CHAPITRE CiaQUIÈME
tures sur le parti (ju'il prendrait^ il quitta TAngleterre pour n'y plus revenir.
Ce brusque départ et la vie errante qu'il mena depuis, sont des preuves irrécusables de la douleur quelui causa cette séparation. Quoique d'abord son orgueil ne lui permit pas de faire des avances directes à lady Byron, il permit à quelques per* sonnes d'intervenir et de chercher à les rapprocher, mais sa femme fut inflexible. Peu de temps après cette tentative, il écrivit son célèbre adieu, avec cette épigrapbe :
« Tlclas! ils avaient été amis dans leur jeune âge; mais des langues perfides savent empoisonner la vérité; et la constance n'habite que ilans les cieux. La vie est épineuse et la jeunesse est vaine; et se courroucer contre ce qu'on aime égare la raison. • . .
« Ils se quittèrent pour ne plus se revoir! Mais ni l'un, ni 1 autre, ne trouva un ami qui pût remplir le vide de son cœur souffrant. Ils se tinrent à l'écart , gardant
Alas ! diey had been friends in jtmûk ;
But whispering tongues can poison truth; And constancy iivcs iu reaiiii^ ai>uve ; Aud life is thorny; and youth is vain :
And to he wroth with one we love , Doth work like madness in the brain.
They parted ne'er to meet again !
But never either fouud another
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leurs cicatrices , semblables au rocber entr'ouveit par une violente secousse : une mer profonde roule au milieu, mais ni la chaleur, ni la glace, ni la foudre, n'ef&ceront entièrement , je crois , les traces de ce qui existait jadis. »
VADIEU.
«Adieu; sois bénie! (^) et quand cet adieu devrait être étemel, je te bénis encore. Quand tu serais inexorable,
ïo free the hollow heart from paining — They stood aloof, the acars remaining ,
Like cliffs, which had been rent asunder;
A dreary sea now flows between,
But neither heat, nor frost, nor thunder,
Shall wholly do away , I ween ,
The marks of diat which once hath been.
(Coleridge's CkrUiabel) FARE THEE WELL!
Fare thee well ! and if for eyer,
Still for ever , fare thee well :
Even though unforgiving , never 'Gainst thee shall my heart rebel.
(*) Le farewell angku a quekfiie choM de plot tendra que notra adieu i il réunit des lonhutt de bonheur et de lanté aux icgrau de la •Operation: comme noua n'avons point d'équivalent en fraaçaia, |'ai cherché a le traduira en y ajoutant ^ee mott « loîs bénie », que le» Anglais aflèctioonent, et dont ib foni un niage fréquent dans leurs relations d'amitié on d*i
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jamais mon oœiir ne se révoltera contre toi. Que ne peux-tu lire dans ce cxsur sur lequel si souvent tu reposas ta tete, lorsqu'un sommeil doux et tranquille s'emparait de toi ; ce sommeil que tu ne retrouveras plus. Que ne peut-il s'ouvrir à tes yeux et te dévoiler ses pensées les plus intimes! Tu apprendrais alors que ce n'était pas bien de me repousser ainsi. Quoique le monde t'approuve, quoiqu'il soit disposé à sourireauxblessures qoetu&is, seslouanges qui ont pour objet mes douleurs doivent t'offeuser. Quoique de nombreux défauts aient terni ma vie, ne se trouvait-il pas pour me ûdre une plaie incurable d'autres bras que ceux qui m'enlacèrent jadis. Cependant^ ne t'abuses pas toi-même; Tamour
Would tliat breast were bared before tkce
Where thy head so oft hath lain , While that placid sleep came o'er thee
Whicb tiloo ne'er can'st know again :
Woald Ibat breast , bj tbee glanoed over.
Every inmost thought could show !
Then thou would st at last discover
Twas not well to spurn it so.
TlMiigb tbe world for this commend thee—
Though it smile upon the blow.
