‹ Lord ByronChapitre 38 sur 116 · CHAPITRE bilUÈME. €fj · texte numérisé non relu

CHAPITRE bilUÈME. €fj

laœ , la plus chère pensée de son père expirant , mon

unique soutien et mon dernier espoir ! celui pour qui je cherchais à prolonger ma vie, afin que la sienne ffit moins malheureuse et qu'il pût être libre un jour; lui aussi, dont le courage naturel ou inspiré ne s était pas encore démenti; lui aussi lut frappé, et de jour en jour il se flétrit sur sa tige, comme une tendre fleur qui ne reverra plus l'aurore. O Dieu ! qu'il est terrible de ¥oîr l'âme de l'homme s'envoler et retourner à vous de ce monde de douleurs! Je Tai vue s'écouler avec des torleos de sang ; je l'ai vue sur l'Océan tumultueux s'échapper avec un luouvemcnt convulsif du corps qudle asiniait. J'ai vu les remords et la crainte entourer la cou-

His martyred (athei^s deare$t thought , My latest care , for whom I sought

To hoard my life, that his nii<^lit be Less wretched dow, and one day free .

He ^ too, who yet bad held untired A ipirit mLtual or iiupiredr— He y too , was struck , and day by day Was withered on the stalk away.

Oh God ! it is a fearful thing To see the hnmaii soul take wing In any shape, in any mood I've seen it rushing forth in blood, I've seen it ou the breaking ocean SiriTe with a swoln conTolsiYe motion ; IVe seen the sick and ghastly hed Of Sin delirions with its dread :

LORD mmoN.

chedu pécheur délirant et livide; mais cette inôrt n'était point mêlée de ces horreurs.... c'était un déclin sAr, mais' Icuty calme et doux. Mon frère se sentit afiaiblir sans verser une larme, et cependant, toujours tendre et bon, il ne s afTligeait que pour ceux qu'il laissait derrière lui. Pendant long^temps Tincamat de ses joues semblait encore défier la tombe; mais ces teintes s*eflkéèrent peu h peu, comme les rayons de Tare-en -ciol se perdent sur la nue argentée. Ses yeux, dont Téclat dissi«« pait par moment Tobscurilé du cacliot, se voilèrent. Il* ne lui échappa pas un murmure , pas un gémissement sur sa fin prématurée. De temps en temps il réveillait' un souvenir des jours meilleurs , un peu d'espérance

But these were horrors-^tliis was woe Unmix'd with sudi — but sure and slow :

He faded , and so cafan and meek ,

So softly worn , so sweetly weak , So tearless, yet so tender — kind , And grieved for those he left behind ; Widi all the while a check whose Uoom Was as a mockery of the tomb, Whose tints as gently sunk away As a departing fainbow's ray — An eye of most transparent light.

That almost made the dnngeon bright, And not a word of uunuiur — uot A groan o'er his untimely lot, A little talk of better days, A little hope my own to raise,

poor rdever k mienae, car j'étais abîmé dans cette perte , la dernière et h plus cruelle de toutes. Bientôt , les soupirs qu il voulait ëlouilery trahirent ses souffrances et la lutte de la nature. Sa respiration devint lente et gênée , elle s'aflaiblit de plus en plus : J'écoutai, mais je n'entendis rien....* J'appelai, car j'étais égaré defrajFeur; je savais cpi'il n'était plus d'espoir, muis je repoussais l'horrible certitude. J'appelai et je crus entendre un son.... je brisai ma chaîne, et m'élançai vers lui !.... Je ne le trouvai plus : seul je remuais dans ce noir séjour; seul, je vivais; seul je respirais l'air maudit du cachot; le dernier, l'unique, le plus cher • lien qui m attachât encore à ma race perverse, qui me retint sur le bord de l'éternité, s'était rompu à cette

For I wat rank in. tilcDce-— loit In this last Ion, of aU the most; And then the sighs be would suppress

Of fainting nature's feebleness,

More slowly drawn , grew less and less :

I listened^ but I could not heai^-*

I calledy for I was wild vrith fear;

I knew 'twas hopeless , but ray dread

Would not be thus admonished ;

I called 9 and thought I heard a sounit-*

I burst my chain with one strong birmd.

And msh'd to him : — found Imn net :

I only itirr'd in this black, spot,

I only lived — I only drew

The accursed brèath of dungeon-dew;

lOO LORD BTROH.

heure fiitale. L'uu ëtfiidu sur la terre, 1 autre dessous, tous deux mes frères..... tous deux sans vie! Je j)ris cette main devenue immobile; hélas! la mienne était aussi glacée : Je u avais pas la force de me mouvoir, mais je sentais que je vivais encore..... Horrible sensation , quand vient s y mêler la pensée que ce que nous aimons ne réprouvera plus. J*ignore pourquoi je ne pus pas mourir; je n'avais plus d'espoir sur la terre, mais la ibi me défendait de me donner la mort qui m'eût délivré de mes maux.

« Je ne sais pas bien ce qui m arriva alors. Je ne Tai

The last — the sole — ihc dearest link Between mc and the eternal brink, Which bound me to tnj noe.

Was broken in this Citai place.

One on the earth , and one beneath-— My brothers — l»olh had cc.iscd to breathe :

I took that hand which lay so stilly Alas! my own waS foU as chill; I had not strengâi to stir^ or strive, Sut felt that I was still alive — A frantic feeling, when we know That what we hnre shall ne'er be so.

