DÉCLARATIONS AU PUISSANCES ÉTRANG
moindre crédit sur Sa Majesté très-chrétienne. « Joignez , lui dis-je , l’énergie et la fermeté à « l’agrément de vos manières et de votre conver- « sation, qui charment tout le monde ; c’est ainsi « que nous conserverons la paix dont nous avons a si grand besoin. »
« Je lui ai demandé aussi s’il ne pensait pas à expliquer aux cours étrangères et à leurs ministres ici qu’aucun changement n’aurait lieu dans la politique présente, surtout en ce qui regardait l’alliance avec l’Angleterre : « M. de Mor- « ville est chargé, me répondit-il, de préparer « et de signer des lettres dans ce sens, qui seront « adressées aux différentes cours de l’Europe. » Je lui ai fait observer que ces lettres pourraient passer, à première vue, pour ces circulaires banales qu’on envoie toujours en pareil cas, même quand on est décidé à tout bouleverser; mais que des notes émanant de lui-même auraient un bien autre caractère d’authenticité, tant on le savait fidèle à sa parole et à son honneur.
« Je n’avais jamais pensé, répliqua-t-il, à écrire a de ma propre main ; mais, par égard pour vos
i 30 TODTE-PÜISSANCE DE M. DE FRÉJUS.
« observations , je parlerai aux agents diplomaa tiques à ma première audience et spéciale- <t ment à ceux du parti impérial. » Comme il venait de recevoir une lettre de M. de Fonséca renfermant une circulaire de M. Orendayn sur l’affaire de Ripperda, il me la fît lire, en m’assurant qu’il profiterait de l’occasion d’une réponse pour lui prouver que la France persévérerait dans sa politique présente et dans Itô mêmes alliances.
a Ainsi s’est terminée, Mylord, cette longue conférence; si j’en ai fatigué Votre Grâce, j’espère que l’importance des questions qui y ont été traitées sera mon excuse. J’ai cru qu’il était de mon devoir d’éclairer, autant que possible , Sa Majesté sur les tendances de la nouvelle administration, qui se résume complètement dans la personne de M. de Fréjus. Il ne prendra pas le titre de premier ministre; ce qui n’empêchera pas son pouvoir d’être plus absolu et plus
1. Ministre en Espagne, très-connu plus tard sous le nom de marquis de la Paz.