‹ Lord ByronChapitre 85 sur 116 · CHAPITRE I>IXIÈM£. ^l^J · texte numérisé non relu

CHAPITRE I>IXIÈM£. ^l^J

presque grandir..... Voir ton intelligence saisir do nouveiies lueurs dans chaque objet, qui pour toi est une merveille! Te tenir doucement assise sur mon genou tranquille, imprimer sur ta joue \v baiser d'un père, toutes ces joies, à ce qu'il semble, ne m'ë* taient pas réservées. Cependant, il était dans ma nature d eu jouir. Maintenant je ne sais ce qui est en moi, mais je crois y retrouver encore le besoin de ce bonheur.

« Ah! quand même la haine te stTait enseignée comme un devoir, je sais que tu m'aimeras; quand même mon nom serait banni loin de toi, comme un

talisman chargé de désolation comme un tirre ab-

juré.»... Quand même la tombe se fermerait entre

Almost thy very growth , — to view tliec catch Knowledge of objects, — wonders yet to tbee!

To hold thee lightly on a gentle knee,

And print on thy soft chedc a parent's kiss,^

This, it should seem , was not rescrv'd for me ; Yet tbis was io my nature : — as it is , 1 Juiow not what ia there, yet something like to this..

CVXU.

Yet f though duU bate as duty should be taught, I know that dm wilt love me ; though my name Slioold he shnt from thee, a» a ipett still fraught

With desolation , — and a broken claim :

Tiiougb the grave dosed between us , — 'twere the same, * <•

a46 LORD BYRON.

nous, il en serait toujours de même, je sais que tu m'aimeras. Quand même on voudrait exprimer mon sang de tes mmiu s , ce serait en vain ; tit m'aimerais encore, tu tiendrais à ce sang plus (]u*à la vie.

« £n£uit de mon amour, quoique né dans la douleur, et nourri au milieu de convulsions. Tels furent les élëmens de ton père, tels sont aussi les tiens. Ils t'entourent encore; mais ton feu sera plus doux , ton espérance bien plus iiublc. Repose en paix dans ton berceau! Des plaines de la mer et des montagnes où je respire, je voudrais t'envoyer autant de bénédictions que je pense quelquefois, en soupirant, que tu m'en réservais!

I kuow that thou wilt love me; though to drain Jlfy blood firomout thy being , were an aim.

And an attainment , — all would be In vain , —

Still thuu wouiil \o\c me, still that more than hfc retain.

The child of love, — though born iu bittcrue&s^ And nurtured in convulsion. Of thy aire These were the elements, — and thine no less. As yet such arc around thee , — but thy fire Sliall be more tempered, and thy hope far higher. Sweet be thy cradled slumbers ! O er the sea, And from the monntaiiis where I now respire , Fain would I waft such blessing upon thee, As, with a Mgh, I deem thou might st have been to me!

CHAPITJUS DIXIÈME.

Quellebizarre et douloureuse destinée! L'homme le plus riche d'affection ^ était déshérité des biens que tous posscilciil. H iravait plus de femme, plus d'enfant , et cette privation était plus aff reuse que si la mort la lui eut imposée : car les objets de sa tendresse vivaient pour d autres que pour lui , et leur souvenir rouvrait se» plaies au lieu de les guérir. 11 n'avait plus de patrie ; il était nu connu dans la sienne, et cependant il l'aimait malgré son injustice.

Vin.

« Je suis né où les homnics sVMiorgueillisseiit de naître, et non sans cause, dit-il; et quoique j'abandonne file sacrée peuplée de sages et d'hommes libres pour me chercher une demeure par de-là les mers lointaines,

« Peut-être ne l'en aimé-je pas moins: et si je laisse mes cendres dans une terre qui n'est pas la mienne.

Vin.

Yet was I born where men arc proud to be, Not without cause ; and should 1 leave liehind The inyiolate island of the sage and free ,

Ajid seek me out a home by a remoter sea ,

Perhaps 1 loved it well : and should 1 lay My ashes in a soil which is not mine.

