‹ Lord Walpole à la cour de FranceChapitre 118 sur 271 · PAR LE CRÉDIT DE LA REINE · texte numérisé non relu

PAR LE CRÉDIT DE LA REINE

toutes ses instances pendant plus d’une heure^ et il finit par se lever, en lui disant adieu, pour aller rejoindre M. de Fleury ; mais avant qu’il sortît, la reine lui fit promettre de revenir bientôt la voir. Rentré dans son appartement, où il trouva son précepteur, le roi lui rendit un compte exact de tout ce qui s’était passé, en l’assurant qu’il était décidé à ne jamais travailler seul avec M. le Duc et à ne pas retourner chez la reine. M. de Fréjus le pria au contraire d’aller la revoir, puisqu’il lui en avait donné sa parole, en ajoutant que si Sa Majesté était résolue à ne pas parler d’affaires seule avec M. le Duc, il vaudrait mieux qu’elle le fît appeler. « Non, non, ré- « pondit le roi ; attendez-moi dans ce cabinet, je « vais revenir dans un instant. » La conversation de Louis XV avec M. de Fréjus avait duré plus de cinq quarts d’heure, avant que ce dernier pût obtenir que Sa Majesté retournât chez la reine; mais une fois partie, l’évêque attendit plus d’une heure sans entendre parler du roi, et il ne douta plus que la reine et M. le Duc ne fussent parvenus à gagner leur cause auprès de lui; il ren-

m M. DE FRÉJUS SE RETIRE A ISSY.

tra donc dans son appartement et ne parut plus s’occuper de cette affaire de toute la nuit. Mais le lendemain matin, de bonne heure, il écrivit au roi pour lui annoncer qu’il allait s’éloigner et lui expliquer les motifs de sa détermination, en le suppliant de le dispenser désormais de tout service auprès de sa personne. Dans une autre lettre adressée à M. le Duc, il le priait d’intercéder près de Sa Majesté pour qu’elle lui accordât son pardon et l’autorisation de se retirer complètement de la cour. Cela fait, il se rendit directement à sa maison de campagne d’Issy.

« Le roi était parti pour la chasse, avant d’avoir reçu la lettre de M. de Fréjus; dès qu’il fut de retour, la reine demanda à lui parler et lui apprit aussitôt le départ de son précepteur pour la campagne. « Je présume qu’il reviendra ce «soir, lui dit Sa Majesté. — Non, répliqua- « t-elle, je ne le pense pas. » Le roi ne dit pas un mot, mais il quitta la chambre d’un air consterné et se relira dans son cabinet, d’où, craignant d’être importuné, il passa dans sa garderobe et s’assit sur le siège dans l’attitude de la plus

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