‹ Lord Byron, histoire d'un hommeChapitre 79 sur 104 · Moore,t. III, p · texte numérisé non relu

Moore,t. III, p

Le carnaval est ici dans toute sa fougue, et moi dans les angoisses d'une nouvelle intrigue avec je ne sais exactement qui ou quoi; ce que j'en connais, c'est qu'elle est insatiable d'amour, ne veut pas d'argent, a des cheveux blonds et des yeux bleus, qui ne sont pas choses communes ici, (pie je Tai rencontrée à une mascarade, etc. Je veux tirer le meilleur parti possible du reste de ma jeunesse....

J'ai à peine dormi une heure la semaine dernière; nous sommes aux derniers jours du carnaval, et je passerai encore toute cette nuit debout, ainsi que celle de demain. J'ai eu quelques curieuses aventures de mascarade ; mais comme elles ne sont pas encore finies, je n'en dirai pas plus. Je veux exploiter la mine ûe ma jeunesse jusqu'au dernier filon, et après, bonsoir ; que j'aie vécu, je suis content'..,.

Par une singulière coïDcidence, lord Byron, ce mélancolique débauché, partagé entre ces insoucieux délires et des pressentiments funèbres, cherchait avec M. Hoppner, consul général à Venise, devenu, après le départ de cet honnête et sensé Hobbhouse, qui voulait ramener Byron en Angleterre, son compagnon habituel de promenade, cherchait sur cette rive de prédilection depuis la forteresse jusqu'à Malamocco, quoi? la place de son prochain tombeau.

C'est dans une de ces promenades qu'il rencontra la femme étrange qui devait l'y pousser. Cette dernière maîtresse, cette dernière sultane favorite venait ainsi à l'heure et avec le visage des funestes amours. Elle est bien celle qui doit clore le cortège de cette époque d'exaltation et de défaillance où Byron nous apparaît à la fois avec le visage maladif du portrait de Prepiani et le front inspiré du buste de Thorwaldsen. Jamais il

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