LE MARÉCHAL DE BERWICK
il était donc tout naturel qu’il fût disposé à lui accorder sa confiance. Ce maréchal d’ailleurs est le seul homme capable de commander une armée, dans le cas d’une rupture avec les puissances étrangères ; cependant avant de l’admettre au conseil , le cardinal a sondé les dispositions de plusieurs personnages considérables et il a reconnu que ce choix ne serait pas agréable à la nation, parce que Berwick n’est pas né Français. Fleury désire le dédommager de cette exclusion involontaire , et ce sera lui certainement qui aura le commandement général de l’armée, s’il y a lieu; je crois aussi qu’il obtiendra une compensation pour la perte du gouvernement de la Guienne, que M. le Duc lui avait retiré. En attendant, le maréchal vit beaucoup à la campagne, et je pense le connaître assez pour être sûr qu’il souhaite ardemment la continuation de la bonne entente de la France et de l’Angleterre contre l’Empereur. Bien qu’il soit le protecteur naturel des officiers irlandais qui ont pris du service dans ce pays, je suis persuadé qu’il regarde comme au-dessous de lui de se mêler à leurs