CHAPITRE VI
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L'jBNTHOUSIAftME.
Lord Byron traversa rapidement la France , se
rendit à Bruxelles, et visita la plaine de W aterloo , un an après la bataille. 11 y composa un des plus beaux passages de* Cliilde Harold. Il alla ensuite à Coblentz, remonta le Khiu jusqu a Baie, et s'arrêta quelque temps sur les bords du lac de Crenève. Ce fut alors qu'il écrivit le Prisonnier de Ciiillon , poème plein d'âme et de sensibilité. De tous les ouvrages de lord Byron , c'est peut-être celui qui iait pleurer davantage. Les afliections y sont douces et profondes, les images gracieuses; mais elles apparaissent à travers un nuage de tristesse qui assombrit tout. C'est un cri de soufirance et de liberté sorti du fond d'un cachot. Le prisonnier ne lutte pas contre le désespoir : arrivé au dernier terme du malheur , il se résigne , parce qu'il n'a plus à gémir que sur lui. Le récit est simple , un sentiment religieux y domine et lui donne un accent nou« veau qu'on ne retrouve pas dans les autres productions de Byron. 11 y a une foule de nuances
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délicates et tendres, un dévoument si touchant et
si vrai, que l'âme en est profondément émue.
Lorsque je lus ce poème pour la première fois, il me fit éprouver tant d^émôtions , que je ne pus résister au désir de les faire partager. Je le traduisis pour une de mes amies qui ne savait pas Tan* glais , et je m'appliquai surtout à rendre le sentiment et l'accent du poète. Quoique je sois bien loin d'avoir réussi , cependant je me hasarde à donner ici cette traduction, parce qu'elle est courte, que je la crois fidèle, et qu'elle prouve mieux que tous les commentaires que lord Byron avait Tàme aimante et noble