CONTRE LA FRANCE
sur sa docilité depuis que le trône était occupé par un Électeur de Hanovre?
De son côté, la reine d’Espagne, furieuse des retards interminables apportés à l’exécution des clauses en faveur de ses enfants, et exaspérée de voir que les médiateurs n’en eussent pas déjà fait un cas de rupture ouverte avec l’Empereur, ne cachait pas sa colère contre la France et l’Angleterre, qui l’avaient forcée à entrer dans la quadruple alliance. Prenant donc tout à coup son parti, tandis que les plénipotentiaires, encore réunis à Cambrai, s’eEforçaient d’aplanir les difficultés sans cesse soulevées par l’Empereur, Élisabeth Farnèse‘ dépêcha à Vienne un certain Ripperda^, homme entreprenant et peu scrupu-
1. Élisabeth Farnèse, fille d’OdoarclFarnèse,duc de Parme et de Plaisance, née le 25 octobre 1092.
2. Guillaume, baron, puis duc de Ripperda, aventurier hollandais, né à Groniugue d’une famille noble, fut d’abord colonel d'infanterie, puis ambassadeur de Hollande en Espagne. Il sut plaire à Philippe V en flattant ses passions ambitieuses, changea de religion et entra à son service. Le roi l’envoya comme plénipotentiaire pour négocier le traité de Vienne, dont Ripperda lui avait suggéré l’idée. A son retour, il fut créé duc et grand d’Espagne de première classe, et devint ministre des affaires étrangères et des finances. Mais il se perdit à force d’intrigues, de