‹ Lord Byron, histoire d'un hommeChapitre 92 sur 104 · Moore, t. V, p. 218. — 2. Moore, t. V, p · texte numérisé non relu

Moore, t. V, p. 218. — 2. Moore, t. V, p

aridité solitaire» son tronc desséché, sa hutte de roseaux, et la ligne bleuâtre d'un horizon infini, dans lequel la mer et le ciel semblaient confondus. C'était bien là que devaient échouer et mourir un poëte et un exilé/

Qu'on ajoute maintenant le tableau au cadre, et au milieu de cette morne immobilité, qu'on se figure en mouvement la scène des funéraiÛes : Byron et Trelawney debout sur le bûcher, le visage terni du reflet de ces flammes cadavéreuses, Leigh Hunt, à demi évanoui d'émotion, gisant dans la voiture, dont les quatre chevaux de poste piaffaient dans le sable, sous les coups de fouet enflammés d'un soleil torride ; et au milieu d'un silence religieux, la cérémonie s'accomplissant jusqu'au bout, troublée seulement par le cri aigu d'un courlis solitaire, qui tournoyait en un cercle de plus en plus étroit autour de la proie funèbre qu'on lui ravissait *.

Shelley,le poëte panthéiste, repose aujourd'hui dans le cimetière protestant de Rome, à côté de son ami Keats, le poëte païen, dont on trouva, quand le noyé fut vomi par la mer homicide, les Œuvres dans sa poche.

Et maintenant, nous voici parvenus /à la fin de notre tâche. Nous ne citerons plus, nous étant donné pour mission de raconter plus encore l'âme de Byron que sa vie, que la date de son départ de Gènes pour la Grèce, le 13 juillet 1823, à bord de VHercule^ en compagnie du capitaine Trelawney, du comte Pietro Gamba et du médecin Bruno.

Ce n'est pas sans douloureux regrets, sans mélancoliques pressentiments, sans funestes augures, que lord

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