U>RD BTROir.

mon âme réclamera ma patrie, pourvu que Tesprit dégagé du corps puisse se chobir un sanctuaire. Je chéris respérance d'être nomme par ma postérité dans la langue de ma terre natale : si ces désirs sont trop oonfîans et aspirent trop haut; si , comme mon bonheur passé ma gloire doit grandir rapidement pour se flétrir plus vite ,

« Si le froid oubli efhce mon nom du temple oii les morts sont honorés par les nations qu'il en soit

ainsi!.... Que les lauriers couronnent un iront plus glorieux ! Que mon épitaphe soit celle du Spartiate: u Sparte a plusieurs fils plus vertueux que lui. » Je ne cherche point de sympathie ; je n'en ai pas besoin.

My spirit shaW resume it — if wc may Unbotlied choose a sauctuary. I twine My hopes of being remembered in my line With my land's language : if too fond and far Tbese aspirations in tlieir scope incline , — If my fame should he , as uiy fortunes are.

Of hasty growth aud blighl^ and dull oblivion bar

My name from out Ae temple where the dead

Are honoured l)y the nations — let it be —

And light the laurels on a loftier bead!

And be the Spartan's epitaph on me —

« Sparta bath many a wordiier son than he. »

Meantime I seek no sympathies , nor need;

The thorns which I have reaped are of the tree

CSÀPITRE DIXliME. '

Les épines que j ai cueillies sont nées de larbre que planté..... Elles m'ont déchiré et je saigne.....

J'aurais du savoir quel fruit sortirait d'une telle semence. 9

Lord Byron revient sans cesse sur l'idée morale développée dans Manfred , que nos fautes viennent de nous seuls, et que nous devons eu accepter les douloureuses conséquences; aussi se plaintil moins du sort que de lui-même. Quelle fut la nature des égaremens pour lesquels il subit un châtiment si cruel? Cest ce qu'on ignore. Ses remords semblent dater de sa jeunesse ; niais rien jttsqu'à présent ne peut en &ire deviner la cause. Il parle toujours de lui-même comme d'un homme sous le poids d'une condamnation; mais en se soumettant à son sort , il se révolte contre ceux qui furent les instrumens de sou supplice. Son appel aux furies dans les ruines du temple de Némésis, à Rome , se lie trop à son histoire pour n'être pas cité ici :

« O temps! toi qui embellis les morts, qui ornes les ruines, qui consoles et qui seul guéris les plaies sai-'

I planted,— they liave torn me and I bleed :

I shouldbave known what fruit would spring from such a seed.

Oh Time ! the beautilier of the dead, Adonier of the rain , comibiter

a5o LORD byhon.

gnantesdu cœur! Temps, qui redresses leserreursde nos jugemens. Pierre de touche de la vérité, de 1 amour.... seul philosophe; car tous les autres sont des so-

pliistes , j'en appelle à la justice qui jamais ne s'endort, quoiqu'elle diflière..... Temps veugeur! j élève vers toi mes mains, mes yeux, mon cœur, je ne te demande qu'une grâce:

« Au milieu de ces débris où tu t'es élevé un autel

et un temple sublimer dans leur désolation, parmi tes plus imposantes of&andes, reçois la mienne, la ruine des années, en petit nombre, mais fécondes en douleurs. Si jamais tu m'as vu superbe dans la prospérité, ne m'écoute pas ; mais si j'ai supporté le bien avec

And only healer when the heai t hath bled— Time ! the corrector where our judgments err, The test of truth ^ love , — sole philosopher.

For all beside arc sophists , from thy thrift,

W liich uevcr loses though it doth defer —

Time , the avenger ! unto thee I lift

My hands , and eyes, and heart , and crave of thee a gilt :

Amidst this wreck, where thou hast made a shrine And temple more divinely desolate ,

Amonf; thy mightier ofVciings licrt* arc mine, Kuiiis ol yciirs — though lew, yet full ol* late : If thou hast ever seen me too elate ,

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