RETOUR DE WALPOLE A PARIS
n’en fut pas moins singulièrement frappé du triste état de faiblesse et de désunion dans lequel le gouvernement français était tombé.
Le roi, complètement étranger aux affaires, ne rêvait que chasse et visites à Rambouillet, chez la comtesse de Toulouse ; plus que froid vis-à-vis de la reine, à qui il n’avait pas adressé la parole ' pendant trois mois, après la courte retraite de M. de Fréjus, il n’avait pas d’autre volonté que celle de son précepteur. M. le Duc, de plus en plus gouverné par madame de Prie et par Duverney, découragé d’ailleurs par la prépondérance de M. de Fréjus, ne cherchait qu’à rentrer dans les bonnes grâces de l’Espagne, dont il redoutait la vengeance, tout en s’efforçant de rester en bons rapports avec l’Angleterre. Sa politique se ressentait de ces embarras; elle était timide, incertaine et incapable de prendre aucune mesure de vigueur. Les autres ministres se montraient d’une insignifiance absolue, et perdaient leur temps dans les intrigues et les cabales de cour. Fleury seul était l’âme du cabinet; mais, malgré son amitié personnelle pour Walpole et ses