‹ Lord ByronChapitre 57 sur 116 · CHAPITRE SEPTIÈME. J · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME. J

Les crimes doimiuîift être punis par d'autres crimes^ et par de plus grands criminels? Retourne à ton enfer;

tu n'as point de pouvoir sur moi Je le sens. Je sais

que tu ne me posséderas jamais. Ce que j'ai fait est accompli. Je porte au-dedans de moi une torture à laquelle tu ne pourrais rien ajouter. L'âme , qui est immortelle, se fait juge de ses bonnes ou mauvaises pensées. Indépendante des lieux et des temps, elle est elle-même la source et le terme de ses niaux. Une fois afiranchie de sa dépouille mortelle, son sens intime n'emprunte aucune couleur aux choses passagères du dehors. £lle est absorbée dans la soullrance ou dans la joie, selon qu'elle se connaît, selon qu'elle s'est ju-

llast crimes be ponish'd bat by other crimes.

And greater criminals?— Back to thy Hell!

Thou hast no power upon mc, t/iat I feel;

Thoo ncrer shalt possess me, tJiat I know :

What I baTO done is done, I bear witbin

A tortnre which could nothing gain from dune :

The innid which is immortal makes itself

Requiul for its goqd or evil Uioughts —

Is its own origin of ill and end —

And its own pkee and time— its innate sense,

When stripped of this mortality, derives

No colour from the fleeting things without;

But is absorb'd in sufferance or in joy.

Bom from the knowledge of its own desert

Thou didst not lempt me, and thon conld'st not tempt me ;

I bare not been thy dupe^ nor am thy prey—

fiut was my owu destroyer^ aud will be

1 58 lOKO BTBQN.

get'. ÏU ne m'as point teutë, tu lie pouvais me tenter, je n'ai pas été ta dupe , je ne suis pas ta proie; j'ai été mon propre bourreau, je le serai encore dans l'avenir. Eloignez vous, démons! Je brave votre puissance; la main de la mort est sur moi, et non la votre! »

11 expire.

Quelle grande pensée que de représenter

rhonuiie seul arbitre de sa destinée, n attribuant ses égaremens ni aux passions, ni aux circonr stances, mais à lui seul.

Je me suis laissé aller à donner une longue analyse de I^fanfred , mais c'est que j'ai cru ne pou« voir trop insister sur Timportance morale de ce poème ; on ne l'a pas assez généralement sentie , on Ta même contestée en Angleterre.

D ailleurs, ce cérame contient toutes les doc- ' trines morales et religieuses de lord Byron; et sous ce point de vue, les citations avaient un trop haut intérêt, pour ne pas les multiplier. Quoique le poète ait personnifié le génie du mal, ou le mauvais principe, sous le nom d'Arimane, il ne lui donne pas la souveraineté de l'univers ; il le force au contraire à reconnaître un dieu plus puissant que lui.

Lorsque les esprits ténébreux pressent Man-

My own lu-rciiltcr. — Back, ye hafiltul fiends! Xlic baud of DcatU is on uic — but uot yours!

CHAPITRC SEFTIÈBIS. I

fired de s'abaisser devant le pouvoir qui les gouveroe i il répond : a Commandez-lui plutôt de se prosterner devant ce qui est au-dessus de lui , devant TEteruel, Hiiiiui!.... devant le puissant Créateur , qui ne Ta pas créé pour être adoré. Qu'il s'agenouille , et je me prosternerai avec lui. (*)

Jamab l'homme ne fut élevé plus haut; jamais il nVxprinia mieux le sciitiiiient de sa force murale. Ses pensées , ses visions même ont un corps. Le passé, l'avenir de sa vie s'animent tout-à-coup, il n'est pas jusqu'aux merveilles muettes de la nature , auxquelles il ne prête une voix et des formes divines. Mais au milieu de cette grandeur imposante, Manfred porte en lui-même un germe de mort et de malédiction. Un orgneil égal à celui de Satan a préparé sa chute, et fait partie de son châtiment II est abaissé, humilié à ses propres yeux, et sou àme altierc en gémit.

(*) « Bid kim bow down to ikit wkicfc it abov» hini , Tbt ovcnroliag lofinite— the Mafcer Wbo made htm not for wowhip It him kneel , And we will kneel tofether. »

]6o LORD BYROr

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