‹ Lord ByronChapitre 102 sur 116 · CHAPITRE DOUZIÈME. U · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME. U

Quelqucs-uus comparuut ce travail à la fatigue de gravir une colline dont le sommet, comme celui de toutes les montagnes, se perd dans la vapeur. C'est pour cela que les hommes écrivent, parlent , prêchent, que les héros tuent, et que les poètes allument ce qu'ils nomment « leur lampe de minuit :» pour avoir, quand IWiginal sera réduit en poussière, un nom, un méeliant portrait et un buste encore pire.

«I Que sont les espérances de l'homme? Chéops, roi

de la vieille Egypte, éleva la première t t la plus haute pyramide , pensant que c'était justement ce qu'il fallait pour conserver sa mémoire toute entière et cacher sa momie; mais quelque curieux fouillant dans la

Some likeo it to climbing up a hill.

Whose siimmity like all kills , is lost in vapour; For this men write , speak , preach , and heroes kill,

And bards burn what fhcy call their a niidiiighl taper, » To kave, when the urigiual is dust, A name , a wretched pictnre , and worse huit

What are the hopes of man 7 old Egypt's King

Cheops erected the first pyramid And largest, thinking it was just the thing

To keep his memory whole , and mummy bid; But somebody or other rummagiug ,

LORD BTRON.

])ous2>ière, brisa le dessus du cercueil. N'csporoiib iii vous ni moi, survivre dans un monument, puisqu'il

lUî reste pas une pincée des cendres de Chéops. »

On a comparé Don Juan aux romans philosophiques de Voltaire, mais le seutiment qui a diclé ces ouvrages est bien loin d'être le même. C'est avec une joie maligne et presque infernale que Voltaire passe en revue les misères de la nature humaine. îl en éprouve une sorte de contentement; il en tait un marche-pied pour s élever; ou croirait voir un méchant démon, se réjouissant au milieu des ruines, et narguant les dieux du temple qu'il a détruit. Il se sépare avec soin de la njasse qu'il tourne eu ridicule, et quand il veut s appitoyer sur les erreurs et les maux dont il a ri, il n'est qu'un pbilantlirope hypocrite. On reconnaît dans ses déclamations le même homme qui se mettait au lit le jour de la Saint-Barthélemy et qui avait régulièrement un accès de fièvre en coniiiiémoration de cette funeste époque. Tout son esprit ne put le préserver d'un charlatanisme aussi ridicule.

Lord Byron, au contraire, au lieu d'affecter la

sensibihté , afliche une coupable insouciance ,

Burglariously broke bis col&n's lid :

Let not a monument give you or me bopes

Since not a pinch of dust muaLus of Gbcops.

Page 1