JALOUSIE DE M. LE DUC ET DE M“« DE PRIE
sister comme de coutume au lever du roi, ces bruits tombèrent d’eux-mêmes, non sans laisser un libre cours aux conjectures sur les motifs qui avaient pu occasionner un si brusque départ et un si prompt retour.
« Je puis heureusement vous éclairer de la manière la plus complète à ce sujet; mais auparavant je vous demande la permission de vous exposer en peu de mots l’état de la cour, depuis l’arrivée de la reine à Fontainebleau*. Votre Seigneurie n’ignore pas que du moment où M. le Duc est entré aux affaires, c’est madame de Prie et M. Duverney qui ont pris la haute main dans l’administration, tandis que M. de Fréjus, plus particulièrement attaché à la personne du roi, n’a pas recherché d’autre faveur ni d’autre appui, et s’est contenté de donner son
1. Septembre 1725. « Le voyage de Fontainebleau s’est passé avec un continuel empressement de la part du roi pour la reine ; mais cette princesse est obsédée par madame de Prie. Il ne lui est libre ni de parler à qui elle veut, ni d’écrire. Madame de Prie entre à tous moments dans ses appartements pour voir ce qu’elle fait, et elle n’est maltresse d’aucune grâce. » (Journal de Barbier, t. I, p. 228.)
CONTRE M. DE FRÉJUS
avis au conseil comme ministre d’État, et à M. le Duc dans l’intimité, non pas en flatteur, mais en ami. M. le Duc, redoutant son influence, montrait bien parfois, à l’instigation de ses conseillers, une certaine jalousie contre lui; mais M. de Fréjus, par sa conduite loyale et exempte d’ambition et d’intérêt personnel, le ramenait bientôt à lui : ils continuaient donc à vivre et à agir ensemble dans la plus parfaite intelligence. Le prélat ne s’occupait du gouvernement que pour émettre son opinion sur les affaires courantes, opinion généralement si pleine d’équité et de raison que M. le Duc s’en emparait avec bonheur. Tout alla donc pour le mieux jusqu’au mariage du roi.
« Forcés de renoncer à faire la reine de France d’une princesse d’Angleterre, tandis que la nation tout entière frémissait du désir de voir le roi marié, madame de Prie et Duverney résolurent de choisir une princesse, à qui sa situation n’eût pas permis d’élever scs prétentions jusqu’au trône de France et que la reconnaissance dût rattacher pour toujours à