‹ Lord ByronChapitre 79 sur 116 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

avais été c réé pour te soutenir seul , ou tomber seul aussi , ton dédain pour le genre humain eût pu t*aider à braver le choc; mais les pensives des hommes furent les marches de ton trône, leur admiration ton arme la plus forte. Tu avais choisi le rôle du fik de Philippe, et à moins de te dépouiller de la pourpre, tu ne pouvab, comme le farouche Diogène, te rire de ITiumaiiilé. Pour des cyniques couronnés, la terre est un antre trop vaste. (*)

« Mais aux ames actives le repos est un enfer. Ce fut là ta malédiction! Il est un feu, un mouvement de Tâme qui ne peut habiter dans ses étroites limites, mais qui aspire par de-là les bornes d un désir modéré. Une fois allumée, cette flamme ne s'éteint plus^

Bot men's thooglils were the steps which payed thy throne.

Their admiration thy host w eapon shone ; The part of Philip 5 «un was thiue , uot then ( Unless aside thy purple had been thrown ) like stem Diogenes to mock at men; For sceptred cynics earth were far too wide a den.

XUI.

But quiet to quick bosoms is a hrll , And tiiere hath been tliy banc ; there is a fire And motion of the soul which will not dwell In its own narrow bebg , but aspire Beyond die fitting mediom of desire ;

(*) Toyn les notes.

a3o LOUD btroit. '

elle se nourrit de hautes aventures, et ne se lasse que du repos. C'est une fièvre qui s'attache h notre sang, fetale à celui qui 1 éprouve y à tous ceux qui jamais l'éprouvèrent.

XLni.

«( £lle crée les insensés qui, par contagion, communiquent aux autres hommes leur délire , les oon-

quérans et les rois , les foudateuis de secte et de système , auxquels on peut joindre encore les sophistes, les poètes, les hommes dVtat, tous êtres remuans, qui agitent trop fortement les ressorts secrets de Tâme. »

XUV.

€f Ils ne respirent qu'agitation : leur vie est un orage qui les soutient dans l'air, mais ils tombent en-

Aod, but once kindled, quenchleM evennoie.

Preys upon high adventure , nor can tire Of aught but rest ; a ferer at the core.

Fatal to Lim who bears, to all who ever bore.

This makes Ae madmen who have made men mad

By their contagion ; Conquerors and Kings , Fourid' i s of sects and systems ; to whom add Sophists. Bards, Statesmen, all unquiet things. Which stir too strongly the soul's secret sprbgs.

Their breath is agitation , and their hie

A storm whereon they lide, to sink at last,

iin ! £t pourtant ils sfmt tellement fiunîliarisés avec les

troubles et les tempêtes, que si leurs jours, survivant aux périls passés, se fondeut en un doux crépuscule, ils se sentent accablés de tristesse , de langueur , et meurent ainsi : comme une ilannne qui manque d aliment se dévore elle-même par sa vacillation, ou comme un glaive qui se ronge dans Toisiveté et se rouille sans gloire. »

Au moment où ces vers furent écrits personne

n'avait encore jugé Napoléon avec une complète indépendance. On le mesurait d en bas comme on mesure des montagnes inaccessibles. Lord Byron le vit du haut des airs, et le dieu ne fut plus qu uu homme; grand par son génie, par son courage, par ses malheurs, mais tenant à riiunianité par ses passions et par ses fautes. £t quelle admirable prédiction dans la dernière stance publiée si longtemps avaut la mort de Bonaparte!

Poursuivant le cours de ses voyages, Harold remonte les bords du Rhin, de riaus passages suc-.

And yet to nnn'd aAd bigotted to strife.

That should their days, sanriving perils past. Melt to calm twilight , they feet overcast With sorrow aad supineness , and so die; Even as a flame unfed, which runs to waste With its own flickering , or a sword laid by Which eats into itself, and rusts in gloriously.

a3a uoKD btron.

cctleutles uns aux autres. Le printemps arrive avec son gracieux cortège d'oiseaux et de fleurs. Les champs de bataille se couvrent de moissons, tout reverdit, jusqu à i àme tietne du pèlerin. Lu éclair de joie anime parfois ses traits; il retrouve des soiivt'iiirs, tics alioctious; les regards iniiocens de l*en£gince heureuse et fraîche font rentrer le calme dans son cœur. Les hommes n'étaient plus l'objet de sou dédain. Le tombeau d un guerrier juste et vertueux le réconciUait avec l'espèce humaine:

«Près de CoLlentz s'elcve une petite eolliiit'; une pyramide modeste couronne le sommet d'un tertre verdoyant; sous sa base nposont les cendres d'un liëros , notre cnucmi.... mais qu'importe

Honneur à Marceau! (*) à celui qui tomba pour la France!

By CoblcDtx , OD a nsc of geutic ground , There is a sniall and simple pyramid, Crowning the summit of the verdant moond:

Beneath its base are heroes' ashes hid.

Our enemy's

(*) Voyet 1m notes.

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