‹ Lord Rutland est Shakespeare;Chapitre 25 sur 28 · PISTOL · texte numérisé non relu

PISTOL

Eh bien! Mephistophélès !

SLENDER

Oui, ce n'est pas la question.

Nous en savons maintenant assez sur Lucy et sur l'affaire du braconnage. Les autres épisodes de la comédie sont d'ailleurs présents à toutes les mémoires.

Les calembours parfois un peu obscurs, même en an-

(i) Il y a encore ici un jeu de mots intraduisible.

glais, dont nous venons de donner une idée, et les autres allusions, tout cela vise-t-il un seigneur du nom de Lucy ? Nous le croyons. Nous ne voyons nulle possibilité d'en douter — et nous tenons ici la raison principale pour laquelle la légende a persisté malgré tout. Toutefois, répétons-le, il ne s'agit nullement là d'une vengeance 1

Le lecteur en est désormais plus que convaincu. Mais que dira-t-il, si on lui apprend maintenant que la scène qu'on vient de lire NE SE TROUVE MÊME PAS DANS L'ÉDITION ORIGINALE DES « JOYEUSES FEMMES DE WINDSOR » — celle qui parut en 1602, deux ans après la mort de sir Thomas Lucy de Charlecote !

Cette scène n'apparaît, pour la première fois, que dans l'édition revue du Folio de 1623 ! Elle n'apparaît que vingt-trois ans après la mort du seigneur de Charlecote — onze ans après la mort de Rutland et sept après celle du Stratfordien ! Les Joyeuses Femmes de Windsor^ sont l'une des dix-huit pièces qui parurent séparément en petits quartos du vivant de Tauteur: en 1602. Contrairement à certaines autres, comme on l'a vu au chapitre précédent, cette pièce n'eut qu'une édition. L'auteur y fit des retouches et des remaniements qu'on trouve dans l'édition posthume.

Au lieu de la scène qu'on vient de lire, voici le début de l'édition quarto de 1602. Page est tout de suite en scène avec Shallow, Slender et Evans — et il n'est question ni de Lucy, ni de luce, ni de louées !

SHALLOW

Ne m'en parlez pas. J'en ferai une affaire de la Chambre Étoilée, le Conseil en connaîtra.

Page 1