CHAPITRE SEPTIÈME
fait peupler le vide, quelles que soient ta crainte et ta soufTrance , il est des consolations : le secours des hommes pieux, et la patience.....
MAJIFRBD»
c La patience, et toujours la patience! paix. Ce
mot fut créé pour les bétes de somme , non pour les oiseaux de proie. Préche-le aux mortels de la
mtme poussière que toi ; je ne suis pas de ta
race.
LE CHASSEUB.
«Le ciel ensoitloué ! Je ne voudrais pasétre de la tienne, pour la libre et grande renommée de Guillaume Tell. Mais, quel que soit ton maliieur, il faut le supporter, et ces sauvages transports sont inutiles.
Thy dread and suâerancc be , there's comfort yct^ The aid of hoij awn , and heavenly patience^—
iCAKfBXD.
Patience and patience ! Uence — that word was made For hnites of burthen, not for birds of prey; Preach it to mortals of a dost like thbe , — I am not of thine order.
CHAMOIS UUiri'JUU
Thanks to heaven 1 I wenld not be of diine for the free £ime Of William Tell; bnt whatsoe'er thine ill,
It must be borne , aud these wild starts are useless.
MANFRED
«Ne le supportai-je pas?.... Regarde-moi.... Je vb»
LB CHASSEUR
« C*6st une convubion, et non pas de la vie.
HANFEED.
« Je te dis , homme , que j 'ai vécu depuis bieu des années, depuis de longues années; mais elles ne sont rien auprès de celles qu'il me fiiut encore compter. Des sv^ des.... puis, des siècles.... L'espace et Teternite, et le sentiment de Texistence avec une soif dévorante de la mort y qui ne sera jamais ëtanchée!
UC CHASSEUlU
« Ëbquoi! le sceau de Tâge mûr est à peine empreint
MAKnSD.
Do I not bctr it?-:— Look on me — 1 Utc.
CTAMOIS HUMTER.
Tliis is convulsion 9 and no heallliful life.
MANFRED
I tell thee, nua! I bave ived many jfêH,
Many long years , but they are notlm^ now
To those which I must number : ages — ages- Space and eternity — and cousdousucss , With the fierce thirst of death — and still unslaked !
CBAMoia umiTsa.
Why , on thy htvir tte sea of ttaAdle ago
CHAPITAJE S£PT1£M£. 1^7
sur toD frout : je suis de beaucoup plus vieux que toi.
HANFAfiD.
« Crois-tu que l'eustence dépende du temps? Oui, mais les actions sont nos époques : les miennes ont rendu mes nuits et mes jours impérissables , saus iin, et tous semblables comme les sables du rivage, innombrables atomes. Elles en ont fait un désert stérile et glacé, sur lequel les vagues agitées se brisent, et ne hissent que des cadavres , des débris, des rodnrs, et Talgueamere battue par les flots.
Lfe CHASSEUR.
«Héha! il est fini... et cependant, je n'ose ie laisser. Uath scarce bceoset; I am diine elder far.
MANFRED
Think'st thon existence doth depend on time?
It doth ; but actions are onr epochs : mine
Have made inv davs uiul iiight.s impprlshaMc . Ëodless , aud iâi alike > as sands on the shore , Innnmeiable atoms; and one desart.
Barren and cold, on which the wild waves break , But nothing rests, sayc carcases and wrecks, Rocks, and the salt-surf weeds of bitterness.
CHAMOIS UUNT£R.
Alas ! he's mad — but yet I must net learc him.
8 tX>RD BTROir^
a Je voudrais t tre fou.... car alors les choses que je vois ne seraient plus qu'un rêve de mon oenreaii ma«
lade.
JLE CHASSEUR^
« Et que vois-tu ?... ou plutôt que ûrois*tu voir?
MAliFAEO.
« Moi , et toi.... Un paysau des Alpes : tes humbles vertus j ta demeure hospitalière , et ton âme patiente ^ pieuse, fière et libre; ton respect pour toi-même, qui prend sa source dans d'innocentes pensées; tes jours de santë, tes nuits de sommeil; tes travaux
MAMFBED.
I vs'oiild 1 were — for llicn ihc things I sec Would be but a distempered dream.
ISBAMOIS OUliTER.
What is il
That thou dost see , or think thou iook st upon ?
KAMFBBD.
Myself, and thee — a peasant of tlic Alps — Thy humble viitoes, hospitable home, And spirit patient, pious, proud and free;
Thy self-respect, grafted on innocent thoughts ; Thy days of health, and nigbu of sleep; thy toils.
CHAPITAE SEPniOCfi. ' lag
ennoblis par Ic danger, et pourtaul purs de crime; les espérances d'une joyeuse vieillesse et d'un tombeau paisible , avec la croix couronnée de guirlandes sur le vert gazon, et pour épitapbe , Tamour de tes petits en fans : voilà ce que je vois.... Puis , je regarde au-dedans de moi.... Mais qu'importe?... Mon âme était déjà flétrie.
LE CHASSEUR
« Voudrais>tu donc échanger ton sort avec le mien?
« Non , ami ! non; je ne voudrais pas te fiiire un si
grand mal , ni ëcbanger mon sort avec celui d aucun être vivant : Je puis supporter.... Quelle que soit
fiy (langer dignified, yet guiltless ; hopes Of cheerful old age and a quiet grave , With cross and garland over its green torf , And thy grand children's love for epitaph ;
This do I see — and then I look within —
It matters not— my soul was scorch'd already i
CHAMOIS HUlflXR.
And would'st thou then exchange thy lot for mine ?
No, friend! I would not wrong thee, nor exchange My lot with living being : I can bear—* However wretchedly, 'tis still to beai^
l3o ' LOAD BYROM.
Tangoisse, je puis souilrir vivant ce que d'autres ne pourraient endurer en râve, lans mourir.
LE GHASSEUa.
« £t avec cette craiute. avec ce sentiment d eflroi pour les peines des autres, se peut-il que tu te sob noirci par le crime?... Dis que ce n'est pas. Un être plein de douces pensées peut-il assouvir sa vengeance sur ses ennemis?
« Oil ! non y non , non ! mes fautes retombèrent sur ceux qui m'aimaient, sur ceux que je chérissais le plus. Je n'ai jamais combattu un ennemi , que pour ma juste défense; mais mon étreinte fut mortelle.
lu life what others could not brook to dreamy But periih in their slumber.
And with this— This cautious feeling for another's paiu , Canst thou be bhick with evil? — say not so.
Can one of gentle ikooghts We wreak'd revenge Upon his enemies?
KAKFBBD.
Oh! no, no, iiof My injuries came down on those who loved me— On those whom I best loved : I nover qiicU*d An enemy , save in my just defence-— But my embrace was fataL