CONVERSATION AVEC M. DE FRÉJUS
buait toujours à l’influence pernicieuse et absolue de madame de Prie et de ses amis. 11 m’a protesté, en termes énergiques, qu’il faisait passer le service du roi , son maître , bien avant toute autre considération, et que, par cette raison même , il voyait avec douleur les affaires marcher droit à la ruine de l’État , que la continuation du même système ne manquerait pas d’amener promptement. J’ai craint, d’après ces paroles, qu’il n’eût encore la pensée de quitter la cour; mais, dès que j’y ai fait allusion, il m’a tout à fait rassuré à cet égard. Je lui ai doucement insinué que peut-être le roi avait l’idée de le nommer premier ministre; mais il m’a répondu qu’il ne s’agissait nullement de cela et qu’il ne consentirait jamais à endosser un pareil fardeau. Je sentais pourtant qu’il avait encore quelque chose sur le cœur, au sujet de M. le Duc, et j’ai pris le parti de lui dire qu’à
écu sur le pied de quatre livres. De manière que c’est faire une refonte pour gagner quinze sols par 6cu, et les faire perdre au public. Comme on est devenu habile dans ce pays-ci et que tout le monde connaît la valeur de l'argent, par marc, on n’en porte presque rien à la Monnaie. » (Uarbier, Journal, t. I, p. 231.)