CHAPITRE OIXIÈBIE. qSi
calme, réservant mon orgueil contre la haine qui ne
peut m'accablcr , fais que je n'aie point en vain porté
ce fer dans mon cœur Ne gémirout-ils pas
aussi?
« £t toi, qui n'abandonnas jamais la balance des
injustices des hommes, puissante Néinésis! ici, où les
anciens te rendirent long-temps hommage Toi, qui
appelas les furies de l'abîme, et qui leur ordonnas d'envelopper Oreste et de le poursuivre de leurs longs hurlemens, pour son meurtre contre nature, juste pourtant , si le coup eut été porte par une main moins chère : ici, dans ton antique royaume, je t évoque de la poussière! Entends le cri de mon cœur! £veille-toi! tu ie dois, il le faut!
Hear me DOt; bot if cabDlj^ I haye borne Good, and reserved niy pridc against the hate
Which sliall not whflin mCj let nu* not have worn Tbui irou ia my soul in vain — shall t/iey not mourn ?
And thou, who never yet of human wrong Lost the unbalanced SGde , great Nemesis!
Here, where the ancient paid thee homage long — Thou , who did'st call the Furies from the abyss, And round Orestes bade them howl and hiss For that unnatural retribution — ^just.
Had it but been from hands less near— in this Thy former realm, I call thee from the dost!
Dost thou not hear iny heart? — Awake ! tliou shalt, and most.
a5l ' LOHD BYAOH.
cxxxin.
c Ge n'est pas que les butes de mes ancêtres, ou
les miennes n'aient pu attirer sur moi la blessure qui me déchire intérieurement; et si elle m eût été iaite par d'autres armes et dans une cause pkis juste, j'aurais laissé couler mon saug. Mais maintenant la terre ne le boira pas..,.. Cest à toi que je le dévoue..... C'est à toi que je confie la vengeance qui doit venir enfin, et que je n ai pas cherchée pour Tamour..... (^'importe..... dors^ mab toi, tu veilleras.
a Et si ma voix éclate enfin, ce n\'sl pas que je fiémisse devant la souf&unce. Qu il parle celui qui acon-
It is not that I may not Iuto incurr'd
For my ancestral faults or mine the wound T bleed withal^ and, had it been conferred With a jast weapon , it had flowed unbound; But now my blood shall not sink in the ground; To thee Î do devote it-— Mou shalt tike The vengeance, which shall yet be sought and found ^ Which if /have not taken for the sake— But let that pass — sleep , but thou shalt yet awake.
And if my voice break forth . 'tis not that now I shrink from what is suffered : let him speak
CIIAmJUB DIXIEME. S 53
temple lalt^ration de mes traits : qui a vu mon âme sortir épuisée d'aflreuses convulsions ; mais ces pages seront mes aiuiales ; mes paroles ne s évanouiront pas dans l'air , quand même je ne serais plus que cendres : une heure viendra oîi ces vers , pleins et prophétiques , s accompliront : elle amassera sur des têtes humaines la montagne de ma malédiction.
« Cette malédiction sera le pardoA... N'ai-je pas... entends-moi , 6 terre , 6 ma mère !.... Cieux ^ soyezen témoins!... N'ai - je pas eu k lutter contre mon sort ?... N ai-je pas pardonné ? N'ai-je pas eu nia tête brûlante de délire , mon cœur brisé, mes espérances détruites , mon nom frappé de flétrissure ; la vie de
Who hath beheld decline upon my brow, Or seen my mind s couvubiou leave it weak ; But in Uiis page a record will I seek.
Not in the air shall diese my words disperse , Though I be ashes ; a far hour shall wreak The deep prophetic fuhiess of this verse , jbidpile on humao heads the moontain oi' my curse !
That curse shall be Forgiveness. — Have I not— Hear me , my mother £arth ! behold it , Heaven ! — Havelnot had to wrestle with my bt?
Have I not sofiered things to be forgiven ?
