SIÈGE DE GIBRALTAR
de guerre, l’armée espagnole, sous les ordres du marquis de Las Torrès, n’ouvrît la tranchée devant Gibraltar, dans la nuit du 22 au 23 lévrier. Bientôt après, tandis qu’une escadre anglaise bloquait les galions espagnols dans Porto- Bello, en Amérique, une autre escadre de cette nation partait pour la mer Baltique, afin d’y opérer sa jonction avec la flotte suédoise et combattre celle de Russie, qui était de cinquantesix vaisseaux de ligne, sans compter les frégates et les galiotes.
Pendant que l’Angleterre se préparait ainsi à entamer une lutte acharnée, il s’en fallait beaucoup que le cabinet de Versailles se montrât aussi disposé à affronter les hasards de la guerre, avant d’avoir épuisé toutes les chances possibles de pacification. Le ministère se trouvait d’ailleurs fort embarrassé; l’opinion publique se prononçait de plus en plus, en France, contre l’envoi des escadres anglaises et contre le blocus des galions, qui avait déjà causé de véritables désastres au commerce français. Fleury sentait lui échapper tous les jours davantage cette