Mooro, t. IV, p. 437. —4. Tbid., t. V, p
et de malédiction, qui est le lot du génie* celui qui sacrifie si simplement Tamour-propre à l'amour, la volonté à la soumission, Don Juan et cette fin où il voulait promener à travers tous les pays et tous les événements de la tin du dernier siècle son susceptible héros, — aux scrupules à la fois étroits et élevés de son amie et à son empire inquiété'.
C'est vers le milieu de juillet 1821 qu'éclatèrent, parmi les nobles patriotes Romagnols, les foudres de la proscription pontificale. Le comte Gamba et son fils durent quitter Ravenne dans les vingt-quatre heures, et se réfugièrent à Florence, et de là détournés par Byron de la Suisse romantique et de la prosaïque Genève, à Pise.La voix de l'amour, soutenue par celle de Tamitié, y rappelant bientôt, malgré d'innombrables regrets, de funestes pressentiments, Byron prêt pour toutes les épreuves, auprès de la comtesse Guiccioli d'abord éperdue de la perspective du couvent et de la séparation, bientôt résignée et heureuse quand elle revit celui qui tient lieu de tout même de la patrie.
Byron quitta Ravenne à la fin d'octobre 1821, emportant les adieux des pauvres et l'honneur de leur protestation contre son départ, considéré comme un malheur public'. Le 29, il était à Pise, où il allait habiter ce sombre palais Lanfranchi sur l'Arno, plein de toutes les grandeurs et de toutes les tristesses du moyen âge.' C'était là la digne demeure d'un voyageur mélancolique mais fier, affligé, sans en être efifrayé, de l'incertitude de la vie, de la servitude de l'âme, des trahisons des choses, des fatalités héréditaires, et qui,.
1. Moore, t, V,p. 36. —2. Ibid.j t. V, p. 40, 6 uillet 1821. 3. Moore, t. V, p. 43.
avant de partir pour rejoindre des proscrits, ses hôtes depuis le mois d'août, a écrit son testament littéraire et ne tardera pas à écrire son autre testament, sans que sa main tremble des frémissements du cœur à jamais dompté. Ce Byron héroïque et simple à la fois, est celui sur lequel Shelley, qui venait d'être à Ravenne le dernier de ses commensaux, nous donne ces détails réhabilitateurs :
Arrivé hier soir, à dix heures, je suis resté à causer avec lord Byron jusqu'à cinq heures du matin. Lord Byron va trèsbien et a été enchanté de me voir. Sa santé est complètement rétablie, et la vie qu'il mène est tout à fait l'inverse de celle de Venise.
Lord Byron avait presque ruiné ses forces à Venise; sa débilité était telle qu'il ne pouvait digérer aucune nourriture. U était consumé par une fièvre continuelle ; et, sans l'affection qui l'a arraché aux excès auxquels il s'était livré par insouciance et orgueil plutôt que par goût, il serait mort à présent....
Ravenne, 15 août 1821.
Lord Byron s'est grandement amélioré à tous égards, en génie, en caractère, en vues morales, en santé et en bonheur. Sa liaison avec la Guiccioll lui a été d'un inestimable avantage. Il vit avec grandeur, mais sans dépasser son revenu, qui monte à présent à environ quatre mille livres sterling, dont il consacre un gitart à des œuvres de charité. Il parait avoir subjugué ce qull avait de mauvaises passions, et devient ce qu'il était fait pour être, un homme vertueux..., etc.".
Le témoignage de Moore, de Medwin, de lady Blessington, deWalter Scott s'ajoute à cette appréciation de Shelley, si flatteuse pour l'influence de la comtesse