Have I not had luy braiu seared , my heart riyen,
SI 54 X^IUD BTRON.
ma vie ne m'a-t-ellc pas t*te «Mili véc ? Et , si j'ai pu échapper au dernier excès du désespoir , c'est que je ne suis pas tout -à-fa it du même limon que l'ànie de ceux qui ont causé nia ruine.
« Depuis les plus grandes ulTenses, jusqu'aux plus basses perfidies , n*ai-je pas vu ce que peuvent les humains. Depuis les rugissemens de la calomnie ecumante , jusqu aux ehucliotleim ns ctôuflés du htche vulgaire, et au venin plus subtil encore de la fouie rampante; aux regards de ces gens à deux visages , dont Toeil significatif sait mentir en silence, qui , à l'aide d*un geste , d*un soupir , sans prononcer une parole , distribuent aux oisifs leur muette médisance.
Hopes sapp'd , name bligbted, Life's life lied awaj?
And only i»ot lo despenition driven, Because not altogether oi'siich clay As rots into the souls of those whom I survey.
From mighty wrongs to petty perfidy Have I not seen what human things could do ?
From the loud roar of foaming calumny To the small whisper of the as paltry few.
And subtler venom of the reptile crew, The Jaillis planer of whose iiigniiicant eye, Lcaniing to he withsilcucc, would «e«m true, And without utterance , sare the shmg or sigh. Deal round to happy fools its ^eeddess obloqay.
CUAPITAE DIXIÈME. ^OJ
« Mais yécuy et je n'ai point vécu en vain :
mou âme peut perdre sa ibrcc , mon sang son ardeur j et mon corps peut périr en domptant la douleur ; mais je portt» au-dedaiis moi ce (juc ne peuvent lasser ni le temps ni les tortures, ce qui me survivra quand je rendrai le dernier soupir. Quclc^ue chose (le surnaturel dont ils ue se doutent pas , et qui , semblable au souvenir des sons d'une lyre devenue silencieuse , pciiétrera dans leurs âmes amollies , et réveillera clans leurs cœurs , maintenant d'airain, les derniers remords de l'amour. »
Il y a de cruelles souffrances renfermées dans ces
vers. Quelle profonde cl lerrihle énergie ! Comme la douleur s^échappe à flots brùlans et pressés de cette ànic qu'elle consume ! Qu'il connaissait bien ramertume du repentir celui qui légua son pardon pour malédiction à ses persécuteurs !
Bot I bave lived , and bave not lived in vain :
My mind may lose its force, my blood its fire , And my frame perish even in conquering pain.
But there is that within me which shall tire Torture and Time , and breathe when I expire; Something unearthly, which they deem not of.
Like the rcraeinhcrcd lone of a mute lyre, Shall on their softened spirits sink, and move In hearts aU locky now the late remorse of love.
a 56 LORD BTROIf.
Mais revenons à Cbilde Harold. 11 parcourt
rilalie : il a visité la belle Venise , à laquelle il ne reste plus rien de son antique splendeur , et Fer* rare, la patrie du Tasse, où il languit dans les fers d'un orgueilleux despote , Alfonso d'Est , dont le nom serait consumé par l'oubli et enfoui avec sa vile poussière , sans l'infâme lieu qui l'attache au sort du poète.
Rome apparaît enfin au pèlerin , dans toute la pompe de sa désolation.
« O Rome, 6 ma patrie! s'écrie-t-il ; cité de Tame! Les cœurs orphelins doivent se tourner vers toi, mère dësolée d'empires ëcroulës , et renfiermer dans leur sein leurs puériles douleurs. Que sont nos maux et nos souSranoes ? Venez : voyes le cyprès, écoutez le hibou , et frayez-vous un sentier sur les marches des troncs hrisés , sur les débris des temples , 6 vous , dont les angoisses sont les malheurs d'un jour!... un
LXXVin.
Oh Rome! my conntiy ! cily of the soal!
The orphans of the heart must turn to diee,
Louc mother of dead cm[iires ! and coutroul In their shut breasts their petty misery.
What are our woes and siitoioce ? Come and see The cypress, hear the owl, and plod yoor way O'er steps of broken thiones and temples. Ye !