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de s’immiscer dans le choix des personnes qu’un État veut employer, il n’en est pas moins vrai que ce sont les principes connus de ces hommes qui doivent éclairer les princes et les gouvernements voisins sur la politique qu’ils auront à suivre de leur côté. Il m’a répondu aussitôt, avec la franchise la plus aimable, que l’adminis- . tration procéderait de même qu’à l’époque où Louis XIV avait pris en mains les rênes du gouvernement; qu’il n’y aurait plus de premier ministre, ni d’autres conseils que le conseil d’État, tel qu’il existait aujourd’hui que les
I. Voici le discours que M. de Fréjus mit dans la bouche du roi lorsqu’il réunit le conseil, le 15 juin 1726 :
« 11 était temps que je prisse moi-même le gouvernement de mon Etat et que je me donnasse tout entier à l’amour que je dois à mes peuples, pour leur marquer combien je suis touché de leur fidélité.
« Quelque sensible que je sois au zèle qu’a montré mon cousin, le duc de Bourbon, dans les affaires dont je lui avais confié l’administration, et quelque affection que je conserve toujours pour lui, j’ai jugé nécessaire de supprimer et d'éteindre les fonctions de premier ministre.
« J’ai déjà donné ordre de faire part à mon parlement de la résolution que j’ai prise de prendre en main le gouvernement de mon royaume, et la même chose sera faite à l'égard de mes autres parlements. J’en ferai instruire, par des lettres particulières.
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ministres et les autres officiers de la couronne recevraient leurs ordres par lui, et qu’il serait présent lorsqu’ils iraient chez Sa Majesté pour l’expédition des affaires qui réclament la
tous les gouverneurs et les intendants de mes provinces, et j’en ai. fait donner part aussi à tous mes ministres dans les cours étrangères.
« Mon intention est que tout ce qui regarde les fonctions des charges auprès de ma personne soient sur le même pied qu elles étaient sous 1e feu roi mon bisaïeul.
« J’ai choisi, à la place du sieur Dodun, qui m’a demandé la permission de se retirer, le sieur Le Pelletier des Forts, pour remplir la place de contrôleur général de mes finances, et le sieur de Breleuil ayant demandé la même permission, j’ai nommé le sieur Leblanc à la charge de secrétaire d’État de la guerre.
« Les conseils se tiendront exactement dans les Jours qui y sont destinés, et toutes les affaires s’y traiteront à l’ordinaire.
« A l’égard des grâces que j’aurai à faire, ce sera à moi que l’on parlera, et j’en ferai remettre le mémoire à chacun de mes secrétaires d’État ou au contrôleur général de mes finances, suix'ant leur département. Je fixerai des heures pour un travail particulier, auquel l’ancien évêque de Fréjus assistera toujours, aussi bien qu’aux autres détails dont différentes pei-sonnes ont soin, en vertu des charges qu’elles remplissent. Enfin, je veux suivre en tout l’exemple du feu roi mon bisaïeul.
« Si vous pensez qu’il y ait quelque chose à faire dans ces premier moments, vous pouvez le proposer avec confiance, et j’attends de votre zèle pour mon service que vous me seconderez dans le dessein où je suis de rendre mon gouvernement glorieux, en le rendant utile à mon État et à mes peuples, dont le bonheur sera toiyours le premier objet de mes soins. »