CHAPITRE DIXIÈME
Par intervalle 9 la voix d'un oiseau sort des buissons,
puis tout se tait. Un murmure semble flotter sur la colline; mais c'est une illusion , car les étoiles versent en silence leurs pleurs d'amour qui pénètrent jusqu'au seiii de la uaturc et lui portent Tesseiice de ses brillantes couleurs.
LXXXVIIL
« O vous, étoiles! qui êtes la poésie des cieux', si
dans vos rayons brillans nous clierchons à lire le sort des hommes et des empires; si dans nos désirs de grandeur, nos destinées dépassent leurs limites mortelles et réclament alliance avec vous, il faut nous pardonner; car vous êtes si belles et si mystérieuses , et, malgré la
At intenrab, some bird from out the bmkes,
Slarl> into voice a moiiictit, then is still. There seems a floating whisper on the hill, Bat tliat is Umy, for the starhght dews AU silcndy their tears of love iostil, Weeping themselves away, till they infuse Deep ioto Nature's breast the spirit of her huc>.
LXXXVUI.
Ye stars! which are the poetry of heaven Î If ID your bfi|^t leaves we would read the fate Of men and empires, — ^'tis to he forgiven.
That in onr aspirations to be great ,
Our destinies o'crleap their mortal state , And claim a kindred ^ith you ; for ye arc
238 LORB BYRON.
distance, vous créez en nous tant d*aniour et de respect, que nous vous avons prises pour symbole du destin, de la gloire y de la puissance^ de la vie. »
Les cîeux et la terre sont mue^ Ils ne donnent
pas y mais ils respirent à peine , comme nous quand nos sensations sont trop vives ; ils sont sitendeux , comme lorsque des pensées trop profondes nous absorbent. La terre et les cieux sont tranquilles. Depuis le nombreux cortège des étoiles, jusqu'au lac assoupi et aux montagnes qui bordent le rivage, tout est concentré en une vie intense. Pas un rayon , pas im soufile d'air, pas une feuille, qui n'ait sa part de Texistence, et le sentiment du Dieu qui crée et protège toutes choses »
A beauty and a mystery, aud create In os sttch love and reverence from afar , That fortane, &nie, power^ Bfie , bave named themselves a star.
All heaven and earth arc still — though not in sleep. But breathless, as we grow when feeling most ; And silent, as we stand in thoughts too deep : AU heaven and eardi are slilL From the high host Of stars, to the luU*d lake and mountain-coast, All is concentered in a life intense, Where not a Learn , nor air , nor leaf is losl , But hath a part of being , and a sense Of that which is of aU creator and defence.
CHAPITEE DIXIÈME. 289 XCU.
a Les cîeux sont changés! et quel changement! 6 nuit, orage, ténèbres, vous êtes de sublimes merveilles, et vous ravissez dans votre force comme la lumière qui jaillit des yeux noirs d'une femme!, au loin, le long des rocs retentîssans, le tonnerre animé bondit de cime en cime. Ce n'est plus uu seul uuage qui recèle la foudre, chaque montagne a trouvé une voix, et le Jura à travers son manteau de brouillard, répond aux joyeuses Alpes qui 1 appellent à gitod» cris! (*)
« Et il est nuit:.... glorieuse nuit I tu ne fus point
envoyée pour le sommeil. Laisse-moi partager tes sau-
XQI.
Tbe sky is changed ! — and such a change! Oh night , And storm, and darkness, ye arc wondrous stroDg, Yet lovely in your strength , as is the hght Of a dark eye in woman ! Far along, From peak to peak, the rattling crags among.
Leaps the live thunder ! Not from one lone dood. But every moiintaiu now hath found a tongue, And Jura answers, through her mbty shroud, Back to the joyous Alps, who call to her aloud !
And this is ia the uight : — Most glorious night ! Thou wert not sent for slumber ! let me be
(*) Yc^cft let notrt.
LORD BTROV.
vages et terribles délices; que je m'unisse à la tempête et à toi! Tout^-coup le lac enflammé brille comme une mer phospliorique, et les larges gouttes de pluie tombent en dansant sur la terre. Tout est rentré dans Tombre Mais les hautes collines ont tressailli de nouveau; elles font entendre des accens de joie comme si elles fêtaient la naissance d^ua tremblement de terre. »
Lord Byron peint les objets visibles avec le même bonbeur d'expression que les sentimens les plus intimes et les plus diflSciles à saisir. Jamais génie ne fut plus inventif pour prêter des mots à ce qui semble déûer les paroles. Ces vers sont des révélations continuelles de ce qu*on a senti sans pouvoir l'exprimer. La langùe anglaise, déjà si riche, ne lui suffit pas. U Tagrandit encore. Souvent afin de donner plus de concision à sa pensée, il réunit deux mois et en £ïit une image. C'est ainsi que pour rendre les éclats du tonnerre au milieu des montagues, il dit :
a The glee
Of the loud hills shakes with its mauiain^mirth. »
A sharer in thy fierce and far delight A portion of the tempest and of thee !
How the lit lake shines , a |)ho.sphoric sea , And the big rain comes dauciug to the earth!
And now again 'tis black , — and uovi, the glee Of the loud hiUs shakes with its mountsin-niirth. Asif thej did rejoice a'er a young earthquake's hirtL