Even its praises must offeud thee,
Founded on another's woe — Tboogb my many faults defaced me ,
Gould no otber arm be found Than the one which onee embraced me ,
To inflict a cureless wound ?
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peut s éteindre par degrés; mais ne crois pas qu'one
violente secousse arrache ainsi deux cœurs Tun à lautre. Non, le tien conserve encore sa vie.... Le mien, quoique saignant , palpite encore; et IVtemelle pen* see qui le déchire , est que peut-être nous uc uous reverrons plus !
a Oi sont là des paroles remplies d'une douleur plus profonde que les gëmisseroens sur la mort de ce qu'on aime. Nous vivrons to us deux, niais cliacunen s'éveillant retrouvera son veuvage et sa couclie déserte. Lorsque les premiers accens de notre enfant viendront te consoler, lui apprendras-tu à dire : « Mon père » ! quoiqu'elle doive vivre privée de ses soins ?
Tel y oh yet y thyself deceive not';
Love may sitik by slow decay , But by suddeu wrench , believe nut
Hearts can thus be torn away :
Still thine own its life retaincth—
StiUmust mine y though bleeding, beat; And the undying thought which paiueth
Is — that we uu more may meet.
These are words of deeper sorrow
Than the wail above the dead ; Both shall live, but every morrow
Wake us from a widowed bed.
And when thou would st solace gather.
When our child's first accents flow, Wilt thon teach her to say a Father! »
Though his care she must forego?
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«Quand ses petites mains te caresseront , quand ses lèvres presseront les tiennes , rappelle- toi celui dont la prière te bëuira , celui que ton amour avait béni ! et si ses traits ressemblent à ceux que tu nedois
plus revoir , tou cœur fidèle à mou souvenir palpitera doucement I
a Peut-être connais -tu tous mes défauts : personne ne peut savoir jusqu'où va mon délire. Toutes mes espérances , dirigées vers toi, se flétrissent , et cependant elles te suivent toujours. Tous les sentimens de mon être ont été ébranlés. Un orgueil qui nVût pas plié devant un monde, s abaisse devant toi. Abandonné par toi j mon âme elle-même m'aban-
Yfhea ber little hands shaU press thee, Wben ber lip to thine is press'd.
Think of him whose prayer shall bless thee ,
Think of him thy love had bless'd!
Should her lineaments resemble
Those thon never more maj'st see.
Then thy heart wiU soft! j tremble
With a pulse yet true to me.
All my faults perchance thou knowest,
All mj madness none can know; AU my bopes, where'er tfaoa goest,
Withei^yet with thee tbey go.
Every feeling hath been shaken;
Pride, which not a world could how.
Bows to thee — ^by thee forsaken ,
Even my sonl forsakes me now :
donne. C*en est fiiit : toutes paroks sont vaines, et les micuiies sont plus vaines encore. Mais il est des pensées sans frein que nous ne pouvons dominer et qui se font jour en dépit de la volonté.
« Adieu ! loin de toi, arraché aux liens les plus chers et les plus sacrés , le cœur consumé par la douleur,
isolé, llétri, en faut-il donc plus pour mourir? »
Cette pièce de vers, si toucliante et si belle, fut regardée en Angleterre comme une déclamation hypocrite. Lady Byron ne s'en montra point attendrie, puisqu'elle ne révoqua pas Tarrét qui retenait son mari loin d'elle. Cette froideur apparente est difficile à concilier avec Tassuraiice que ^ m'ont donnée plusieurs personnes dignes de foi, qu'il avait existé une correspondance entr elle et lord Byron depuis leur séparation. Dans tous les cas, il est très probable que son orgueil et lé sentiment de sa dignité rempèclièrent seuls de revenir sur le passé. Elle souffrait du sacrifice qu'elle
Bat *tis done — aU words are idl^—
Words from me are vainer still; But the thoughts we cannot bridle
Force their wiy without the wiU. — Fare thee well!— ^dius disunited,
Tom from erery nearer tie , Seared in heart , and iuuc , and blightcd-
More than this I scarce can die.