‹ Lord Walpole à la cour de FranceChapitre 198 sur 271 · Coxc, Memoirs of lord Walpole, t. 1, p · texte numérisé non relu

Coxc, Memoirs of lord Walpole, t. 1, p

MISSION SECRÉTE

cabales de bas étage dont il espérait tirer parti pour son ambition personnelle : « Montgon, écrivait M. Robinson, avait paru d’abord à M. de Fleury un pauvre diable tout simple, capable de croire à tous les bavardages et tout au plus bon pour s’en faire l’écho. Peut-être aura-t-il lieu de modifier son jugement sur cet homme et de le regarder comme un intrigant, qui cache une ambition excessive sous le masque de l’humibté chrétienne. »

La mission de Montgon avait un double objet : séparer la France de l’Angleterre et assurer à Philippe la succession éventuelle à la couronne de France. La première question devait être débattue avec le cardinal ; quant à la seconde, l’abbé était muni d’une lettre de créance du roi d’Espagne pour le parlement de Paris * ; il devait

1. Ses instructions contenaient, entre antres, ces deux paragraphes : « C'est que si (ce qu’à Dieu ne plaise!) le roi mon neveu venait à mourir sans héritier mâle, étant, comme je le suis, le plus proche parent, et mes descendants après moi, je dois et

veux succéder à la couronne de mes ancêtres Je vous donne

une lettre de créance de ma main pour le parlement, pour la présenter à l’instant de la mort du roi mon neveu, dans laquelle

DE L'ABBÉ DE MONTGON. ï71

en outre s’assurer du concours de M. le Duc, en lui offrant le pardon du passé et l’espoir de nombreuses faveurs pour l’avenir. Mais tous ces plans furent bientôt déjoués par la sagacité et la finesse de M. de Fleury.

Arrivé à Versailles le 30 janvier, l’abbé remettait, dès le 31, au cardinal une note de la propre main delà reine Élisabeth, qui lui faisait des offres de réconciliation et d’amitié, pourvu que Louis XV, abandonnant l’alliance des princes protestants, rompît avec l’Angleterre et consentît à accéder au traité de Vienne.

Dans cette première entrevue, le cardinal reçut les ouvertures qui lui étaient faites avec un grand air de déférence et de candeur, et tout en repoussant l’accession de la France au traité de Vienne, comme contraire à son honneur et à ses engagements, il protesta de son affection pour le roi Philippe et de son intention de différer les hostilités contre l’Espagne, aussi longtemps que l’intérêt de la France le lui per-

j 'ordonne, qu’à l'instant que ce c<'is arrivera, ou me proclame roi, » (Montgon, Mémoire'), t. III, p. 70 et 74.)

Page 1