CHAPITRE SIXIAhE. Ii
elle n'imagina rien de mieux que de lui adresser, aiusitèt qu'il commençait à parler du pape , quelques questions sur son neveu qu'il aimait beaucoup. «Il finit) je crois I tue diiait-elle^ pûr deriner ma ruse; oaf il sourit une fois de mon inter* ruption : depuis il ne nomma même plus le pape, et j'obtins ainsi de lui qu'il le laissât en repos. »
£Ue passait ses journées à se promener ou à lire. Quand venait le soir, elle faisait approcher son fiiuteuii de la fenêtre ouverte, et elle contemplait le ciel, les étoiles et les édifices éclairés par la lune, ou bien, suivant de Toeil les nuages mobiles, elle y voyait des formes femtastiques et pures comme ses pensées. En automne, elle ramassait avec soin les premièi^ feuilles qui se détachaient des arbres; leurs teintes variées la remplissaient d'admiration. Elle me les montrait avec un sentiment de joie que j'étais honteuse et triste de ne pas partager.
On eut dit que son âme rajeunissait aux portes du tombeau pour passer radieuse à l'immortalité. Sa mort fut calme , comme sa vie. Jamais je ne rencontrai plus de fiiucheur d'imagination , plus de cette candeur que donne la vertu. T avais pour elle un saint respect. C'était quelque chose de si extraordinaire et de si imposant que ce caractère agms passions , sans faiblesses , et où. Ton ne trouvait pas le moindre mélange des petitesses de
Il6 LORD BTRON.
notre nature. Si le bonheur avait ses saints, ma vieille amie mériterait d'être comptée parmi eux.
Mais je demande pardon à mes lecteurs de cette longue digression. Je reviens à lord ByroA dont
Tamour des contrastes ma trop éloigné.
CHAPITBX SEPClitltB.