‹ Lord ByronChapitre 64 sur 116 · CHAPITRE HUmllME. fjfj · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUmllME. fjfj

Burns ne fut pas mieux partagé du coté de la fortune. Simple paysan écossais, il fiiisatt, en poussant sa charrue, les vers les plus ravissaiis qui aient peut-être jamais été composés. Nous n'avons rien en français qui puisse nous en donner l'idée. C'est le génie le plus vrai, le plus tendre, le plus aimable. Eloigné des villes et de la société, il a une grâce tout-à-fait agreste ; ses chants respirent l'in- ' nocence et la candeur. Sa gaité line et spirituelle n'est jamais méchante ; son chagrin nous touche jusqu'aux larmes. Burns est le poète de la nature ; elle semble l'avoir choisi pour interprète; il la peint avec une admiration douce et prolontle, jamais avec des transports bruyans. C est un fait bien remarquable que la naissance d'un pareil homme au moment de la décadence d'une littérature froide et servile. Tandis qu'on faisait des vers avec une précision mathéniaticjue , Burns chantait dans sou dialecte les événement de son vUiage, les terreurs d*une souris et la chute d'une marguerite qu'il avait renversée eu labourant la terre. De pareils sujets, surtoutà en juger par les titres, nous semblent des niaiseries; on aura peine à croire en France que rien nest plus intéressant, plus touchant, mieux pensé. Malgré l'impossibilité de traduire ce poète, je nie hasarderai à citer ici un de ses plus charmans morceaux. Mais je dois pré-' -venir le lecteur que malp^ré le soin que j'ai mis à

cette traduction, elle laisse tout à désirer. Jai

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cherché à indiquer la mesure des vers qui bit admirablement bien en écossais, et qui ajoute beaucoup au &entimeut.

A UN£ MARGUERITE DES MONTAGNES, RENVERSEE PAR LA CHARRUE, AU MOIS D*AYRIL I786.

« Malheur à toi, modeste ileur, couronnée d'ëcarlate, tu m'as rencontré dans une heure fimeste; car il faut que je pressa clans la terre mouvante, ta tige élancée; t épargner maintenant n'est plus. en mon pouvoir : 6 toi , diamant de nos prairies.

«Hélas ! ce n'est pas ta douce voisine , la bellealouette, ta compagne, t'effleurant de son sein tacheté, et te courbant dans la rosée humide, lorsquclle s'élance dans Tair, joyeuse de saluer 1 orient pourpré.

TO A MOUNTAIN DA18T, ON TDRNINO QNX DOWN MTITH THB

PLOUGH , TS AFRIL, I786.

Wee, modest, crimson-tipped flowr, Thou's met me in an eril hour ;

For I maun crush among tlic stourc

ïliy sleuder stem ; To spare thee now is past my pow'r.

Thon bonnie gem.

Alas ! it's no tliy nccbor sweet , The ))onnio Z>arJt, coirpanion meet!

Beudiug thee mang the dewy weet , Wi* sprcckled breast y When upwai(l-.s|)iinc,iiig, l)lythe, to greet The purpling eaut.

CilAPITAE HUITIKME. I 79

c Le vent aigu et mordant du Nord soufHa glacé

sur ta naissance huinble et prématurée; cependant, tu apparaissais gaiment, au milieu de la tempête, ëlevant à peine au-dessus de la terre qui te donna le jour, ta faible tige.

« Les fleurs roquettes que donnent nos jardins , fleurissent sous 1 ombrage des iM>is, protégées par des murs ; mais toi , abritée au basard sous Tberbe ou sous la pierre , tu ornes le champ aride et dépouillé, seule et inaperçue.

« Là, revêtue de ton petit manteau , ton sein de

neige étendu au soleil , dans ton humble parure , tu

Ciukl blew the bitter-hiting north Upon thy early , humble birth ; Yet cheerfully thou glinted forth *

Amid die storm ^ Scarce re«r'd above the parent earth

Thy tender form.

The flannting flow'rs oar gardens yield,

High shcUVing woods and wa's maun shield, Bat thou beneatli the random bield

O'dod or stane. Adorns the histie $tibble^ld.

Unseen, alane.*

There, in thy scanty mantle clad.

Thy snawy bosom sun-ward spread; Thou lifts thy unassuming head In humble {^oise;

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