livre da figuier enfin qui révèle la vie nouvelle; — et il écrivait
Ma bien chère Teresa, j'ai lu ce volume dans votre jardin; vous étiez absente, mon cher amour, autrement je n'aurais pas lu. C'est un de vos ouvrages favoris, et l'auteur était mon amie. — Vous ne comprendrez pas ces mots anglais, et les autres ne les comprendront pas non plus. — Voilà pourquoi je ne les ai pas écrits en italien. Mais vous reconnaîtrez la main de celui qui vous aime passionnément, et vous devinerez que sur un livre qui vous appartient, il n'a pu rêver qu'amour. Dans ce mot là, beau en toute langue, mais plus encore dans la vôtre, amor wio, — est comprise toute mon existence ici-bas et après, ^ je sens que j'existe ici, et redoute le temps qui doit suivre. Vous en déciderez ; ma destinée repose en vous, et vous avez dix-huit ans; depuis deux seulement vous êtes hors du couvent: Je voudrais de toute mon âme que vous y fussiez restée , ou que du moins je ne vous eusse pas rencontrée mariée.
Mais tout cela vient trop tard. Je vous aime et vous m'aimez ; du moins, vous le dites et agissez comme s'il était vrai, ce qui, certes, est consolation à tout événement. Cependant, c'est moi qui aime plus et ne peux cesser d'aimer.
Pensez à moi quelquefois, quand les Alpes et POcéan nous sépareront. Mais cela n'arrivera jamais, à moins que vous ne le souhaitiez.
Btron*.
Bologne, 24 août 1819.
Et après avoir écrit cette lettre- avec le sang de son cœur, Byron, cédant à une attraction funèbre, de tout temps puissante sur le rêveur juvénile du cimetière d'HarroMT, le pèlerin du cimetière turcàConstantinople, le promeneur équestre du cimetière des juifs au Lido, Byron allait au Campo-Santo de Bologne causer avec son vieil ami le fossoyeur, Hamlet de ce Yorick bronzé.