S46 LE MARÉCHA.L DE BERWICK
intrigues et à celles des Jacobites en faveur du Prétendant. 11 rend d’ailleurs un juste hom* mage aux grandes qualités du roi d’Angleterre, mais il ne faudrait pas en conclure qu’il soit assez bon Anglais pour que, dans le cas d’une guerre entre les deux royaumes, il ne se montre pas prêt à conduire une armée française contre les possessions de Sa Majesté, avec la même vigueur qu’un Français de naissance
1. « Le maréchal de Berwick est, sans contredit, une des plus nobles figures de son époque. Fils de Jacques II d’Angleterre et d’Arabelle Cburcbill , soeur du duc de Marborough, il avait été élevé eu France jusqu’à l’àge de dix-sept ans. 11 lit alors deux campagnes avec les Impériaux contre les Turcs, puis il accompagna Jacques II en Irlande, et il eut un cheval tué sous lui à la bataille de la Boyne. Revenu en France avec le roi détrôné, il Commanda l’armée française en Espagne et gagna la' bataille d’Almanza sur les Anglais et les Impériaux. 11 fut créé, à cette occasion, duc de Fitzjames, maréchal de France et chevaher du Saint-Esprit. A la tête de l’armée française, en 1719, il sut, par une campagne aussi courte que décisive, ar rêter les entreprises d’Alberoni et humilier l’orgueil espagnol. Aussi simple dans sa vie privée qu’habile général, il se plaisait fort dans sa terre de Fitzjames, à laquelle il avait donné son nom. 11 était d’ailleurs très-bon Français. Marié une première fois avec lady Honora de Burgh, fille du comte de Clanncarde, il n'en eut qu’un fils, qui, sous le nom de duc de Liria, fonda la branche espagnole de sa famille. 11 épousa en secondes noces lady Sophia Stuart, dame du palais de la reine, exilée à Saint-Germain, et il en eut treize