CHAPITRE DIXliME
monde est à vos pieds , aussi fragile que voire poussière.
« La Niobë des nations est devant vous , sans en* Êinty sans couronne : elle na plus de voix pour conter ses douleurs. Ses mains flétries portent une urne vide dont la poussière sacrée est dispersée depuis long-temps : la tombe des Scipions ne contient plus de cendres : les sépulcres même ont perdu leurs hôtes héroïques. Antique (Icuve du Tibre , tu coules encore à travers ce désert de marbre 1 Soulève tes flots jaunâtres , et cache Rome et sa détresse ! »
Lord Byron écrivait le quatrième chant de Childe Harold , lorsque la princesse Charlotte mourut. Elle était Tespoir de l'Angleterre :elle an->
Whose agonies are evib of a day— A world is at oar feet as fragile as our clay.
The Niobe of oatiooi» ! there she stands , Childless and crownless , io her voiceless woe; An empty urn within her withered hands, Whose boly dnst was scattered long ago ;
The Scipius* touil) contaius no ashes now; The very *if |iulchres lie tenantlcss Of their heroic dwellers : dost thou flow, Old Tiber f through a marble wilderness 7 Bise, with iby yellow waves, and maulle her dbtrcss?
258 LORD BTHOir.
nonçaît un caractère franc et généreux , une Ime
élevée, un cœur aimant, et une volonté forte. Née *sur un trône , elle aimait et comprenait la liberté; non ce fougueux délire qui fidt les révolutions ^ mais cette liberté sage et bien oi'donnée qui alTermit les trônes, et assure le bonheur des peuples. Cette mort causa une affliction générale et sentie. Lord Byron la pleura en vers sublimes.
c( Illustre rejeton des chefs et des monarques, où estu? espoir chéri de tant de nations, la mort t a-t-elle donc frappé?
« Le cœur de la Liberté , appesanti par le chagrin ,
oubliera ses nombreuses douleurs pour gémir sur une seule; car elle avait offert au ciel ses vœux pour toi, et sur ta tête brillait son iris.
Scion of cbiefs and monarchs, wlim artdioa?
Fond hope of many nations , art tliuu dead ?
And Freedom's heart, grown heavy, cease to hoard Her many griefs for One; for she had ponr'd Her orisons for thee, and o'er thy head Beheld her Iris..—
CHAPITRB DIXIÈME.
«Le drap (le toil linceul fut tou vétemeut de ooce^ ton fruit nuptial n'est que cendres. La vierge aux blonds dieveux, la fille des îles est couchée dans la poussière ! £lle était Tidoie des peuples ! Avec quelle joie nous lui confions tout Tavenir! et quoiqu'il dût ne luire que sur nos ossenieus, nous chérissions la pensée que nos enfans obéiraient à son enfant, et nous la bénissions elle et les siens • . .
« Malheur à nous, non àelie;carelle dort en paix: le souffle changeant et vain delà faveur populaire, les conseils perfides y les faux oracles, qui, depuis la naissance
Of Mckdoth wa$ Ûkj wedding garment made ; Thy brîdal'a frnit is ashes : in the dost
The fair-haired Daughter of the Isles is laid. The love of iniUions! How we did entrust Futurity to her! and, though it must Barken aboye our bones, yet fondly deemed Our children should obey her child, and bless'd Her and her hoped-for seed
y^i ue unto us, not her; for she sleeps well.: The (ickle reek of popular breath, the tongue Of hoUow counsel y the false oracle,
a6o LORD BTAON.
de la monarchie y ont retenti comme un glas aux oreilles des princes, jusqu'à ce que les nations trop aiguillonnées se soient années dans le délire; Tétrange sort qui abat les plus puissans monarques, et qui jette dans la balance opposée à leur aveugle toute-puissance, un poids qui écrase tôt ou tard.,.. (*)
« Tels eussent pu être ses destins; mais non, nos
cœurs le dénient. Et si jeune et si belle , bonne sans efTort, grande sans ennemi; épouse et mère il n*y a qu'un moment, et maintenant &/... » ....
Il y a l>ien loin des nobles expressions de lord
Byroii aux serviles gémissemens de ceux qui pleurent dans les princes leur ambition déçuel Les larmes du poète tombent pour la princesse, poinla carrière glorieuse qui 1 attendait, pour le peuple
Which from the hirth of monarchy hath rung Its ImelL in princely ears, till the o'erstuug Nations Itavearni'din madness, the strange fiite Whicli tumbles mightiest soyereigns , and hath fluu^
Against their ])lind omnipotence a weight Within the opposing scale, which crushes soon or late ; —
These might have hecn her destiny; hut no.
Our hearts deny it : and so young, so £air, Good without effort , great without a foe; But now a bride and mother — and now there !
V*) Vo^ci Ic* UutCfe.