme, et que le choc d'un océan de larmes, durant une éternité, n'eût pas entamé. Dans cette première tentative, comme dans les autres, Byron fît preuve de cette générosité qui n'appartient qu'aux consciences sans reproches. Comme d'ordinaire, celle qui avait tous les torts refusa de les reconnaître en pardonnant. Les coupables ne pardonnent jamais. Byron ressentit de cet échec une douleur qu'il épancha dans le Rêve^ poëme écrit avec des pleurs et une colère qui eût trouvé dans son roman de Belphégor une vengeance immortelle, sans le scrupule qui lui fit anéantir, à la nouvelle d'une maladie de sa femme, cette foudre à peine ébauchée. Contre celle qui lui avait ménagé involontairement cette nouvelle déception, il ne garda aucune irritation. Parlait-il de Coppet, il disait :

Elle a rendu Coppet aussi agréable que lieu sur terre puisse le devenir par la société et le talent.

Parlait-il de la maîtresse de Coppet, qu'il appelait Notre-Dame de Coppet, il disait :

Elle était la bonté même, ot personne au fond n'était plus spirituel et plus aimable qu'elle *.

Les anecdotes qu'on trouve concernant cette femme célèbre, les scènes plaisantes racontées dans l'intimité de

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