‹ Lord ByronChapitre 21 sur 116 · partie de la troupe de Dniry-Lane, se présenta · texte numérisé non relu

partie de la troupe de Dniry-Lane, se présenta

chez lord Byron pour lui parler d affaires. Il écrivait dans sa bibliothèque; le domestique la fit entrer. Pendant sa visite , il survint un orage et une pluie si abondante, que, ne pouvant retourner chez elle à pîed, elle envoya chercher un fiacre. Ou n'en trouva pas; lord Byron ordonna qu'on mit les chevaux à sa voiture, et qu'on reconduisit Mistress Mardyn chez elle. Lady Byron , avertie par son argus de la présrace de cette actrice, oublia sa dignité au point tie défendre au cocher d obéir à son maître. Eile renvoya le domestique lui dire qu'on avait emprunté la voiture et qu'elle était dt iiors. Irrité d'un refus dont il pénétrait le motif, lord Byron reprit avec impétuosité : « En ce cas, attelez de suite celle de madame. » Cet ordre ne fut pas plus suivi que Tautre. Lady Byron dit au domestique : ce Allez dire à votre maitre que jamais Mistress Mardyn ne montera dans une voiture qui m'appartienne. » L'injustice d'un pareil procédé révolta lord Byron : il se tourna vers Mistress Mardyn et la pria de lui faire Thonneur de rester à dîner, puisqu'il ne pouvait pas la fiûre reconduire chez elle.

Il lui donna la main pour passer dans la salle « à manger, où lady Byron les avait précédés; et, s'avançant à sa rencontre, il lui présenta Mbtress Mardyn. Au lieu de laccueillir avec bonté, elle recula de quelques pas, et lui adressa les plua

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ameres railleries sur le but de sa yisite et sur sa conduite; puis, s élançant vers la porte, elle sortit. Lord Byron , trop irrité pour se contenir, la suivit en lui disant de ces mots offensans que l'orgueil ne pardonne point. 11 referma la porte sur elle avec bruit. Elle rentra au bout d'un moment; son maintien était calme et composé, a Je vous laisse pour toujours, lui dit-elle; je ne yeux plus vivre avec un pareil Loti) me. » Ce furent les dernières paroles que lord Byron entendit prononcer par sa femme : il la vit alors pour la dernière fois. £lle monta dans la voiture qu'on venait d'atteler pour Mistress Mardyn , d'après un nouvel ordre de lord Byron, et s'enfuit en quelque sorte de sa propre maison : elle se retira chez son père , laissant son mari confondu , et Mistress Mardyn , cause innocente de tout ce trouble, à demi évanouie.

Le bruit de cet événement se répandit bientôt à Londres : il devint l'objet de toutes les conversations. On prit fait et cause pour lady Byron : on ne vit plus en elle que la victime d'un homme capricieux et sans mœurs, d'un fou dont elle avait • tout à ciaindre 1^ nom de Mistress Mardyn se mêlait à tous ces commérages : on Taccusait d'avoir

(*) A ceue ëpoqae, le bniil m rendit que lord Bjrron avait det aocêi de dàucnce | on alla même jusqu'à dire que, dant on de «e» momeot de MrnéêWg n avait tenu ton cnlant qu'il adorait, MUpendu parune fenêtre, en menaçant de le laiiacr tomber* Cea oontea abauides ont été dementia par toutea let penonnet qui le rojaient alon.

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séduit lord Byron , d'avoir cherché à le détacher

de sa femme. Quoiqu'elle niât, de la manière la plus soleonelle, qu'elle eût jamab eu avec lui aucun rapport coupable , elle n'en était pas moins flétrie par la voix du public. £lie résolut d'en appeler à ce tribunal , et , malgré les efforts de ses amis, elle prit un rôle dans une pièce de Farquhar. On annonça sur l'afiiche qu'elle jouerait le soir même. La salle était pleine. On leva le rideau : elle parut. Ce fut pour elle uue redoutable et terrible épreuve. A peine avait-elle dépassé Tangle de la coulisse , qu'un cri d'indignation et de vengeance retentit de toutes parts. Les loges vociféraient contr'elle ; le parterre se leva tout entier. Des galeries on lui criait de se retirer, en lui prodiguant l'insulte et le mépris. On lui reprochait sans déguisement les défauts et les vices les plus honteux. £lle soutint cette attaque avec un admirable courage. Elle ne répondit aux cris qui devaient la chasser du théâtre , qu'en s'avançant jusqu'à la rampe. Sa démarche était intrépide. Elle ùt signe de la main qu'elle voulait parler. Dès qu'elle put se fidre entendre, elle dit : « ^(on , non, je ne me retirerai pas vivante sous le poids d'un opprobre que je n'ai pas mérité. Je veux , je dois être entendue. » Son ton , ses mameres avaient tout le calme de l'innocence; sa voix était émue , quoique ferme. C'était un spectacle imposant que celui d'une femme jeune

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et belle résistant seule à de si bruyantes clameurs ^ et demandant à se justifier. Son courage , sa beauté disposèrent ses juges à l'écouter. Lu profond silence succéda au tmnulte , et elle reprit ainsi la parole : « Je sois une femme sans protection , et j eu appelle à la justice d*un public anglais. Il n'est point dans le caractère de notre nation d'accuser, sans l'entendre , une femme qui n'a point d'appui. Je suis innocente de l'accusation portée contre moi , et, dans cette crise, j'espère que toutes les âmes nobles prendront ma défense. »

Cet appel eut im effet magique et sans précédent sur l'auditoire. On applaudit avec transport^ et, de ce moment, l'innocence de Mistress Mardyn fut regardée comme prouvée.

Il n'en fut pas de même de Lord Byron.Qooiqtie les torts fussent eu grande partie du coté de sa femme, on persista k le trouver seul coupable. 11 n'avait jamais cherché à dissinmlerses défauts, peutêtre même les avait-il trop affichés. On en conclut qu'il en avait bien plus ([u'il n'en montrait. Kn proie à de vifs chagrins domestiques, il se vit encore la fable de la cour et de la ville. Il en conçut une ir-> ritation si grande , qu à peine ses amis osaient-ils l'aborder. Je tiens de quelqu'un qui l'a beaucoup connu, que cette ép<){[ue de sa vie fut la plus malheureuse; il devint triste, morose, et perdit foute sa vivacité. Tandis qu'on disait des coujec-

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