‹ Lord Rutland est Shakespeare;Chapitre 14 sur 28 · TO THE BELOVED OF THE MUSES AND MEE · texte numérisé non relu

TO THE BELOVED OF THE MUSES AND MEE

Sweete swanne of Avon, thou whoose art Can mould at will the human hart, Can drawe from ail who reade or heare, The unresisted smile and teare;

By thee a vyliege maiden found, No care had ! for measured sounde :

To dresse the fleese that Willie wrought Was ail I knewe, was ail I sought.

At thie softe lure too quicke I flewe, Enamored of thie songe I grew ; The distafife soone was layd aside, And ail mie woork straynes supply'd,

Thou gavest at first th'inchanting quill, And everie kiss convay'd thie skill; Unfelt, ye maides, ye cannot tell The wondrous force of such a speli.

Nor marvell if thie breath transfuse A charme repleate with everie muse ; They cluster rounde thie lippes, and thyne Distill theire sweetes improv'd on myne.

Anna Hatheway.

« A l'adoré des Muses, et de moi.

« Doux cygne de l'A von, toi dont l'art peut à volonté pétrir le cœur humain, peut tirer de tous ceux qui lisent et écoutent le sourire et les larmes irrésistibles, par toi une jeune villageoise s'est trouvée qui n'avait aucun souci pour la cadence rythmée:

préparer la toison qu'arrachait William était tout ce que je savais, tout ce que je cherchais. Tr^op vite je fus prise à tes tendres attraits, je fus captivée par ton rêve; la quenouille fut bientôt délaissée, et toute ma préoccupation fut d'imiter ton style. Tu m'offris d'abord cette plume charmante et un baiser accompagna ce cadeau. Ne l'ayant pas éprouvé, vous ne pouvez dire, jeunes filles, la force merveilleuse d'un charme pareil. Il n'est pas étonnant que ton souffle ait échangé un enchantement si complet avec chacune des muses lellesessaiment autour de tes lèvres, qui distillent aux miennes leurs parfums adoucis. »

Peut-on imaginer rien de plus naïf? et l'esprit qui semble y régner par moment n'achève-t-il pas de donner à ces vers une allure bien villageoise ? Il se pourrait cependant qu'ils fussent un peu trop raffinés, que le tour en fût d'un modernisme que ne dissimule pas assez un scrupuleux respect de l'orthographe du temps; mais Anne Hathaway ne pouvait songer à tout. Elle avait eu du moins la préoccupation frappante de les signer d'une façon qui n'était guère en usage de son temps : la fiancée d'un homme de génie ne doit-elle pas être douée de divination ? Elle en avait tant montré que cela ne parut pas naturel — d'autant moins qu'on venait précisément de découvrir qu'elle avait signé d'une croix sur les registres officiels de sa commune, et Ton ne put persuader à personne que c'était par modestie. Le bienveillant Drake lui-même se montra cette fois incrédule comme tout le monde : aussi l'intervention de Malone ne fut-elle pas nécessaire (i).

(i)En terminant ce chapitre d'une longueur exceptionnelle, mais que nous avons fait cependant aussi court qu'il est possible, ajoutons que IVlalone dressa encore des tableaux généalogiques des descendants de Shaxper en ligne directe et en ligne collatérale, qu'il proposa de nombreuses corrections du texte, qu'il eut des

La désillusion fut naturellement grande; et l'avocat anonyme, jugeant inutile d'y vouloir remédier, se le tint pour dit et resta coi.

polémiques avec Caufield au sujet du manuscrit d'Aubrey, etc. ; mais ces points ne sont pas essentiels à notre thèse — non plus que la fameuse histoire du mûrier qu'aurait planté Shaxper, dont on fit des tabatières très « prisées » au dix-huitième siècle, et si nombreuses qu'elles rappelèrent le miracle de la multiplication des pains.

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