SON ENTENTE PARFAITE AVEC LUI
d’agir ainsi^ quoi qu’il pût en arriver, et je suis certain qu’il ne l’oubliera jamais. »
L’événement justifia la prévision de Walpole, M. de Fréjus n’oublia jamais celte visite dans un pareil moment et leur intimité en devint encore plus étroite. La déférence du prélat envers l’ambassadeur ne laissa pas de donner de l’ombrage au parti opposé à l'alliance anglaise ; l’abbé de Montgon prétendit que Walpole avait subjugué Fleury et qu’ils étaient comme deux doigts de la main. Le maréchal de Villars et le duc de Saint-Simon firent les plus vives remontrances au prélat sur son obséquiosité vis-à-vis de l’ambassadeur, mais tout cela fut en pure perte*.
1. Saint-Simon rapporte à ce sujet que, reprochant plus tard au cardinal de se laisser gouverner par Walpole en lui sacrifiant les intérêts de la France : « Vous n’y êtes pas, lui répondit-il avec un sourire de complaisance, Walpole est mon ami personnel. Il est le seul qui ail osé me venir voir à Issy, lorsque j’y étais, prêt à me retirer dans mes abbayes. Il a toute confiance en moi. Croiriez-vous qu’il me montre toutes les lettres qu’il reçoit d’Angleterre et toutes celles qu’il y écrit, que je les corrige et que souvent je les dicte. Je sais bien ce que je fais. Son frère a la même confiance. Il faut laisser dire que je m’abandonne à eui, et moi je vous dis que je les gouverne et que je fais de l’Angleterre tout ce que je veux. » Jamais il n’a pu se mettre dans l’es-