Î6Ô LA FRANCE
(f celle du pays tout entier, à qui les artifices- « des uns et l’ignorance des autres ont per- « suadé que je rae laissais complètement gou- « verner par l’Angleterre. Le pis est que cette « fausse idée a fait invasion jusque dans le contt seil, et que je me vois souvent forcé d’y es- « suyer des reproches en pleine figure : ceux, tt mêmes qui, dans le cabinet, n’osent pas contt tredire la force de mes raisonnements, s’en tt dédommagent ensuite en m’accusant au dett hors d’être l’auteur de tout le mal; ils pré- « tendent avoir tout fait au monde pour m’en tt empêcher, et s’arrogent ainsi, à tort ou à rai- « son, l’honneur d’avoir essayé de lutter contre tt moi. »
« Telles sont les difficultés de ma position, tt qui seraient pires encore si je n’avais pas l’air « d’être tout disposé à écouter des propositions « d’accommodement, quoique je sois bien rétt solu à rejeter tout ce qui ne saurait être ac- « cepté par les alliés. Hier encore, pendant la tt séance du conseil, j’ai dû en appeler au roi, tt en demandant à mes adversaires s’ils n’étaient
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« pas tous d’avis que la première proposition de « l’Empereur n’était pas admissible. Ils ont ré- « pondu affirmativement, et il en a été de même « pour la seconde et pour la dernière. Je les ai « priés alors de se rappeler que, de mon côté, je « n’accepterais plus aucun reproche à ce sujet « et que dès lors ils devaient s’attendre à me « voir agir d’après leur propre aveu.
a J’écris, ajouta le cardinal, avec la môme « franchise et la même sincérité dont j’use ena vers vous. Je me flatte que cette franchise aura <t rendu ma dernière lettre aussi agréable au roi « d’Angleterre que les autres le sont ordinaire- « ment, j’espère, à M. Walpole. J’ai exposé clai- « rement mes embarras, tout comme je vous in- « dique ici sur quoi vous pouvez compter. Je « suis pris entre deux feux : dans ma politique «intérieure, c’est ma propre sécurité qui est « engagée ; dans ma politique étrangère, c’est « mon honneur. Agir autrement que je ne le « fais vis-à-vis des alliés, ce serait manquer à « ma parole ; mais je risquerais ici d’être lapidé, « si on avait le moindre soupçon de mon entente