I know not why

I could notdie, I had no earthly hope— but faith, Aud that forbade a scHuU death.

CHAPITAE SIXIKME. 101

jamais su. D'abord je perdis le sentiment de Taîr et de

la lumière, puis aussi celui des ténèbres. Je a avais point de pensée , point de sensation : au milieu des pierres, j'étais insensible comme elles. Semblable à un rocber ande,enyekppé de brouillard, à peine savais-je si je pen* sais; car tout était sombre, froid, grisâtre : ce n'était pas la nuit , ce n'était pas \v jour , ce n'était pas même la lumière du cachot si haïssable à mes yeux appesantis ; mais un vide absorbant Tespace, une fixité sans but. 11 n'y avait plus d'étoiles , plus de terre, plus de temps, plus de finetn, plus de changement, plus de bien , plus de crime; mais le silence, et un souille glacé qui n'é*

Wbat next befell me tben and there

I know not well — I never knew —

First came the loss of light and air.

And then of darkness too :

I had no thought, no feeling — none —

Among the stones I stood a stone ,

And was scarce conscious what T wist.

As shrabkss crags within the mist;

For all was blank, and bleak, and gray ,

It was not night — it was not day.

It was not even the dun{;con-light,

So hateful to my heavy sight ,

Bat iracancy absorbing space,

And fixedness— without a pbee;

There were no stars — ^no earth — no time —

No check — uo change — uo good — ^uo crime-

I02 LORD BTROK.

tait ni la vie, ni la mort : un néant obscur et silencieux; un abîme sans bornes, muet et désolé!

a Une lumière brilla tout-à -coup au milieu de ce

chaos : j'entendis le cliant dW oiseau; il cessa, puis il recommença les plus doux accords qui aient jamais charmé aucune oreille. La mienne en fut ravie; j'ouvris les yeux, je regardai autour de moi avec une joyeuse surprise , et , dans cet instant , j oubliai mes douleurs^ Mais, peu-à-peu , mes sens reprirent leurs voies ac*

But silence , and a stirless breath , Which neither was of life nor death; A sea of stagnant idleness , Blind ^ boundless y mute , and motionless !

lO.

A light broke in upon my brain

It was the carol of a bird; It ceased, and then it came again, The sweetest song ear ever heard; And mme was dianhf nl till my eyes Ran oyer widi a glad surprise , And they that moment could not sec I was the mate of misery; Bui then by dull degrees came back My senses to their wonted tradL, I saw the dungeon walb and floor Close slowly round mc as before , I saw the gUmmer of the sun Greepbg as it before had done;

CH4PITBB SIXIÈME. foS

coutiunées. Je vis les mui^ du cachot se refSsnner lentaneot sur moi; je vis k pâle lueur du soleil glisser , comme autrefois , sur la terre humide; mais au herd de la crevasse qui lui servait de passage, s'était posé ce bel oiseau, aussi lieureux, aussi tranquille, que s'il eut été au milieu des bois. Ses ailes étaient d'un bleu d'azur, et son chant disait mille choses, et semblait les dire toutes pour moi! Je n avais jamais rien vu qui hii ressemblât, jamaia je ne reverrai son pareil. Il paraissait, comme moi, manquer d'ami, mais il n'était pas moitié si désolé; il était venu pour m'aimer, quand j'avais perdu tout ce qui m'aimait sur la terre, et, dissipant rhorreur de ma prison, il m.'avait rappelé

Bat diroagh Ûnt crevice where it came Tluid bird wu pcrcb'd , as fond and tame.

And taracr than upon the tree :

A lovely bird, with azure wings , And song that caid a ihoasand things.

And seem'd to say them all fi)r me!

I never saw its like before , 1 ne'er shall see its likeness more :

It secm'd hke me to want a mate.

Bot was not half so desolate , And it was come to hnre me when

None lived to love me so aj^ain ,

And cheering Irom my dungeon's hrmk ,

Had brought me back to feel and think.

I know not if it late were free ,

Or broke its cage to perch on mine,

au sentiment et à la pensée. Je ne sais s*il avait tou-'

jours été libre, ou s'il avait rompu sa prison, pour venir égayer la mienne; mais , connaissant trop bien Fesclavage, doux oiseau! je ne pouvais souhaiter de t avoir pour captif! Peut-être était-ce un habitant du paradis , voilé sous cette brillante enveloppe ; le cid me pardonne cette pensée , qui me fît à-la-fois et pleurer et sourire ! je crus un instant cpie c'était l'âme de mon frère qui descendait vers moi. Mais, Iielas! il s'envola enfin, et alors, je vis bien que ce n'était rien que de mortel; car jamais il ne se (fit enfui ainsi, et ne m'eût laissé deux fois seul , comme le cadavre enveloppe du linceul; seul, comme un nuage solitaire.

But knowing well captivity ,

Sweet bird ! I could not wish for tbine !

Or if it were , in winged guise,

A visitant from Paradise ;

For — ^Heaven forgive tKat thought ! the while

Which made Die both to weep and smile,

I sometimes deemed that it might be

My brodier's soul come down to me;

But then at last away it flew ,

And llicn 'twas mortal — well I knew ,

For he would never thus liave llown,

Aud left me twice so doubly lone,

Lone — as the corse within its shroud.

Lone— as a solitary cloud ,

A single cloud on a sunny d;iy ,

While ail the rest of heaven is clear;

Page 1